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L’alchimie de la Renaissance

Au contact de la matière et de l’esprit : la 21e édition du festival RenaissanceS à Bar-le-Duc se déroulera du 6 au 8 juillet sur le thème de l’alchimie.

Tous les ans, la ville haute de Bar-le-Duc accueille plusieurs milliers de visiteurs en quête d’un moment d’évasion. Depuis 20 ans, le festival RenaissanceS a su se renouveler pour conquérir un public toujours plus fidèle. D’un festival de musique ancienne, RenaissanceS a évolué vers le théâtre de rue pour aboutir, en 2014, à une programmation artistique exigeante, centrée sur les arts vivants. Depuis, le festival conjugue avec harmonie arts de rue et spectacles musicaux. En plus d’offrir aux spectateurs un programme éclectique d’une grande qualité, le festival a également pour mission d’encourager la création et la diffusion artistique. Festival des arts dans l’espace public, RenaissanceS est un moment où le temps semble suspendu, lieu d’échanges et d’innovations.

Après avoir évoqué les quatre éléments essentiels en tant que composants de la nature, l’édition 2018 propose d’intégrer l’homme au cœur de la création. L’alchimie, telle qu’elle a été transmise par les auteurs de la Renaissance, plonge le public au contact de la matière et de l’esprit. C’est une véritable exploration qui est ici proposée aux visiteurs dans l’écrin architectural du secteur sauvegardé de la cité des Ducs de Bar. L’année 2018 est également marquée au niveau national par la célébration de la fin de la Première Guerre mondiale. RenaissanceS offre un écho particulier aux commémorations, dans l’esprit qui anime depuis ses origines le festival.

Une quarantaine de compagnies

Le quartier historique Renaissance de Bar-le-Duc est peut-être l’une des plus belles scènes à ciel ouvert de France. Là, où se joue depuis 500 ans, le théâtre des Hommes. Cette année, une quarantaine de compagnies de théâtre de rue, locales, régionales et européennes se succéderont durant les trois jours du festival. Coup d’envoi  vendredi 6 juillet, à l’aube de la nuit estivale : RenaissanceS 2018 se lance sur un grand ballet poétique de girafes venues du monde entier. Tout en douceur, un troupeau de girafes rouges évolue selon la cadence amplifiée d’un mouvement au ralenti. Elles balancent leurs cous flexibles avec une aisance toute naturelle au gré d’une mélodieuse cantatrice. Elles sont habitées, manipulées, désarticulées par des binômes d’échassiers aveugles et invisibles. Longilignes sur ligne blanche, les silhouettes des girafes glissent sur les avenues et se détachent des façades avec nonchalance. Plus tard, le parc de l’Hôtel de Ville accueille Acorps de Rue pour un concert de chansons françaises festives. Ces deux garçons forment tout un orchestre, passant des claviers à la trompette, de la guitare à l’accordéon, animés d’abord et avant tout par un besoin de partager des valeurs humaines qui leur sont chères et une franche bonne humeur communicative ! À l’église Saint-Jean, le groupe À Cœur Joie du Barrois fera voyager les spectateurs dans le temps avec, au programme : gigues, valses, tangos, rumbas, mambo et autres polkas !

Nocturne samedi 7 juillet

Le lendemain, RenaissanceS propose trois spectacles en nocturne : « Aler m’en veus » par l’ensemble Oxyton. Puisant dans 1 000 ans de littérature musicale, l’ensemble  s’échappe dans les rêves ou sur les pas des voyageurs : troubadours partis en croisade, marcheur romantique contemplant un paysage sous la neige, héroïne celtique en voyage, seule, protégée par sa vertu, roi de retour de Pologne et bien d’autres. Puis, le groupe Dédé et son Swing Musette racontera, en musique, la rencontre, entre 1914 et 1918, de soldats bretons, parisiens et jazzmen américains qui projettent la France dans le nouveau siècle. Enfin, l’homme géant en osier de la compagnie L’Homme Debout déambulera dans les rues du secteur sauvegardé de Bar-le-Duc pour raconter les deux trajets qu’un même homme effectue à plusieurs dizaines d’années d’intervalle : celui de la fuite de son pays en guerre et celui du retour sur les traces de son passé. Les deux trajets vont se percuter, avec la force de la volonté nécessaire à de tels déplacements. Le choc sera violent, et la chute inévitable. En lien : une projection d’images sur l’église Saint-Pierre proposée par la compagnie Kollectif Alambik faisant écho au centenaire de la Première Guerre mondiale.

À RenaissanceS, les arts vivants sont aussi des installations insolites qui s’imprègnent du patrimoine et des sites historiques tels que le Musée barrois ou l’église Saint Etienne. Ainsi, les visiteurs pourront apprécier les « Kaleïdophones » de la compagnie Décor Sonore, des sculptures spectaculaires en guise d’instruments d’écoute pour expérimenter diverses manières de goûter à l’écoute du paysage. Dans les rues, la compagnie Rue de la Casse, proposera, elle, un entresort sonore et visuel pour estafette et voyageurs rêveurs. À écouter sans modération !

Déambulations et théâtre de rue

Durant tout le weekend, pas moins de neuf déambulations seront présentées au public. Parmi elles, sur leurs échasses, la compagnie Tandem à Plumes, accompagnée de leur « pianophone », livre un spectacle musical sur la reconstitution du célèbre film muet « Sweet Petite Daisy ». Dans un autre style, Jérôme Poulain et Monsieur Hervé de la compagnie Joseph K proposeront des « contres visites » guidées parodiques de la ville… Tout un programme !

Enfin, la programmation de théâtre de rue devrait séduire un large public tant sa programmation est diversifiée. Au menu : une fanfare théâtrale qui s’empare du plus populaire des opéras italiens « Rigoletto » par la compagnie Les Grooms. La Compagnie Azimuts proposera « La quiche en cinq actes », où deux cuisto-tragi-comédiens vont jouer sur des airs de Molière, de Corneille, et de Shakespeare. Et pour finir en beauté, la compagnie Délinus, venue tout droit d’Amsterdam à bord de leur taxi le « Délinus 03 ». Celui-ci ne partira qu’une fois qu’il sera plein. On ne sait donc jamais quand il part, ni combien de temps dure le trajet. Et à chaque fois, ce taxibus minuscule ramassera quelque chose ou quelqu’un au passage. La seule chose qui est sûre, c’est « qu’il y a toujours de la place pour un de plus ! »

Avec cette édition alléchante, il est normal de voir figurer RenaissanceS à la huitième place des festivals du théâtre de rue en France. Il rassemble chaque année, et ce depuis plus de 20 ans, près de 45 000 spectateurs lors d’un weekend convivial et surprenant.

Du 6 au 8 juillet. Gratuit • Renseignements : 03 29 79 32 65 ou renaissances@barleduc.fr • Programme complet : festivalrenaissances.fr

Entretien avec Martine Joly

Maire de la ville de Bar-le-Duc

Depuis votre arrivée en 2017 à la tête de la Ville de Bar-le-Duc et à la communauté d’agglomération Meuse Grand Sud, qu’évoque pour vous le festival ?

J’habite Bar-le-Duc depuis 40 ans. Je connaissais bien sûr le festival qui m’évoque des souvenirs magnifiques dans ces quartiers Saint-Pierre et de la Ville Haute. En devenant Maire de Bar-le-Duc, mon premier souhait était l’envie de continuer à faire vivre le festival. Depuis sa création en 1997, RenaissanceS célèbre les arts vivants dans l’écrin architectural du secteur sauvegardé de la ville haute de Bar-le-Duc. Il est avant tout celui d’une ville au patrimoine riche et prestigieux.

Depuis ses 21 ans, quelle image et notoriété apporte le festival RenaissanceS ?

Le festival vise à rassembler les habitants et les partenaires institutionnels et privés autour d’un projet fédérateur fort, générateur d’une image dynamique et positive, facteur de renforcement de l’attractivité du territoire au niveau régional, national voire européen. Le festival a 20 ans, des habitudes ont été prises. Nous avons un public fidèle. Et RenaissanceS est aujourd’hui la carte de visite de Bar-le-Duc pour faire connaître et reconnaître ce quartier Renaissance.

Quelle programmation pour l’édition 2018 ?

Le festival ne s’étend non plus qu’à l’ère renaissance mais à la culture humaniste, qui a une portée universelle. L’alchimie, thème de cette année, nous plonge au contact de la matière et de l’esprit. De quoi prendre de la hauteur pour la conduite de notre vie quotidienne, trop souvent malmenée. L’année 2018 est marquée par la célébration de la fin de la première guerre mondiale. Dans l’esprit de RenaissanceS et de l’alchimie, un accent particulier sera donné : la célébration du passage de l’ombre à la lumière, la célébration de la paix retrouvée. Les spectacles diversifiés et gratuits sont accessibles à tous de 18 mois à 90 ans !

Quels sont les acteurs du festival ?

Le festival s’appuie sur les collaborateurs de la ville de Bar-le-Duc et de la communauté d’agglomération et je les en remercie. Sans eux, le festival n’existerait pas. Enfin les liens tissés avec les habitants, les associations, l’enseignement apportent une richesse humaine, et donne une touche complémentaire au festival.

Combien de visiteurs attendez-vous pour cette édition 2018 ?

Selon nos chiffres officiels, sur les trois jours du festival, nous avons accueilli 17 000 visiteurs dont 40 000 spectateurs l’année dernière. Nous espérons attirer autant de monde voire plus pour cette édition !

Comment voyez-vous l’avenir du festival ?

Le festival est la carte de la visite de la ville. La volonté d’œuvrer pour son maintien tout en réfléchissant à son évolution est donnée. Réfléchir à un nouveau format, investir de nouveaux lieux est en projet, ceci suite aux retours des professionnels, des commerçants, des associations et des habitants, mais aussi pour faire face aux contraintes de plus en plus importantes liées à l’organisation des évènementiels urbains, notamment en terme de sécurité. Je souhaiterais par exemple que certains spectacles soient délocalisés dans nos villages alentours. Propos recueillis par Pauline Overney

Publi-reportage • photos © Acorps de rue, Hiroshi Fujii, Oxyton, Guillaume Ramon, DR



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