
Réinstallée rue Saint-Nicolas, Les Tatas fringueuses défendent depuis plus de dix ans une mode artisanale, créative et profondément humaine.
Les Tatas fringueuses entament leur onzième année d’activité à une nouvelle adresse. Le collectif a quitté son local de la rue des Sœurs Macarons pour s’installer au 27 rue Saint-Nicolas. « Le lieu a changé, mais l’esprit reste exactement le même », sourit Claudine Henry, créatrice derrière la marque La Clo. Avec Sandra Bernard, fondatrice de Pirouette Cacahuète, elle fait vivre ce projet collectif depuis ses débuts. Toutes deux ont lancé leur propre marque il y a une vingtaine d’années avant de mutualiser leurs forces autour d’une boutique-atelier. Elles ont été récemment rejointes par Cathy Théry, modiste spécialisée dans les chapeaux sur mesure.
Dans cette boutique hors norme, les clientes ne viennent pas seulement acheter un vêtement. Elles poussent la porte d’un atelier vivant, où tout peut encore être ajusté, modifié ou imaginé ensemble selon les envies ou les morphologies. « On travaille vraiment à la carte. C’est notre signature, et ce qui fidélise autant nos clientes », explique Claudine Henry.
L’approche séduit des profils variés : des consommactrices cherchant à sortir de la fast fashion pour privilégier des vêtements durables ; des collectionneuses de pièces uniques fabriquées localement et en petites séries. Et puis des femmes pour qui s’habiller rime avec confort, originalité et affirmation d’un style, et d’autres qui ne peuvent tout simplement pas s’habiller dans les boutiques de prêt-à-porter classiques. « Trop grandes, trop petites, trop rondes… Ces femmes viennent chez nous et se disent « Enfin un endroit où je trouve quelque chose qui me ressemble. » »





Création sur commande
Les modèles évoluent au gré des inspirations, des voyages, des matières ou des échanges avec les clientes. « Elles nous poussent vers des idées auxquelles on n’aurait jamais pensé, et nous obligent à sortir de nos habitudes. » Certaines commandes emmènent même les créatrices sur des terrains inattendus : tenues de cosplay inspirées de mangas, pièces uniques pour des cérémonies ou encore robes de mariée réalisées sur mesure par Sandra Bernard.
Claudine et Sandra assurent à tour de rôle l’accueil de la boutique, où a lieu une partie des ajustements et des retouches. « Ici, c’est un peu comme chez le boulanger : les produits sont frais. Parfois, un pull est tout juste terminé qu’il est déjà vendu », s’amuse Claudine Henry.
En parallèle, Les Tatas fringueuses continuent également de sillonner les événements régionaux. Foire Expo de Nancy, Foire de Metz, salons des métiers d’art : des rendez-vous indispensables pour faire connaître leur travail. « Aujourd’hui, on ne peut plus vivre uniquement grâce à une boutique. Il faut aller vers les gens, montrer ce qu’on fait, expliquer notre démarche ». Ce qu’elles font, de la plus belle des façons.































