Michtô, le festival qui cultive l’art du pas de côté

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Famille Goldini © Michaël Noiville

Depuis 2006, le festival nancéien cultive joyeusement le goût du pas de côté. Alors pour sa 20e édition, Michtô ne change pas les ingrédients. 9 jours pour célébrer deux décennies d’une aventure artistique et collective. Le cirque y tient une place de choix mais il partage volontiers la piste avec le théâtre, la danse, la musique, la performance et toutes ces formes hybrides. Dès le 16 octobre, le ton est donné avec Tu me reconnais, de Diane Bonnot. Seule face au public et à un micro, l’artiste explore cette relation étrange de celui qui regarde et celle qui se donne à voir.

Le week-end promet aussi quelques détours réjouissants. Le 17 octobre, Hune, de la compagnie Paon dans le Ciment, transforme un escalier en véritable terrain de jeu. Théâtre, danse et musique live racontent une jeunesse qui habite les cages d’escalier, entre disputes, réconciliations et moments de grâce. Le lendemain, Fidji propose l’univers d’un personnage aussi mordant qu’attachant, quelque part entre stand-up, conte et cirque.

Et puisque Michtô ne serait pas tout à fait Michtô sans musique. Le 18 octobre, Super Parquet promet de faire danser le chapiteau. Le groupe auvergnat mélange musiques traditionnelles, machines et sonorités électroniques dans une sorte de transe joyeusement contemporaine. Un concert gratuit qui résume à lui seul l’esprit du festival : prendre des éléments que tout semble opposer et voir ce qu’ils peuvent produire ensemble.

Un festival aussi entre les représentations

La deuxième partie du festival réserve elle aussi son lot de curiosités. Le 22 octobre, les plus jeunes pourront découvrir Distraction(s), un « nouveau cirque de salon » où un vieux couple transforme son quotidien et ses objets en terrain de jeu. Le même soir à 23h, changement radical d’ambiance avec Jonas Stax, pour une plongée gratuite dans l’électronique expérimentale, l’improvisation et le bruitisme.

Les 23 et 24 octobre, Inertie, de la compagnie Underclouds, promet une image forte de cette édition : une sculpture mobile géante mise en mouvement par deux funambules. Une rencontre entre cirque, sculpture et musique, où l’équilibre côtoie sans cesse le déséquilibre.

Mais réduire Michtô à ses spectacles serait passer à côté de l’essentiel. Le festival se vit aussi entre les représentations. On y mange, boit, fabrique, discute de tout et on s’initie au cirque, au funambule, à la sérigraphie, à l’écriture et on met la main à la pâte à la friterie solidaire.

20 ans après ses débuts, Michtô continue ainsi de défendre son identité. Il suffit juste de faire le pas de côté et de se laisser emporter. Baptiste Zamaron