La contribution visible

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Les équipements électriques et électroniques impriment leur marque sur le quotidien. Mais que peuvent-ils devenir quand ils sont en fin de vie ?

Que faire d’une télévision à écran cathodique qui fonctionne encore, mais que l’on a remplacée par un écran plat ? Et quel sort réserver à un mixeur en panne dont on ne sait pas s’il est réparable ? La fin de vie des équipements électriques et électroniques représente un enjeu environnemental de premier ordre et depuis 2005, le recyclage de ces appareils potentiellement polluants est désormais encadré par la loi. Ce processus est financé par la fameuse « éco-taxe » (ou « contribution visible ») payée par chaque consommateur sur les équipements neufs.

Séparer pour mieux recycler

Afin de rassembler les déchets dont les composants doivent subir un traitement spécifique, les DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) sont séparés en quatre grandes familles :

  • Gros électroménager froid : réfrigérateur, congélateur… Ces appareils forment une catégorie spécifique en raison des composants particuliers dont ils sont constitués et qui nécessitent un traitement adapté ;
  • Gros électroménager hors froid : lave-vaisselle, cuisinière, four, four à micro-ondes, plaques de cuisson, sèche-linge, machine à laver, radiateur électrique, système de climatisation ;
  • Écrans et moniteurs : écrans de télévision et écrans d’ordinateur, qu’ils soient cathodiques ou plats ;
  • Petits appareils en mélange : cette catégorie regroupe tous les petits appareils comportant des composants électriques ou électroniques. Ainsi séparés des ordures ménagères, ces DEEE peuvent plus facilement être réemployés, recyclés et/ou valorisés.

Quel gisement en France ?

Le gisement total de déchets issus des équipements électriques et électroniques représente, rien que pour la France, environ 1 700 000 tonnes, soit une moyenne de 25 kg par habitant et par an. La part des DEEE directement issus des ménages représente environ 13 kg/hab./an, soit 800 000 tonnes, soit l’équivalent de presque 110 tours Eiffel ! Ou encore l’équivalent de 8 milliards de téléphones portables jetés chaque année. La quantité de DEEE augmente chaque année en moyenne de 3 à 5 %. Jusqu’à la mise en place de la filière de collecte et de recyclage en novembre 2006, 90 % des DEEE finissaient en décharge. Ils n’étaient donc pas valorisés et représentaient un risque potentiel de pollution. Le décret paru courant 2005 et donnant naissance à la filière DEEE a permis de commencer à remédier à la situation.

Quels résultats pour la filière ?

L’objectif fixé dans un premier temps par la loi était de collecter et de traiter une moyenne de 4 kg/hab./an des DEEE issus des ménages. Ce premier seuil a été atteint dès 2008 par l’éco-organisme ERP (European Recycling Platform). Le nouveau cahier des charges actuellement à l’étude par les autorités françaises fixe un objectif de 6kg/habitant/an à l’horizon 2010 (ensuite, un kilogramme de plus tous les ans jusqu’en 2014).

Les « mauvais élèves »  ?

L’Observatoire OCAD3E identifie trois segments de population ayant des niveaux de pratiques très différents :

  • Les collecteurs « systématiques » utilisent la filière dans une majorité des cas (44 %). Ils ont plus de 50 ans, sont majoritairement propriétaires de leur domicile – souvent une maison indépendante – et vivent plutôt dans les communes rurales de l’ouest et du sud-ouest de la France ou des villes petites et moyennes ;
  • Les collecteurs « partiels » qui utilisent la filière dans 37 % des cas, généralement des 29-34 ans vivant dans des petits immeubles ;
  • Et les collecteurs « faibles », qui ne trient que dans 19 % des cas. Une population surreprésentée chez les moins de 15-24 ans, locataires vivant en immeuble à Paris, région parisienne et grandes villes.
  • Que faire de ses DEEE ?

Conformément à la réglementation et grâce à la filière de traitement des DEEE, je peux :

  • en faire don à une association ;
  • l’amener à la déchetterie ;
  • les faire reprendre lors de l’achat d’un produit neuf équivalent.

 

Numéros utiles : Maison de la propreté, Nancy  • 03 83 17 17 07 – Envie, Nancy • 03 83 37 58 59