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Le fabuleux destin rock de Julien Bortolotti

Nouvel homme fort du pub rock « Chez Paulette » depuis maintenant deux ans, Julien Bortolotti n’était en rien prédestiné à reprendre les rênes de cette institution made in Lorraine. Retour sur le parcours d’un jeune homme à la trajectoire sinueuse, intimement liée à ce lieu.

Pagney-sur-Barine, un après-midi de septembre

Posé au bord de la route, l’établissement ressemble à un bar tout ce qu’il y a de plus classique. Pourtant, comme le dit le dicton, les apparences sont parfois trompeuses. Car ici, au beau milieu de la campagne meurthe-et-mosellane, se sont produits des artistes bien connus des amateurs de bon son. Alex Chilton, Calvin Russell, Little Big côté scène étrangère, Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac ou encore les Wampas côté scène française. Bref, du très très lourd. Un destin inespéré pour ce bar de village crée dans les années 20, alors géré par la mère de l’emblématique mémé rock, aujourd’hui âgée de 93 ans. « On y organisait des bals, des réceptions et quelques mariages » explique Julien Bortolotti. Et si à cette époque, le rock et les bières n’étaient pas encore d’actualité, l’endroit était déjà l’un des centres névralgiques de Pagney. Pour des raisons bien moins rock’n roll. « Le seul téléphone du village était ici ! » ajoute-t-il.

Le destin du lieu bascule définitivement lorsque Paulette et Yves Marchal prennent les commandes et rachètent le fonds de commerce, à l’aube des années 70. Une époque bénie pour le lieu, où les bals musette laissent peu à peu place aux amateurs de rock et de blues à l’américaine. Le début de la grande et fastueuse aventure du bar, connu désormais comme le pub rock « Chez Paulette ». « C’est grâce à cet esprit-là que les gens viennent. Ce lieu a une âme, du cachet, contrairement à des salles comme le Zénith » affirme de manière passionnée le gérant, admiratif du travail accompli par ses grands-parents. « Mon grand-père a tout fait de ses mains. Il y a mis son coeur, sa passion, et m’a appris beaucoup de choses. »

« L’accident, la meilleure chose qui me soit arrivée ! »

Et Julien Bortolotti dans tout ça ? Au départ, rien à signaler, si ce n’est quelques regards curieux à travers la fenêtre du salon lorsqu’il était plus jeune. « Je voyais que ça bougeait mais je ne savais pas ce qui se passait. Du coup je m’imaginais des trucs dans ma tête ! » note-t-il un brin hilare. Quelques années plus tard, à l’âge où l’alcool n’est plus un tabou, Julien passait une bonne partie de ces week-ends ici, « à squatter le canapé et à taxer des coups à sa tante », alors maîtresse des lieux. Lui n’était en aucun cas destiné à reprendre l’affaire. « Je m’en foutais complètement à l’époque. J’essayais de m’en éloigner le plus possible mais il y avait toujours quelque chose qui me ramenait ici » avoue-t-il. Il faudra un accident de voiture et une blessure à la clavicule pour que le jeune homme reprenne le fil de sa vie, pour le moins tortueuse. « Après avoir raté mon bac, j’ai fait des p’tits boulots à l’usine. L’accident est certainement la meilleure chose qui me soit arrivée ! »

Bien décidé à reprendre les choses en main, Julien reprend le chemin de l’école. Alors âgé de 21 ans, la vie semble enfin lui sourire. Il obtient une mention très bien à son bac STI électro-technique avant de se lancer dans un BTS Audiovisuel option métiers du son à Metz. Pour ce qui est de la pratique, pas la peine de chercher trop loin ! « J’ai travaillé pendant 5-6 ans au bar en tant que sondier » explique-t-il. Une expérience d’un an à Paris plus tard puis retour aux sources. C’était en 2013, soit l’année où sa tante décide de lâcher l’affaire. « Il restait un an pour trouver quelqu’un et personne n’était vraiment chaud pour reprendre l’affaire. Moi j’ai toujours été un technicien, je n’avais aucunes notions en compta ou en gestion » avoue Julien.

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Six premiers mois de galère

Pour ses six premiers mois en tant que grand manitou, ce dernier avoue « en avoir chier » : « Pour un néophyte, c’était chaud. J’allais à droite et à gauche sans trop savoir quoi faire. » Heureusement, le presque trentenaire peut compter sur le soutien indéfectible de sa famille, toujours prête à mettre la main à la pâte. « Ma mère s’occupe de la bouffe, ma soeur de la partie graphique et mon père de tout ce qui est technique » explique-t-il. Ajoutez à cela une bande de potes, dont certains sont devenus des associés, et des bénévoles toujours sur le qui-vive et vous obtenez une success-story à la lorraine. « Je veux que « Chez Paulette » redevienne un acteur culturel majeur comme il y a quelques années en offrant aux artistes locaux une plateforme d’expression. Je veux que l’on se sente bien ici. On est une grande famille et chaque client l’intègre en franchissant le pas de la porte. » L’aventure ne fait que commencer !

Chez Paulette – 343 Rue Regina Kricq, 54200 Pagney-derrière-Barine • Tél : 03 83 43 11 20 • paulettepubrock.com

Photos © DR



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