Le Festival Parenthèse Nature explore le Grand Est

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© Rahima Hadid Gounant

La première édition avait posé les bases d’une manifestation écoengagée décidée à faire de la beauté (photographiée) son arme principale… Le Festival Parenthèse Nature est de retour ! Thème exploré ? Le Grand Est.

Son postulat n’a pas changé. Le Festival Parenthèse Nature cherche à attirer notre attention sur notre environnement immédiat et sa nature… en ne nous demandant qu’une chose : savoir ouvrir les yeux pour prendre conscience de ce qu’il nous faut préserver. Encouragé par le succès public rencontré en 2020, il est de retour avec un nouveau sujet : Le Grand Est. 

Mobiliser par l’action collective

A trop le fréquenter nous ne le voyons plus, mais notre territoire brille par la grande diversité de ses milieux naturels et de ses paysages. Et pendant que nous détournons le regard, ce patrimoine naturel riche de sa flore et de sa faune est menacé de dégradation et de disparition, fragilisé par les effets du changement climatique, par des modes de vie, de production, de déplacement et de consommation toujours plus gourmands en ressources. Ouvrir les yeux, c’est réaliser que 1 300 espèces (dont le Grand Tétras, le Courlis cendré, la Gélinotte, la Mulette perlière, la Grenouille des champs et l’Écrevisse des torrents, mais aussi le Crapaud vert, le Pélobate brun, le Hamster commun d’Alsace, la Pie grièche grise…) sont désormais inscrites sur les listes rouges de celles qui pourraient disparaître dans les années à venir.

D’autres facteurs bouleversent l’écosystème : la dégradation de sites naturels emblématiques, la raréfaction de l’eau, la fréquence croissante des périodes de sécheresse… Autant de dangers auxquels les trois photographes du collectif Parenthèse Nature, présidé par Olivier Henrion, opposent leur force de vie et leur foi en l’efficacité de la mobilisation collective. Et c’est par l’image qu’ils interpellent petits et grands à la protection de l’environnement.

Une exposition en 150 photos

Au sein du département de la Moselle, en plein cœur du golf de Faulquemont-Pontpierre, la manifestation offre aux badauds, depuis le 1er mars dernier et pour six mois, le loisir de flâner sur 4 km de parcours fait de 150 tirages grands formats de photos mettant en lumière le patrimoine naturel de la région. Espoir affiché ? Faire prendre conscience, en douceur, de l’importance de préserver l’environnement par l’action individuelle et collective.

« Capturez des moments vibrants et exprimez ce que la nature signifie pour vous »… Pour obtenir ces 150 clichés, le collectif a organisé un concours, lancé en mars 2021. Avec l’objectif de célébrer la nature et la biodiversité dans leur ensemble… 350 photographes ont adhéré à ce pacte rassembleur et envoyé, au total, près de 1500 images ! Un jury s’est ensuite rassemblé pour sélectionner les 150 aujourd’hui présente dans l’exposition à ciel ouvert…

Un bel ouvrage pour la bonne cause 
Le Festival Parenthèse Nature propose, pour cette deuxième édition, un ouvrage composé des 150 photos qui composent l’exposition. S’inscrivant pleinement dans la philosophie du festival, l’initiative a pour but de mettre en valeur la beauté de la région Grand Est et ainsi, participer au projet de sensibilisation tout en valorisant les photographes et photographies retenus… Les festivaliers pourront quant à eux conserver un souvenir de l’exposition et les professionnels, le garder à titre d’archive.
Les fonds récoltés par la vente de l’ouvrage seront reversés à des associations de défense et de protection de l’environnement telles que GORNA, qui gère le fonctionnement d’un centre de soins pour animaux sauvages provenant du nord du Bas-Rhin, de l’Eurométropole de Strasbourg et de l’est de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle. L’objectif de GORNA est de réinsérer ces animaux dans leur milieu naturel après leur convalescence.
Pour se procurer l’ouvrage et contribuer ainsi à la sauvegarde de la faune et la flore de votre région, c’est ici : https://www.payassociation.fr/festival-parenthese-nature/boutique !

3 questions à Olivier Henrion

Président du collectif Parenthèse Nature

Comment ce festival a-t-il été imaginé ? 

Amis dans la vie, nous sommes trois photographes amateurs pratiquant tous trois la photo nature. Face aux effets du dérèglement climatique, à la disparition des espèces, nous avons eu à cœur d’alerter et de sensibiliser le public, à notre manière, sur la nécessité de préserver cette nature.

Pourquoi avoir décidé de consacrer cette deuxième édition au Grand Est ?

Prenant à contre-pied les images catastrophistes d’ours polaires sur leur banquise prises à l’autre bout du monde, nous avons en effet choisi de proposer de belles images de la nature proche de chez nous. Nous sommes convaincus que la beauté sauvera le monde, et que montrer cette beauté donnera envie de la préserver. Avec ces images, nous disons finalement à ceux qui regardent « attention, ce que vous voyez peut disparaître ».

En tant que photographe, vous êtes directement témoin de cette fragilisation de notre nature… 

Absolument. A chaque sortie nature, nous constatons année après année, une baisse significative de la faune et de la flore, les arbres dépérissent, les oiseaux sont décimés par l’agriculture intensive et le changement climatique… Malgré tout nous restons optimistes et essayons, en tant que citoyens, de changer nos comportements tout en œuvrant aux côtés d’associations locales à mobiliser les élus et à sensibiliser les scolaires. Nous voyons l’intérêt pour notre combat progresser, c’est encourageant ! L’avenir est entre les mains de nos enfants… A nous de faire en sorte de les gagner à notre cause et d’en faire des ambassadeurs.

Propos recueillis par Cécile Mouton

Exposition visible jusqu’au 30 septembre 2022 au Golf de Faulquemont/Pontpierre • parenthese-nature.com • Fb : ParentheseNature

Photos © Nicolas Le Boulanger, Helène Witzhum, Jacques Martin, Jean Louis Corsin, Rahima Hadid Gounant, Rachel Marchal Kany, DR