La fête de la science vous invite dans sa bulle

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Sébastien Kauffmann © Nicolas Busser, CNRS

Cette année, la Fête de la Science a trente ans. Pour marquer son passage dans la décennie supérieure, les organisateurs vont mettre les petites bulles dans les grandes et aborder ainsi la notion de « surface minimum ». Une expérience à découvrir parmi tant d’autres… La 30e édition réserve de belles surprises avec plus de 200 événements proposés dans toute la Lorraine du 1er au 11 octobre.

Déjà 30 ans… Que ça grandit vite ! La Fête de la Science atteint cette année le bel âge. Bien ancrée sur le territoire, elle est devenue au fil des ans un événement reconnu. « Nous sommes revenus à une taille normale pour cette manifestation avec un nombre d’animations équivalent aux éditions d’avant la crise ». Un retour à la normalité qui réjouit Didier Mathieu, coordinateur de la Fête de la Science pour la région Lorraine. D’ailleurs, il constate que la manifestation a fait des petits. « Nous avons des nouveaux acteurs dans tous les départements ! Beaucoup de jeunes chercheurs veulent y participer. Ils sont animés par cette envie de transmettre car certains ont bénéficié de la Fête de la Science quand ils étaient enfants ». De bons signaux envoyés pour la suite. « On commence à sentir le développement de la culture scientifique en France et sa nécessité »

Mais 30 ans, ça se fête avec des bulles ! Pour marquer cet anniversaire, un lâcher de bulles de savon sera organisé avec plusieurs écoles. Une animation qui permettra d’aborder la notion de « surface minimum des objets ». A la Fête de la Science, il n’est pas question de « buller » ! Et pour parler « bulles » justement, les organisateurs peuvent s’appuyer sur une connaisseuse. Il s’agit de Wiebke Drenckhan, l’ambassadrice de la région Lorraine sur cette édition. Elle est chercheuse CNRS à l’Institut Charles Sadron à Strasbourg et étudie les bulles pour révéler tous leurs mystères. Leur forme, leur volume, leur surface… Ne vous fiez pas aux apparences, aussi éphémères qu’elles soient, les bulles de savon ont beaucoup à vous apprendre. 

Rétrospectives : Trois moments clé de la Fête de la Science

Sa naissance. La Fête de la Science est née d’un esprit Lorrain… Le saviez-vous ? En 1991, alors qu’il est ministre de la recherche, Hubert Curien initie cette fête afin de vulgariser un maximum la science auprès du grand public et de la rendre accessible. En Lorraine, le réseau d’acteurs de la culture scientifique qui réunit une vingtaine d’organismes porte son nom. Originaire des Vosges, il a un parcours de vie incroyable et a beaucoup œuvré pour cette discipline en étant président de l’Académie des Sciences, mais aussi en participant à la mise en place d’Ariane, le programme spatial européen. « C’est un grand monsieur qui est toujours resté humble… Mettre en place la politique de la programmation spatiale européenne, ce n’est pas rien ! », explique Didier Mathieu. 

Les Camelots de la Science. L’apparition des Camelots de la Science a été un autre temps fort pour cette manifestation. René Diguet s’est inscrit dans la philosophie d’Hubert Curien en sortant cet événement de ses murs pour en faire une vraie fête de la science populaire. Le concept visait à amener la science au plus près des gens en installant le laboratoire sur le marché. Une idée qui s’est finalement transformée en véritable spectacle pour le public. 

Le Train de la Science. En 2009, c’est le train de la science qui a parcouru le sillon Lorrain, de Remiremont à la frontière luxembourgeoise. Une expérience mémorable pour Didier Mathieu. Il se souvient d’un moment fédérateur avec des liens qui se sont tissés entre les chercheurs et le public. Tous étaient dans la même dynamique. Dans les wagons et dans les gares, des animations et des expériences étaient proposées. Un premier wagon nous présentait le fonctionnement des toilettes spatiales, quand un second nous faisait découvrir le monde des exoplanètes… Chaque wagon avait sa thématique. Une expérience qui a permis de partager des moments forts avec les voyageurs et visiteurs.

L’esprit scientifique bouillonne en Lorraine

A Nancy, la magie des bulles opère au Museum Aquarium

Elles sont aussi fascinantes qu’élégantes. Prenez votre liquide à mousse, soufflez délicatement et appréciez le spectacle… La magie opère ! Les bulles flottent avec élégance dans l’air, créent des couleurs très pures et menacent d’éclater au moment même où votre admiration est la plus grande. Dans son spectacle, l’artiste bulleur Sébastien Kauffmann met en scène cet univers de beauté. Un instant poétique où les bulles planent pendant que Moreno Andreatta improvise une mélodie au piano. 

Venez donc regarder ces bulles danser… et apprendre les principes scientifiques qu’elles cachent. L’ambassadrice de cette édition, Wiebke Drenckhan, se fera une joie de vous les révéler. A quoi sert le savon ? D’où viennent les couleurs ? Pourquoi les bulles sont-elles rondes ? Des questionnements qui résonnent chez chacun d’entre nous. La scientifique essaiera également de mettre son savoir-faire au service de l’artiste pour ajouter de nouveaux éléments à ce spectacle. 

A découvrir dimanche 3 octobre à 16 h 30 au Musée Aquarium de Nancy. Entrée gratuite. 
Sébastien Kauffmann © Nicolas Busser, CNRS

Parcourez les rues de Nancy avec un historien des sciences

200 ans d’histoire universitaire et scientifique. Un joli bagage pour la cité nancéienne, qui propose de le mettre en lumière à travers une visite insolite. Venez donc en apprendre plus sur des bâtiments que vous voyez quotidiennement. Par exemple, saviez-vous que notre actuel Musée des Beaux-Arts avait abrité un collège de médecine ? Qu’une tour pour les observations astronomiques existait autrefois au Palais de l’Académie ? Que le premier Hôtel de l’Université comportait des cellules pour étudiants chahuteurs ? Mais chut, on ne va pas tout vous révéler. Cette balade promet de belles découvertes sur l’histoire scientifique de Nancy et quelques anecdotes croustillantes. Alors pourquoi s’en priver ?

A découvrir le samedi 2 octobre, de 10 h à 12 h et de 15 h à 17 h. Rendez-vous place Stanislas.

Passez l’IRM du CHRU de Brabois au scanner !

Partez à la découverte des dernières avancées en imagerie médicale. La plateforme IRM du CHRU de Brabois vous donne l’opportunité de rencontrer ses chercheurs (laboratoire IADI et investigation clinique CIC-IT, Nancyclotep) et d’assister à des jeux et démonstrations pour mieux comprendre leurs travaux. A travers plusieurs animations, vous pourrez découvrir les recherches menées en termes d’acquisition d’images dynamiques en IRM, d’imagerie des paramètres électriques du corps, médecine nucléaire, etc. Les plus jeunes pourront également participer à un atelier de cuisine et des jeux avec des images IRM.

A découvrir le samedi 2 Octobre de 13 h à 18 h.

Partez à la découverte des roches et fossiles à Nomeny
C’est une première expérience ! Cette année, Nomeny participe aussi à la Fête de la Science. La Maison du Sel y proposera plusieurs animations pour découvrir l’univers fascinant des roches et des fossiles. Une exposition vous amènera sur les pas d’un géologue. Des ateliers et des jeux vous feront prendre part aux fouilles paléontologiques avant d’apprendre la classification de vos trouvailles fossilisées. 
Visites et animations gratuites les 10 et 11 octobre à la salle des fêtes de Nomeny

Bienvenue dans les laboratoires de Moselle et Meurthe et Moselle

Se glisser dans la peau d’un laborantin c’est possible ! Mieux, c’est l’expérience proposée par le CNRS à l’occasion de la Fête de la science. Une dizaine de laboratoires de Moselle et Meurthe et Moselle vous ouvrent leurs portes et vous font découvrir leur univers. Des visites insolites durant lesquelles vous pourrez contribuer à des expériences, découvrir des lieux uniques mais surtout avoir des échanges privilégiés avec les chercheurs et poser toutes les questions qui vous passent par l’esprit. 

Retrouvez les différentes visites proposées sur echosciences-grandest.fr ou fetedelascience.fr
Visite des laboratoires © CRPG

La Photonique se découvre au Centre Pompidou de Metz

Au Centre Pompidou de Metz, des visites seront aussi proposées par CentraleSupélec. Elles mêleront la science de la lumière (photonique) et l’art. A travers une visite ludique et pédagogique, le visiteur essaiera de comprendre comment la photonique se retrouve au cœur des œuvres artistiques. L’objectif consiste à éveiller sa curiosité sur le plan scientifique et artistique tout en lui expliquant les œuvres et les visions des différents artistes. 

Les 7 et 8 octobre • Infos et réservations : [email protected] 

Voyagez au cœur des matériaux pour mieux comprendre certains enjeux de la transition énergétique à Metz Technopôle

Les chercheurs du LEM3 vous ouvrent les portes de leurs locaux, sur le campus de Metz Technopôle. Venez découvrir les plateformes de caractérisation en science et mécanique des matériaux. Différents ateliers de vulgarisation scientifique sont proposés pour découvrir leur activité de recherche et aborder ses enjeux vis-à-vis de la transition énergétique. Un parcours à découvrir entre amis ou en famille !

Le 10 octobre • au LEM3 • Infos et réservations :  www.eventbrite.fr/e/billets-un-voyage-au-cur-des-materiaux-de-latome-a-la-tole-170729024107

Un village dédié à la Science installé dans les Vosges

Cette année, il fait son retour. Le temps d’une semaine, de nombreux chercheurs vous invite dans leur village dédié à la science. Situé dans la commune de Bouxurulles (entre Mirecourt et Charmes), il vous attend nombreux ! Une initiative de l’association Carrefour des sciences qui va vous permettre de profiter d’ateliers, de conférences, d’expositions, de spectacles, de débats et démonstrations. 

Curieux, novices ou passionnés, vous êtes les bienvenus ! Dans ce village, vous pourrez (re)découvrir des disciplines scientifiques, vous tenir à jour des dernières recherches et questionnements en cours, comprendre le fonctionnement de certains mécanismes et processus et a appréhender l’évolution historique de ces disciplines.

Du 2 au 8 octobre. Infos sur echosciences-grandest.fr ou fetedelascience.fr

Passez en mode explorateur à Ecurey

Nous l’avons vu précédemment la Fête de la Science peut nous mener dans des lieux insolites… Des laboratoires mais aussi des cabinets de curiosité. A Ecurey (Pôle d’Avenir), on a pris le parti de vous faire visiter celui de l’explorateur Artemus Schley (1879 -1952). Il a rapporté de son voyage dans de nombreuses contrées, des objets étonnants issus de cultures inconnues. On peut également y observer de nombreux spécimens d’animaux. Une expérience dépaysante !

Tous les jours • Infos sur echosciences-grandest.fr ou fetedelascience.fr

Dans la Meuse, on se creuse les méninges 

Connaissez-vous le mémory ? Un jeu d’épreuve pour votre mémoire puisque pour le gagner il faut retrouver le plus grand nombre de pair. La compagnie Collaps’Art s’apprête elle aussi à jouer avec votre mémoire avec un spectacle aussi scientifique que clownesque. A la manœuvre, un professeur en train de vous faire son cours et son assistant pour le moins mystérieux. Il y aura des surprises, des expériences de mentalisme mais aussi de véritables explications. Vous allez devenir incollable sur le fonctionnement de la mémoire et apprendre quelques techniques pour la faire travailler. Attention tout de même à garder la tête froide, car l’assistant du professeur pourrait bien vous jouer quelques mauvais tours… 

Ce spectacle est réalisé par Bruno Salvador. Ce comédien a un parcours très atypique puisqu’il compte aussi une formation de scientifique. Un curriculum vitae qui souligne aussi l’importance pour lui de vulgariser la science à sa manière auprès du grand public. Avec sa compagnie Collaps’Art, il s’attache à proposer des spectacles qui sont drôles et intéressants. Preuve de son amour pour la science, Bruno Salvador a candidaté pour devenir astronaute et rejoindre le français Thomas Pesquet dans l’espace. « Je ne pensais pas le faire un jour et quand j’en parle autour de moi les gens se mettent à rêver ». C’est son goût pour l’aventure mais aussi tout l’aspect scientifique qui tourne autour de cette profession qui l’ont poussé à sauter le pas.  

Retrouvez les lieux et dates du spectacle « Les mystères du Cerveau – Spécial mémoire » sur echosciences-grandest.fr ou fetedelascience.fr/
© Cie Collaps’Art

La Fête de la science passe aussi par les écrans !
Pour cette 30e édition, la Fête de la Science proposera aussi des ateliers sous forme numérique. Un choix sécuritaire qui ne place pas forcément le public comme simple spectateur. Sur certains ateliers, il devient un acteur à part entière et peut échanger avec les différents intervenants. « Nous voulons montrer que ce support peut être utilisé de manière intelligente. Il peut permettre d’interagir avec un chercheur, un artiste », précise Didier Mathieu. Des animations interactives seront également proposées avec des manipulations qui se feront ensemble à travers les écrans. Pour y participer, il suffira de prendre contact avec le planétarium d’Epinal. Un lien de connexion à Zoom vous sera envoyé avec le matériel à prévoir en amont de la visioconférence. 
« C’est un concept que nous avons commencé à initier l’année dernière et qui avait beaucoup plu ». Via l’outil numérique, il sera possible de rencontrer le strasbourgeois Philippe Geiss. Ce musicien et compositeur a travaillé avec Thomas Pesquet pour porter un projet fou : jouer du saxophone dans l’espace. Mission réussie. Avec le Galaxsax, la musique de Thomas Pesquet tutoie les étoiles et fait de lui le premier saxophoniste de l’espace.  
Fête de la Science • du vendredi 1er octobre au dimanche 11 octobre • Retrouvez le programme de La Lorraine sur les sites : fetedelascience.fr ou echosciences-grandest.fr

3 questions à Didier Mathieu, Coordinateur de la Fête de la Science pour la région Lorraine

Que représente pour vous La Fête de la Science ?

Elle permet d’apporter la connaissance de la science et son intérêt auprès du public. C’est d’autant plus important de le faire aujourd’hui après les épisodes que nous venons de traverser. Il n’est pas facile de faire confiance à la science et pour y arriver, il faut comprendre comment elle fonctionne. Cette fête, au-delà de rendre la science sympathique et parfois amusante, permet à l’individu d’ancrer des points de référence et apprendre à mieux faire confiance à la science qui s’appuie principalement sur des faits. Nous ne le rappellerons jamais assez, la science tient et occupe une place de plus en plus importante dans le développement, tous secteurs confondus, du monde actuel. Elle est certes accessible sur la toile, cependant noyée dans une inflation de données disponibles dont certaines propagent les rumeurs. Pour cela, la Fête de la Science est aussi un temps fort pour échanger avec les chercheurs.

La science apparaît encore comme une matière élitiste. Comment la rendre attractive auprès du grand public ?

En démontrant qu’elle est dans notre quotidien. La science, ce n’est pas que retenir des formules de chimie ou physique, c’est aussi la découverte, la manipulation. Le meilleur laboratoire de chimie, c’est la cuisine ! Elle découle de certaines choses qui sont accessibles à tous. Elle oblige cependant à s’intéresser, à se questionner, à tester, à trouver des réponses, ce qui demande de mettre en place une démarche.

Que pensez-vous du thème « l’émotion et la découverte » choisi pour cette édition ?  

C’est une thématique très ouverte qui permet de prouver que la science transmet des émotions. Souvent, on pense que ce n’est pas le cas. Travailler sur ce sujet va permettre de faire ressentir au public les émotions du scientifique : il peut s’agir de la déception mais aussi de l’émotion liée à une découverte de quelque chose que l’on recherchait ou de tout autre chose. L’émotion de la découverte va être variable en fonction de chaque visiteur et le fait de partager ce moment avec un scientifique ne va plus le placer dans la position de spectateur mais d’acteur. 

Propos recueillis par Marine Prodhon

Publireportage - Photos © Collaps'Art, RPG, Maison du sel, Nicolas busser- CNRS, Planétarium d'Epinal, DR