
Du 5 au 8 novembre, le festival du Mémorial de Verdun revient avec une deuxième édition consacrée aux traces que l’Histoire laisse dans nos sociétés et dans nos mémoires.
À Verdun, l’Histoire se vit, se partage et se transmet. Pour sa deuxième édition, Passeurs d’Histoire choisit d’explorer ce qui demeure : les blessures humaines, les héritages familiaux et culturels, mais aussi les traces inscrites dans les lieux et les paysages. Après une première édition couronnée de succès, le festival organisé par le Mémorial de Verdun – Champ de bataille déploie quatre jours de rencontres, projections, débats, podcasts, livres, jeux et ateliers, avec une même ambition : rendre l’Histoire accessible sans la simplifier.


© Archives Nationales, Ministère de la Justice
Trois invités d’honneur
Trois invités d’honneur incarnent cette volonté de multiplier les façons de transmettre. Le réalisateur Michel Hazanavicius, l’homme de radio et auteur Philippe Collin et le créateur de contenus Rivenzi croiseront leurs regards avec ceux d’historiens, journalistes, auteurs, artistes et médiateurs. Une diversité qui permet au festival de passer de la salle de cinéma au livre, du podcast à Twitch, de la bande dessinée aux archives ou à la réalité virtuelle.
Le ton sera donné dès le jeudi 5 novembre avec une soirée préambule à Transversales – Église Jeanne d’Arc. L’installation Ce qu’ils ont vu rassemblera 187 dessins d’enfants de Gaza réalisés après le 7 octobre 2023, à partir d’une seule consigne : « Qu’avez-vous vu ? ». Elle accompagnera 3 Saisons et 1 corps, spectacle du poète et ancien champion de karaté palestinien Mohammed Al Qudwa, qui interroge la manière de conserver des traces d’un pays et d’une enfance bouleversés par la guerre.
Vendredi soir, le grand public retrouvera le Cinéma Caroussel pour l’ouverture officielle avec une avant-première très attendue : Badinter, de Pierre Godeau, cinq mois avant sa sortie en salle. Bastien Bouillon y incarne Robert Badinter dans son combat pour l’abolition de la peine de mort. Samedi matin, place au vernissage de Carnets d’Ukraine. Michel Hazanavicius y exposera les dessins réalisés en novembre 2023 lors de quelques jours passés sur le front ukrainien, au contact d’hommes et de femmes engagés dans la guerre. L’exposition restera visible pendant tout le festival.



L’Histoire à portée de main
Passeurs d’Histoire ne se contente pas de raconter le passé : ateliers, visites, jeux et rencontres invitent le public à s’en emparer.
Il sera invité à passer de l’autre côté du micro avec Fanny Cohen Moreau lors d’un atelier d’initiation au podcast, et à découvrir le tirage photographique expérimental à partir d’archives de l’ECPAD. Le public pourra également participer aux ateliers du Comité d’Histoire Régionale : créer une médaille en étain, fabriquer un tract, apprendre à préserver des livres ou découvrir comment on communiquait au front et comment on soignait et réparait les corps pendant la Grande Guerre.
Ailleurs, on pourra poser en costume historique, explorer des images d’archives de l’INA et de l’ECPAD, voyager dans l’Égypte antique, la Grèce ou le monde viking grâce au jeu vidéo et à la réalité virtuelle, ou tester ses connaissances avec le collectif Hérodote.
L’Histoire sortira aussi du cinéma. Le samedi, deux visites reviendront sur les cicatrices de Verdun, du cimetière municipal à la reconstruction de la ville. Le dimanche, les plus jeunes pourront découvrir les fortifications avec Raconte-moi Vauban à Verdun.
En parallèle, pendant tout le week-end, une trentaine d’auteurs et d’autrices – historiens, romanciers, scénaristes ou auteurs jeunesse – seront présents pour des rencontres et dédicaces, de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h.

Une journée pour les professionnels
Le vendredi 6 novembre, le Mémorial accueillera une journée réservée aux professionnels des musées et sites d’Histoire, aux enseignants et aux étudiants. Au programme : réflexion sur le rôle citoyen des lieux d’Histoire, échange autour des collaborations entre institutions culturelles et créateurs de contenus, puis retour sur la nouvelle scénographie du Fort de Vaux, avec ses commissaires Nicolas Czubak et Edith Desrousseaux de Medrano.
Du cinéma au podcast
Tables rondes, projections, masterclass et podcast en direct : les 7 et 8 novembre, les récits historiques se répondront au Cinéma Caroussel.
Le samedi 7 novembre donnera toute sa mesure à la pluralité revendiquée par Passeurs d’Histoire. À 11 h 30, la table ronde La bande dessinée fait des histoires réunira historiens, scénaristes et dessinateurs autour des défis propres à l’adaptation de récits historiques en bande dessinée et des méthodes de travail de leurs auteurs. À 14 h, Philippe Collin prendra le relais pour une masterclass animée par Rivenzi. Producteur deFace à l’Histoire, auteur de documentaires, de bandes dessinées et du roman Le Barman du Ritz, l’homme de radio reviendra sur son rapport à l’Histoire et sur les ressorts de sa transmission.
Le programme se fera plus frontal à 15 h 30 avec Pétain, complice de l’Holocauste. Philippe Collin, Alexandre Doulut et Gaël Eismann confronteront les faits aux débats et récupérations qui entourent encore la figure du maréchal. Suivra la projection de La Vague, de Dennis Gansel, fiction devenue emblématique sur les mécanismes d’adhésion à un régime totalitaire.
À 17 h 30, Michel Hazanavicius retrouvera le critique Laurent Delmas pour un grand entretien consacré à l’Histoire au cinéma, à partir de sa propre filmographie. Puis le podcast passera sur scène : Passion Médiévistes enregistrera en public un épisode consacré aux femmes au Moyen Âge, avec Fanny Cohen Moreau et l’historienne Justine Audebrand. La soirée se terminera par une carte blanche à Michel Hazanavicius, dont le choix de film ne sera dévoilé qu’au dernier moment.

© Fanny Cohen Moreau

Dimanche 8 novembre, le festival élargira encore la focale. Le jeune public découvrira Dounia et la princesse d’Alep, dont la projection sera précédée du court-métrage réalisé par les CM2 de Chevillon-sur-Huillard, lauréats de l’appel à projets Traces et échos de Verdun. La matinée donnera également lieu à une table ronde consacrée aux cicatrices de l’Histoire coloniale avec Pierre Singaravélou et Colette Zytnicki. Rivenzi disposera à son tour d’une carte blanche consacrée aux « silences de l’Histoire », en compagnie de Justine Audebrand, Christian Ingrao et Claire Bourhis-Mariotti.
L’après-midi poursuivra ce travail sur les traces avec Les Suppliques, documentaire de Jérôme Prieur fondé sur les requêtes adressées entre 1940 et 1944 par des Juifs ou leurs proches au Commissariat général aux questions juives. À 17 h, changement d’échelle avec une table ronde consacrée à la crise sidérurgique lorraine et aux marques qu’elle a laissées sur le territoire et dans les mémoires.
Deux avant-premières fermeront le festival. D’abord Congo Boy, de Rafiki Fariala, qui suit à Bangui le parcours d’un jeune réfugié congolais de 17 ans qui rêve de musique. Puis Verdun 300 jours, 300 nuits, de Mickaël Gamrasni, documentaire programmé l’année du 110e anniversaire de la bataille qui s’appuie sur des témoignages rares de soldats et de civils – portés notamment par la voix de Benoît Magimel – et sur un dispositif d’effets visuels immersifs. Une manière de refermer le festival là où il a commencé : sur la question de ce que l’Histoire laisse derrière elle.



→ Du 5 au 8 novembre 2026 • Week-end grand public au Cinéma Caroussel, à Verdun • Animations, espace livres, tables rondes et ateliers gratuits ; certaines projections payantes, au tarif de 6 € • Réservation fortement recommandée • Infos et réservations : memorial-verdun.fr.
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