À Nancy, le spectacle est vivant !

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LES FOLLES CIE LA MUE/TTE FESTIVAL RING CCAM 20180418

La salle Poirel et le théâtre de Mon Désert accueilleront la nouvelle édition de La Semaine de la Création « Ça joue à Nancy » du 14 au 23 novembre prochains. Le festival, qui a rassemblé plus de 1 800 spectateurs l’an dernier, met en scène une nouvelle sélection d’artistes et de compagnies nancéennes lors de quatre représentations exceptionnelles. 

« Les Folles » par la Cie La Mue/tte

Créé en 2017, « Les Folles » est un triptyque poétique, composé de deux solos marionnettiques et d’une exposition. La compagnie aborde ici le thème de la résistance incarnée par des femmes : ces mères argentines qui se sont battues contre la dictature militaire responsable de 30 000 « disparitions ». Dans « Point de Croix », Delphine Bardot évoque celles qui ont choisi de broder pour résister tandis que Santiago Moreno, musicien-manipulateur, utilise des photos et des vidéos tirées d’archives qui rappellent la brutalité et le cynisme des dirigeants dans « Silencio es salud ». Ces deux solos sans parole sont associés à une exposition sur les Mères de la place de mai présentant des photos historiques, une reconstitution d’une « marche de la résistance » en marionnettes et un court film animé, « Broder pour résister », réalisé dans le cadre d’une résidence artistique en lycée professionnel avec des apprenties brodeuses.
Le 15 novembre à 20h30 Au théâtre de Mon Désert

« OH ! » par la Cie Tout Va Bien 

« OH ! » est une rencontre entre le rythme des mots, des corps, du son et du silence de douze acteurs et un musicien dans un plein feux, sur un plateau que l’on dit « nu » au théâtre mais rempli par tous ces corps. Douze personnages ne sachant pas où aller, ni quoi faire. Un treizième les invite à avancer, aller droit devant eux, droit dans le mur, peut-être. Il y a d’abord un univers, celui d’une errance et d’une désintégration humaine : l’homme a perdu tout sens de vie. Il n’y a pas d’intrigue mais des personnages présents pour meubler l’attente, contenir le corps au bord du silence et une nécessité absolue de parler ou de marcher dans cette errance pour continuer à vivre. Il y a ensuite la collaboration de Marie Cambois (chorégraphe) et Virginie Marouzé (metteure en scène) qui consiste, depuis plusieurs années, à chercher un endroit du jeu et de présence pour l’acteur qui se situerait là où le corps dit
« malgré soi » au-delà de toute intrigue ou de toute esthétique, où les mots ne racontent pas d’histoire mais cherchent à dire le réel, où la souffrance et le rire peuvent cohabiter, où ce qui compte avant tout est l’écoute de soi et de l’autre dans l’instant.
Le 17 novembre à 18h à la salle Poirel 

« Hôtel Idéal » par le Cirque Gones 

Les arts du cirque et de la rue sont magnifiques représentés par le Cirque Gones, cirque itinérant basé à Nancy, créé à la suite d’un projet socioéducatif en Afrique de l’Ouest. Il est également la structure organisatrice du festival Michtô qui, chaque année, rassemble des milliers de personnes sous son chapiteau. « Hôtel Idéal » est leur nouvelle création, présenté en avant-première lors de la Semaine de la Création. La troupe la définit comme ceci : « Bonjour et bienvenue à l’Hôtel Idéal. Nous sommes heureux de vous accueillir dans un cadre hors du temps où vous pourrez vous détendre et vous divertir dans une ambiance feutrée et authentique. Notre objectif est celui de vous offrir un refuge merveilleux où la réalité dépasse l’imagination. Le personnel débordant d’attentions est à votre entière disposition et vous ébouriffera par son service millimétré pour l’ensemble de la durée de votre séjour. L’Idéal est un lieu convivial et si les conditions sont réunies vous pourrez rencontrer nos habitués et partager des moments… surprenants. Merci d’avoir choisi Hôtel Idéal, nous vous assurons une expérience unique et inoubliable. »
Le 22 novembre à 20h30 à la salle Poirel 

« Exartikulations » par la Cie Distorsions

Un écran sonore de 5 mètres de haut, constitué de 16 haut-parleurs lumineux, une danseuse muée en instrument chorégraphique, un contrebassiste, un percussionniste : voici les composantes de la pièce « Exartikulations ». Inspirée par la partition dessinée de Rainer Wehinger à l’écoute de la pièce Artikulation de György Ligeti, « Exartikulations » en tire une lecture multiple : instrumentale, gestuelle et électronique. Le corps dansant, incarnant un instrument musical autonome, développe sa propre interprétation. Il interpelle celle des instrumentistes et s’y confronte. L’électronique et la lumière inscrivent dans l’espace ce dialogue. Chacun projette sur la toile de haut-parleurs son interprétation sonore de la partition. Cette vision bouscule la lecture de l’oeuvre initiale et crée une désarticulation du langage. Elle déploie de nouveaux champs à explorer.
Le 23 novembre à 20h30 à la salle Poirel 

Du 14 au 23 novembre
Renseignements et réservation : 03 83 32 31 25 ou poirel.nancy.fr

Photos © arnaud martin, cirque gones, lucile nabonnand, arnaud hussenot, regis bourgignon, dr