Un JDM à son sommet

148
JDM 2023 © Léa Mélanie

Site amélioré, animations inédites et programmation éclectique… Loin de se reposer sur les lauriers d’une édition 2023 en forme de renaissance, le JDM revient en force.

_____________________

Trois jours de fête totale

Nouveau site, animations inédites et soleil à son zénith… L’édition 2023 du JDM avait multiplié les bonnes surprises, pour le plus grand plaisir des spectateurs présents. Et s’il ne peut contrôler la météo, le Michel nous réserve, pour cette 19e édition, au moins autant de bonnes raisons d’y être

Premier pilier de ce cru 2024 particulièrement attendu, après une année 2023 qui a signé la résurrection d’un festival-phénix : une programmation électrisante, pensée pour attirer le plus large public. Electro, rap, reggae, chanson française… Ce Jardin du Michel vous réserve un voyage musical complet ! Et puis le JDM, c’est aussi des stands de nourriture savoureuse, un camping invitant à prolonger le fun, des spectacles et animations en tout genre et des coins chill pensés pour la détente. Trois jours de parenthèse festive et chaleureuse au cœur d’une Lorraine qui n’aura jamais été aussi dépaysante, qui dit mieux ?

3 soirées, 3 ambiances

Vendredi 31 mai, la 19e édition du JDM s’ouvrira avec une soirée rassemblant tout ce qui fait l’identité du festival toulois, avec un mélange d’esthétiques musicales à dominante reggae. Sur la grande scène, se succéderont Dub Inc., l’une des références du reggae made in France, Georgio, grand lyriciste du rap game, et Tiken Jah Fakoly, figure majeure du reggae mondial et artiste engagé. Dix ans après sa dernière venue au JDM, cet artiste culte revisitera un quart de siècle de répertoire dans une formule acoustique et authentique. 

Samedi 1er juin, Jain embarquera les spectateurs dans une épopée intime et cosmique issue de son nouvel album, The Fool. Sonorités électro, mélange de pop, de funk et de folk, cet opus est à l’image de l’artiste telle qu’elle se présente dans sa musique et sur scène : empreint d’une très grande liberté ! Ce même soir, les spectateurs diront « welcome back » à Feder. Le producteur aux 1,3 milliard de streams, qui a travaillé avec David Guetta, Dua Lipa, Angèle ou encore Master KG, est de retour au JDM après un passage remarqué en 2017. L’occasion, pour les fidèles, de retrouver sa patte si particulière, faite d’un mix de beats cadencés, de mélodies addictives et d’un sens inné du twist synthétique.

Dimanche 2 juin, Grand Corps Malade, valeur sûre de la scène musicale française, repassera une tête au JDM, 15 ans après s’y être produit une première fois. Comme hypnotisé par ce conteur au flow mélodieux, le public présent captera les « Reflets » : ceux du nouvel album de Grand Corps Malade, qui sont aussi ceux d’une époque, d’une société, du monde actuel. Le tout dépeint de manière simple et directe, sans fioritures.
Autre talent, belge cette fois, prêt à enflammer le public présent : Pierre De Maere, dandy moderne à la gueule d’ange et à la capacité infinie à se jouer des codes.

_____________________

Plébi-site !

Sur les 13 500 festivaliers accueillis l’an dernier, beaucoup ont salué les qualités du nouveau site. Ils le redécouvriront cette année encore amélioré.

Après une grosse décennie bulignacienne et un quinquennat passé sur le boulevard Artistide Briand à Toul, le JDM s’installait, l’an dernier, de l’autre côté de la Moselle. Un déménagement en forme de petite révolution, puisqu’il supposait de quitter un décor d’exception (avec vue sur la Cathédrale de Toul) au profit du site de l’ancien camping, dont la configuration n’est pas sans rappeler celui de Bulligny. Un vrai retour aux sources, donc, pour les nostalgiques du JDM de la première heure, face à ce site dont les 18 hectares de terrain laissent par ailleurs miroiter à l’équipe des possibilités d’aménagement infinies.

À l’épreuve du feu, le lieu s’est révélé à la hauteur des attentes de l’équipe et du public, dont les retours sont sans équivoque. Ainsi, nombreux sont les festivaliers à avoir salué le retour à un vrai esprit de vacances, auquel concourent un site plus vert et plus spacieux, une ouverture plus vaste sur la grande scène et la configuration d’espaces de détente permettant de laisser libre cours à ses envies (boire une bière, manger un bout ou… faire la sieste).

Plus de confort, mieux de fête

Pas du genre à se reposer sur ses lauriers, l’équipe du JDM n’a néanmoins pas tardé à revoir sa copie et a donc mis en œuvre, pour cette édition 2024, des améliorations significatives. Camping réaménagé, circulation fluidifiée, implantations repensées, espaces détente multipliés et Cabane réinventée… Tout a été pensé pour surprendre et améliorer l’expérience des milliers de spectateurs attendus (objectif 18 000 !), comme le confie Cindy Dodin, directrice adjointe. « Notre ambition est d’améliorer le site chaque année, pour continuer à faire plaisir à nos festivaliers ».

Le premier changement d’ampleur réside dans la création d’une deuxième voie d’accès à la scène principale depuis la scène B, afin de fluidifier la circulation du public au sein du site.

Autre évolution stratégique : l’agrandissement du chapiteau menant à la Cabane (scène alternative à la programmation, dub, sound system et électro). Ce nouvel espace abritera le bar de l’Abreuvoir ainsi que des salons aménagés et un photomaton.

Côté espaces où il fait bon chiller, signalons la présence d’un nouveau stand, le Van à vin, ainsi que d’un espace supplémentaire dédié à la détente… dont la conception a été confiée à un professionnel du genre : l’équipe du festival Lapalette herself !

Enfin, sur le camping réaménagé, dont l’espace réservé aux véhicules aménagés a été agrandi, auront lieu encore plus d’animations pour encore mieux de fête. Bref, on est loin, bien loin d’être couchés !

_____________________

FÉFÉ « La scène est une fête »

© Koria

Quatre ans séparent Hélicoptère de « Mauve », sorti en 2020. Dans quel état d’esprit avez-vous conçu ce nouvel album ?

Je n’étais pas sûr de pouvoir en faire un autre, j’étais en dépression. Et finalement, j’ai eu besoin de faire du son pour me sortir de cet état d’apathie. C’était de l’ordre du besoin vital, de la survie. Chaque mélodie, chaque phrase, me faisait me sentir un peu plus vivant.

À quel moment avez-vous su que tout ça ferait un album ?

Grâce à David, mon DA que je connais depuis vingt ans. Je lui ai fait écouter mes sons, et il ne m’a fait que des retours positifs. Il m’a fait réaliser que jamais je ne m’étais livré comme ça. Pour ma part, j’étais tellement la tête dans le guidon, à me prendre la tête sur une virgule, sur un mot, que c’est avec les concerts, soit plus de deux mois après sa sortie, que je découvre mon propre album.

Vous y évoquez des thèmes très personnels : la mort, à l’enfance, à l’identité, à l’espoir… Faut-il y voir une sorte de point d’étape, à l’aube des 50 ans ?

Moi qui n’avais jamais versé dans la nostalgie, j’ai effectivement ressenti le besoin de regarder en arrière, de faire le point, le bilan. L’âge m’a apporté une forme de lâcher-prise. Sur cet album, je dis les choses plus crûment, plus directement, et ça fait du bien.

Cet album compte différents featurings, dont un avec Akhénaton. Comment part l’envie d’inviter des artistes à se joindre à un projet ?

Chaque histoire est différente, mais à la base, il y a l’envie d’une rencontre. Akhénaton, je le considère comme mon grand frère dans le rap, l’icône d’une génération. J’ai stressé à l’idée de lui proposer de me rejoindre sur ce titre, « Baladeur », et il m’a fait l’honneur d’accepter.

Chaque chanson est un voyage en soi, avec une esthétique musicale propre. À quel moment l’ambiance d’un morceau se dessine-t-elle ?

Ça dépend. Chaque titre est une aventure ! Certains ont été ficelés en un jet, car ils découlent d’une envie forte, d’un projet précis. Pour d’autres, il y a juste une intention, une impulsion initiale, et je me laisse aller jusqu’à ce que l’évidence soit là. C’est fini quand c’est fini.

Vous êtes chez vous sur scène. Comment envisagez-vous les concerts ?

Comme l’occasion de vivre intensément le moment présent. Chaque concert est différent, chaque public est différent, mais j’ai besoin de sentir une vraie communion, et que l’on vibre tous à l’unisson, que l’on soit ensemble.

Est-ce que vous appréhendez les festivals différemment ?

Je modifie le set, parce que je sais que je n’arrive pas en terrain conquis. Mais précisément, j’adore aller chercher les gens, vibrer avec des inconnus, et voir ensuite les regards pleins d’étoiles d’après concert. Je ne suis jamais dans le trip de devoir convaincre, et je me suis promis de ne jamais oublier de m’amuser. Oui, la musique est mon travail, mais la scène doit rester une fête.

Propos recueillis par Cécile Mouton

_____________________

Très chers mécènes

Le JDM illustre, à lui seul, l’efficacité d’une campagne de mécénat lorsqu’elle est bien menée… Sauvé mais pas (encore) pérennisé, le festival a besoin de vous, de nous !

Indissociable de ses terres d’ancrage, le Toulois, le Jardin du Michel constitue une expérience musicale et sociale unique. À cette aventure contribuent les bénévoles (350 cette année), les partenaires institutionnels et associatifs, ainsi que les mécènes, entreprises privées et particuliers déterminés à soutenir un pan de leur patrimoine local. À tous celles et ceux-là, le JDM doit littéralement sa renaissance ! Car si le succès de l’édition 2023 peut avoir tendance à nous le faire oublier, le festival a failli disparaître. En témoigne le plan de redressement pesant lourd, chaque mois, dans les finances de l’organisation. Et c’est bien grâce aux mécènes qu’il a pu renaître de ses cendres. Pour autant, chaque année est un nouveau défi et chaque année, le festival doit trouver les ressources nécessaires pour perdurer.

Devenir mécène

Mais qu’est-ce que signifie, exactement, devenir mécène du Jardin du Michel ? Au-delà d’une simple contribution financière, c’est rejoindre une communauté engagée dans la préservation et le développement d’un rendez-vous incontournable participant à l’attractivité du territoire. Pour les entreprises, c’est une opportunité de valoriser leur image en s’associant à des valeurs socioculturelles et environnementales fortes. C’est également l’occasion de vivre une expérience d’entreprise unique, de renforcer sa visibilité et d’étendre son réseau. Pour les particuliers, c’est s’offrir la chance de découvrir les coulisses de l’événement, de participer à une expérience collective à grande échelle et, cerise sur le gâteau, de bénéficier d’un accueil VIP le jour J.

En la matière, les entreprises du Toulois ont montré l’exemple. « Le déménagement, le renouvellement de la programmation et l’adoption d’une nouvelle identité ont insufflé un vent de renouveau, attirant de nouveaux partenaires désireux de s’associer à cette aventure », confirme Cindy Dodin. Et la directrice adjointe de saluer « la mobilisation massive de plusieurs mécènes proche du Toulois, parmi lesquels SAS Bauer, ADS, GO ! & CIE, Agapes Traiteur ». Total des dons, pour cette 19e édition ? Près de 100 000€ !

Pour autant, le chemin vers la pérennité est semé d’embûches et malgré les efforts constants, la pression financière reste présente. C’est pourquoi l’appel aux mécènes se poursuit, dans l’espoir de tenir jusqu’aux 20 ans du festival l’an prochain, et au-delà.

Offre spéciale entreprise
Hors mécénat, les entreprises intéressées souhaitant créer l’événement parmi leurs collaborateurs et/ou partenaires ont le choix parmi une gamme de packs comprenant un nombre varié de billets (de 50 à 200) simples ou VIP et des prestations exclusives.

Devenir mécène, c’est bénéficier d’avantages importants :

  • Professionnels : déduction fiscale de 60%
    du montant du don
  • Particulier.es : réduction d’impôt sur le revenu égale à 66% du montant du don
  • … et de belles contreparties !
Pour plus d’informations : [email protected] !

_____________________

Interview croisée Le J.O x Allivm

En remportant le Tremplin du Michel, ils ont décroché le gros lot : le droit de se produire sur la scène du JDM. Interview croisée de Josias et d’Anabelle, plus connus sous leurs noms de scène respectifs : Le J.O et Allivm.

Le J.O

© AFP Portrait

Entre 2007, année de tes débuts dans la musique et 2024, qui t’a amené à enchaîner 18 concerts et remporter 2 tremplins, que s’est-il passé ? 

C’est en effet au Gabon que j’ai fait mes premiers pas sur scène, à l’âge de 11 ans. Parti pour l’Afrique du Sud pour mes études, j’ai commencé à enregistrer moi-même mes sons tout en affûtant mes rimes. Et après la crise sanitaire, j’ai tout quitté pour m’installer à Metz, ville d’origine de mon épouse. Depuis lors, je trace ma route dans la musique.

Très musical, ton rap est hyper contemporain et à la fois classique… Quelles sont tes influences ?

Mes inspirations premières sont Buster Rhymes et Ludachris, qu’écoutaient beaucoup mes grands frères. Puis, dans les années 2009, je me suis intéressé à Rick Ross, pour son immense musicalité, et à Kendrick Lamar. J’ai ensuite découvert la musique française, et notamment Black Kent, Sexion D’assaut, Nekfeu. A Metz, avec Narbo, saxophoniste-rappeur et le pianiste Stefio, j’ai beaucoup travaillé à mélanger les styles. Aujourd’hui axé trap, drill, j’insère dans mes morceaux des rythmes africains, tout en gardant une façon de rapper à l’ancienne.

Comment te prépares-tu à cette date au JDM ?

Je vais tout faire pour surprendre le public en montrant tout ce qui fait mon identité : l’afro, le rap, le côté très musical. Partager l’affiche avec Tiken Jah Fakoly, avec qui je me suis produit sur scène quand j’étais enfant, me fait me dire que je suis sur le bon chemin.

Le J.O foulera la scène du JDM vendredi 31 mai à 18h30. 

Facebook : @Le J.O  Instagram : @masseurcerebral   Youtube : Le J.O

ALLIVM

© Viviane Eyer

Quel est ton parcours ? 

J’ai grandi dans le Jura, dans une famille de musiciens passionnés. J’ai commencé la guitare au conservatoire à l’âge de 6 ans, et comme j’étais très dyslexique, j’ai pris l’habitude d’apprendre en reproduisant ce que j’entendais. Le conservatoire m’a formée aux bases rythmiques, ce qui m’a permis d’appréhender le piano, la batterie, et à l’âge de 10 ans, j’enregistrais mes chansons à la maison. Vers 12 ans, j’ai commencé la scène avec ma sœur et à 17 ans, j’ai intégré la MAI.

Le projet Allivm a pris son essor en 2021, avec une présélection des Inouïs au Printemps de bourges. L’une des particularités de ce projet est que tu te présentes seule sur scène…

J’ai déjà essayé de monter sur scène avec des amis, mais je n’arrivais plus à m’écouter. J’ai pris goût à être seule dans l’espace scénique, et à laisser ma grande timidité de côté. Pour autant, je travaille en équipe, avec ma lighteuse, mon ingé son et mon manager, et j’envoie systématiquement mes nouveaux morceaux à ma sœur et à mes amies, en leur demandant d’être le plus intransigeantes possible.

Allivm en concert, ça ressemble à quoi ?

Avant, j’étais exclusivement dans l’énergie pure. Aujourd’hui, même s’il y a toujours des moments de folie, je suis davantage dans la communication avec le public. Il est hyper important pour moi de me faire comprendre.

Allivm se produira au JDM samedi 1er juin à 18h30.

Le nouveau single, « Vivre », est disponible sur toutes les plateformes d’écoute.

Facebook : @Allivm Instagram : @Allivmofficiel Youtube : Allivm

Photos © Celim Hassani / gnik.fr, Lucie Widloecher, Vincent Zobler, AFP Portrait, Koria, Viviane Eyer,Céline Van Heel, Victor Marcadé, Youri Lenquette, Léa Mélanie,  Yann Orhan, DR