Dans la cour des miracles

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On l’imagine triste tout en bas d’un immeuble, coincée entre ses quatre murs, dans l’ombre et le froid du béton. Mais il suffit qu’une paire de mains vertes s’y agite, pour qu’elle devienne un vrai petit jardin ou tout devient possible. Mesdames et messieurs… la cour !

La cour est par essence un espace restreint, clos et souvent ombragé. Mais avec des aménagements judicieux et quelques végétaux accommodants on peut y faire jaillir la lumière et, quasiment, repousser les murs.

Choisir ses plantes

Le degré d’ensoleillement de la cour, découlant de la hauteur des murs environnants, est le facteur déterminant dans le choix de vos végétaux. Moins votre cour verra le soleil, plus vous devrez vous orienter vers des plantes supportant l’ombre ou la mi-ombre. Autre conseil pour les zones ombragées : en optant pour des plantes à feuillage coloré ou panaché, vous apporterez de la couleur et de la luminosité bien au-delà des périodes de floraison.

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Pots, bacs et jardinières

Le sol des cours étant rarement à nu, il vous faudra sans doute recourir à la culture hors-sol, en pots, bacs, ou jardinières. Cela n’est pas gênant du moment que vous veillez à donner régulièrement à vos plantes de l’eau et de l’engrais. Là encore, les coloris des contenants peuvent vous aider à éclaircir et égayer les lieux. Si vous avez la chance d’avoir un coin de terre accessible, posez-vous la question de planter un arbre qui donnera immédiatement à l’endroit un air de majesté mais également, un peu plus de travail d’entretien (arrosages conséquents, ramassage des feuilles mortes, tailles de confinement régulières…) pas toujours facile à gérer dans un espace restreint et souvent difficile d’accès.

Briser les lignes

La première des choses à faire dans une cour, où l’on se sent à l’étroit, c’est d’ouvrir les horizons, verticaux et horizontaux, en cassant les deux lignes trop nettes que sont le mur et le ciel. Pour le premier, vous pouvez commencer par le repeindre si cela vous est permis. Vous pouvez aussi le cacher avec des végétaux, grimpants ou non, et des rouleaux végétaux (canisses, tressage de bruyère…) en variant les hauteurs pour brouiller les repères. Quelques meubles donneront de l’épaisseur, et des miroirs ou des trompe-l’œil créeront des perspectives. Les mains les plus vertes pourront même tenter de se lancer dans la délicate conception d’un véritable mur végétal avec support spécifique et pompe à eau. Pour le ciel, c’est la même chose, on peut en rendre les contours moins nets avec une toile d’ombrage asymétrique ou une tonnelle, et attirer le regard ailleurs avec des lanternes, des suspensions ou des mobiles. Prévoyez un éclairage chaleureux pour les soirées d’été…

Benoit Charbonneau

Et l’eau dans tout ça ?

Dans une cour, la touche finale est aquatique, avec un mini-bassin hors-sol. L’effet miroir de la surface augmente les effets de perspectives, qu’elles soient horizontales ou verticales. Si vous y ajoutez un système de pompe pour mettre l’eau en circulation, vous entendrez alors son doux clapotis qui cachera avantageusement les bruits de la ville.