Minute papillon !

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Le Jardin botanique Jean-Marie Pelt à Villers-lès-Nancy invite les visiteurs à vivre « l’effet papillon » dans une exposition grandeur nature jusqu’au 10 mars.

« Les papillons ne sont que des fleurs envolées un jour de fête où la nature était en veine d’invention et de fécondité. » Cette phrase est tirée des Contes d’une grand-mère de Georges Sand. Mais saviez-vous qu’elle était, à l’époque, une « chausseuse » de papillons émérite ? « Dans beaucoup d’histoires, elle donne le nom exact et décrit précisément les espèces dont elle parle » explique l’entomologiste et naturaliste Patrick Bleuzen. Pour l’exposition « Vivez l’effet papillon », le collectionneur a rassemblé une partie de ses trouvailles sur les papillons dans un grand cabinet de curiosités où des pièces artistiques originales côtoient des collections d’insectes et de boîtes naturalistes datant de 1840 à 1940. « Depuis mes 6 ans, je suis à quatre pattes en train d’observer les insectes. Le goût de l’observation est inné chez moi. Ce qui m’intéresse dans l’univers des papillons, c’est la richesse de la diversité. Il y aura toujours de choses à découvrir. Mais ça ne prend du sens que si l’on transmet et que l’on donne envie de protéger ces espèces. »

Serre aux papillons

Après avoir déambulé dans les allées du jardin à la découverte des photographies du naturaliste Stéphane Vitzthum, le public se trouve plongé dans la serre aux papillons, point d’orgue de la visite, spécialement conçue pour l’occasion. Ici, les insectes multicolores, petits et grands, se posent sur une épaule, volent à travers les gens, mangent un bout de pomme en décomposition, butinent sur quelques fleurs. Ils viennent d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. « Nous avons reproduit les mêmes conditions climatiques que leur milieu naturel donc 60 à 80% d’humidité, et une température variant entre 25 et 30 degrés » souligne Martin Bueche, entomologiste et propriétaire du jardin des Papillons de Hunawhir (Alsace). Tout au long de l’exposition, 30 à 40 espèces seront présentées et 100 chrysalides seront amenées chaque semaine. Un papillon n’ayant, en moyenne, que 15 jours d’espérance de vie. « Nous but est de sensibiliser les gens sur l’intérêt des insectes polinisateurs et sur les moyens de les protéger. En Chine ou en Russie aujourd’hui, des gens font de la pollinisation à la main car il n’y a plus d’insectes. C’est une triste réalité. » Martin Bueche sera présent tous les mercredis après-midi jusqu’au 6 mars pour répondre à toutes les questions.

L’exposition rassemble également un jeu dans les serres tropicales pour découvrir des plantes extraordinaires, amies des insectes et une multitude d’orchidées multicolores… pour le plaisir des yeux ! Une belle réussite pour le jardin botanique Jean-Marie Pelt qui vient d’accueillir son 100 000e visiteur.

Jusqu’au 10 mars 2019 (exceptés les 25 décembre et 1er janvier) • De 9h30 à 11h45 et de 13h à 16h45 (dernière admission à 16h15) • Renseignements : 03 83 41 47 47 ou jardinbotaniquedenancy.eu

3 questions à Stéphane Vitzthum

Photographe naturaliste et professeur de Sciences de la Vie et de la Terre

Pourquoi avoir consacré un ouvrage uniquement sur les papillons ?

Ce sont des animaux qui sont symbole de liberté. Ils sont très esthétiques, ils varient en termes de couleurs. Ils sont fascinants pour tout le monde, aussi bien pour le spécialiste que pour celui qui ne connait pas du tout la nature.

Quel est le secret pour les photographier ?

Il faut passer beaucoup de temps sur le terrain, avoir un peu de chance et bien connaître les espèces. Le matin, quand il fait frais, les papillons se mettent au soleil, ne bougent pas et attendent que leur température corporelle augmente. Ensuite ils s’envolent. On peut donc facilement les prendre posés. Si on veut faire des comportements, c’est plus compliqué car ils volent vite. Il faut les approcher doucement, et sur les endroits où ils se nourrissent : les fleurs, les plantes… Chaque espèce a ses préférences.

L’avis est presque unanime : nous voyons de moins en moins de papillons dans les jardins. Pourquoi ? 

La faute aux pesticides. Dans nos campagnes, les agricultures en utilisent beaucoup. Et puis, il y a de moins en moins de fleurs. Lorsque l’on construit, on utilise toutes les parcelles de terrain. Il n’y a plus de bas-côtés, de friches… Mais je trouve que les papillons reviennent quand même depuis quelques années car il y a une prise de conscience de la part des gens qui utilisent moins de produits chimiques dans leurs jardins. Mais… il faut accepter les chenilles ! Et, personne n’aime les chenilles mais tout le monde aime les papillons, c’est le paradoxe !

« Guide complet des papillons de jour de Lorraine et d’Alsace » de Stéphane Vitzthum et Jean-Yves Nogret, février 2012. Disponible dans toutes les bonnes librairies : édition du Quotidien

Programmation des conférences

Fleurs et insectes, une histoire d’amour ?

Par Aline Raynal-Roques et Albert Roguenant

Le jeudi 17 janvier 2019 à 14h30. Entrée libre

La fleur, siège de la reproduction sexuée de la plante, déploie des organes attractifs sensés répondre aux besoins alimentaires et reproductifs des insectes polinisateurs. La fécondation croisée nécessite l’intervention de polinisateurs, car si les fleurs sont généralement hermaphrodites, l’autofécondation conduit à une dérive génétique. Leurs stratégies d’attraction sont multiples et complexes, certaines fleurs sont même animées.

Fleurs et animaux étranges d’Australie

par Aline Raynal-Roques et Albert Roguenant

Le vendredi 18 janvier à 10h. Entrée libre

L’isolement et l’ancienneté de l’Australie ont permis d’une part la survie, sur ce continent, de formes de vie ancestrales, inconnues ailleurs, et d’autres part la diversification et d’adaptation de nombreuses espèces, tant végétales qu’animales, propres à l’Australie : le peuplement vivant y est unique.

À la découverte des papillons de Lorraine

Par Stéphane Vitzthum

Le mercredi 30 janvier 2019 à 15h30. Entrée libre

En 25 ans de photographies naturalistes, Stéphane Vitzthum a pu observer presque les 147 espèces de papillons de jour de Lorraine ! Son message : « Extasions-nous devant la beauté des papillons et sachons les protéger, dans nos jardins, dans nos campagnes et dans nos réserves naturelles. »

Publi-reportage • Photos © Stéphane Vitzthum, 
Pierre-Francois VALCK / Jardins Botaniques de Nancy, DR