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Emballer, c’est polluer?

Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics et les efforts des industriels, la quantité d’emballages consommée augmente. Petite mise au point…

D’une part nous consommons toujours plus ; d’autre part les évolutions des structures familiales et commerciales ont accru la demande en produits plus emballés (unidoses, produits à usage unique, etc.). En trente ans, le volume des déchets d’emballage a été multiplié par cinq, voire par cinquante pour certains matériaux comme le plastique. Si les emballages posent des problèmes de déchets, ils nécessitent également beaucoup de matières premières et participent ainsi à l’épuisement des ressources naturelles.

Nos produits s’emballent

Qu’il soit en carton, en plastique ou en métal, l’emballage vise à protéger la qualité et l’intégrité du produit tout au long de son cycle de vie. Il porte aussi l’étiquetage qui doit informer le consommateur. Mais l’emballage doit aussi faire vendre le produit. Une fonction qui prend de plus en plus d’importance et qui se ressent notamment au niveau des coûts d’emballage. Dans le secteur alimentaire, celui-ci représente jusqu’à 20 % du coût du produit fini. Pour les produits de luxe tels que les parfums, ce pourcentage peut être beaucoup plus important (jusqu’à 65 %). Le consommateur paye donc non seulement les emballages au moment de l’achat, mais il subit également de plein fouet le coût de traitement des déchets au moment de payer ses impôts.

Emballage ou gaspillage ?

De nombreux produits sont présentés dans des emballages constitués de plusieurs couches et/ou de plusieurs matériaux. Ces emballages complexes, constitués de carton et d’une coque plastique, ou blister, se sont développés avec la vente en libre service. Ils assurent une double fonction : présenter dans les rayons des produits de petite taille et prévenir les vols. Ils constituent un suremballage dans la mesure où ils ajoutent un emballage au produit. Un paquet de biscuits comprend par exemple une barquette en plastique, un film aluminium et une boîte en carton là où une seule couche d’un seul matériau suffirait. La vente par lot, couramment utilisée pour augmenter les ventes des produits, favorise également le suremballage. Ainsi, six canettes de limonade sont maintenues par un film plastique alors que la boisson pourrait être contenue dans un emballage de plus grand volume, réutilisable et consigné. Autre exemple : le choix d’un dentifrice en flacon de 75 ml par rapport au tube de même contenu emballé dans une coque en plastique ou une boîte en carton permet de réduire le poids des déchets de 70 % !

Miniportions, maxipollution !

Pratiques pour les personnes seules et celles qui consomment hors de leur domicile, les miniportions génèrent beaucoup de déchets et coûtent cher. Il en existe de toutes les sortes : miniportions de confiture, de lait, de café soluble, de sucre, de biscuits, de chocolat, de fromage, de beurre, de savon… On peut également y associer les « lingettes », ces tissus imprégnés de substances diverses et destinés à être jetés après un seul usage.
Plein le sac !

Le sac de caisse a une durée de vie moyenne de… vingt minutes, mais il met environ quatre cents ans pour se décomposer dans la nature ou en décharge. Certains consommateurs justifient l’utilisation du sac de caisse jetable par une réutilisation comme sac poubelle. Pour eux, c’est pratique et écologique. Un récent « écobilan » a démontré que les sacs de sortie de caisse jetables n’étaient pas plus écologiques que les sacs réutilisables même lorsqu’ils sont réutilisés comme sac poubelle. À partir de sept utilisations, l’alter-native réutilisable est gagnante.

Le grand déballage

  • L’achat de conditionnements plus grands ou de produits non jetables réduit les déchets d’emballage tout en limitant les dépenses.
  • Privilégions les produits vendus en vrac ou à la découpe : ils sont emballés plus simplement et permettent une meilleure gestion des quantités à acheter.
  • Boîte à tartines, bouteille en plastique réutilisable ou gourde permettent de transporter hygiéniquement et en produisant moins de déchets les en-cas des écoliers.
  • Remplaçons les sacs jetables par des produits plus durables : un carton, une caisse pliante, des sacs réutilisables, un Caddie…
  • Évitons les emballages de fantaisie très couramment utilisés dans des secteurs comme les cosmétiques et la confiserie : bain mousse dans un personnage en plastique, pastilles chocolatées accompagnées de cartes postales ou de guirlandes, fromages présentés sur un plateau d’osier… autant d’exemples sympathiques qui séduiront, mais qui finiront rapidement dans la poubelle. Il n’est pas rare dans ce cas que l’emballage pèse et coûte davantage que son contenu.
En savoir plus : www.ecoconso.be



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