Dillip Jindal : un savoir-faire précieux

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Depuis mars 2010, la boutique « Saga » rue St Dizier à Nancy, est un écrin pour les créations de Dilip Jindal, lapidaire Indien, qui propose des créations originales en pierres naturelles. Rencontre avec cet artisan passionné.

En franchissant le seuil de la boutique, quelques notes de musique traditionnelle indienne résonnent aux oreilles du visiteur et des effluves d’encens viennent chatouiller ses narines. Ses yeux sont ensuite attirés par les pierres, des toutes tailles et couleurs, montées en colliers, bagues ou bracelets, dont le magasin regorge. Il est accueilli par le maître des lieux, Dilip Jindal. Calme et souriant l’artisan raconte son parcours peu commun avec simplicité et le sourire. « Ma famille habitait dans le même immeuble qu’un lapidaire, qui taillait les émeraudes dans son atelier. Petit j’allais le voir et après avoir passé des heures à l’observer j’ai eu envie de faire la même chose que lui. La pierre, sa couleur verte m’a tout de suite attiré », explique Dilip Jindal. Bien que très jeune, il a conscience des difficultés financières auxquelles ses parents doivent faire face et après mûre réflexion, décide de travailler et d’ aller apprendre le métier auprès de celui qui est devenu « son maître ». Et chaque jour, il se rend dans l’atelier et s’exerce patiemment à l’art délicat du taillage des pierres. « J’ai commencé avec de toutes petites pierres, c’est un travail très minutieux avec très peu d’outils, une meule, un bâton sur lequel la pierre est fixée avec du ciment. »

Dans sa boutique-atelier Dilip Jindal taille des pierres naturelles et crée des bijoux uniques tel ce spectaculaire collier constitué de 200 chrysoprates et qui a nécessité un mois de travail.  ©Alexia Belucci

Des pièces uniques

Dilip est si doué qu’au bout d’un an et demi il est au même niveau que les autres lapidaires de l’atelier. Très vite passe d’ateliers en ateliers gagnant en expérience et se sent prêt à se lancer. « J’ai emprunté 3000 roupies à la banque, pour acheter des outils  et j’ai ouvert mon atelier .» Émeraudes, saphirs, rubis, mais aussi grenats, turquoises, topazes… Dilip exécute avec minutie et passion les commandes de ses clients. Mais après quelques années il désire plus…  « C’était un peu frustrant de ne pas aller au bout de la démarche créative, de ne pas savoir ce que les pierres devenaient, une fois taillées. » Très vite ses créations se vendent à Mumbai et New Delhi où elles tapent dans l’œil de clients étrangers. Des pièces spectaculaires, colliers-plastrons, bagues imposantes, bracelet-manchettes, montées sur bronze ou argent où se mêlent influences indiennes et européennes. Qui s’exportent en Espagne, Italie, aux Etats-Unis et en France. Qu’il découvre lors de ses voyages d’affaires et où il décide de s’installer avec sa famille en 2008. « J’aime la France car c’est un pays où les gens sont sensibles à l’art et sont très réceptifs à mon travail .»Il ouvrira une première boutique de produits indiens avec son épouse avant de s’installer en mars 2010. Dilip Jildan, peut créer ses bijoux tout en  prenant le temps d’accompagner ses clients dans leur choix. « J’apprécie beaucoup de pouvoir d’être en contact direct avec mes clients, pour qui je réalise des pièces uniques. » Tout comme le parcours de cet homme au savoir-faire précieux.