Vocation : courir sur des légendes

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Binôme moteur de l’association Courir sur des légendes, Bertrand Harter et Ludivine Ah-Thon offrent aux coureurs et trailers passionnés de Nancy (et d’ailleurs) des parenthèses sportives et enchantées.

A la tête d’une société d’événementiel sportif, Bertrand Harter et Ludivine Ah-Thon forment, vis-à-vis de Courir sur des légendes, un binôme particulièrement complémentaire : à lui le terrain, le tracé des courses, à elle, salariée de l’association qu’il a fondée, l’administratif, le montage des projets. Ancien kiné, responsable des séminaires à l’ICN Business school, Bertrand Harter préside cette association sportive depuis sa création en 1988.

Sport et convivialité

C’est en 1987 que tout commence… Bertrand Harter, coureur globe-trotter, effectue une course en Chine. Couvert de sponsors, il y retourne l’année suivante avec des amis, élan collectif structuré en association, pour plus transparence. Petit à petit, l’association organise des courses qui trouvent leur public et fait ponctuellement de ces moments sportifs et conviviaux des souvenirs de voyage. Mexique, Cuba, Thaïlande… Les compagnons de foulées parcourent les terrains les plus éloignés, faisant fi des conditions météo. Pour Bertrand Harter une seule chose compte : garantir à ses partenaires un niveau de sécurité suffisant.

Parallèlement, présente sur tous les fronts, l’association se spécialise, en local, dans les courses insolites et lance le Trail blanc des Vosges. Emblématique, le rendez-vous a résisté à la pandémie. Son édition 2022 aurait dû avoir lieu le dernier week-end de janvier mais l’incendie de l’hôtel qui accueille habituellement la logistique de la course aura eu raison d’elle. Résultat : l’épreuve enneigée qui attire chaque année dans les Vosges près de 2000 coureurs est reportée d’un an.

Autres événements rituels : Nancy Riv’Action, raid devenu course à obstacles aux 1500 à 2000 participants (la prochaine édition aura lieu le 5 juin prochain) et le Trail des lumières, organisé de nuit à Villers-lès-Nancy.

Une nouveauté

Encouragé par les restrictions sanitaires à développer ses actions en local, le couple a imaginé un nouveau concept, qu’il expérimentera pour la première fois le 6 mars prochain. Sur le modèle d’un Rallye automobile, le rallye trail de Villers-lès-Nancy proposera à ses participants un circuit d’une vingtaine de kilomètres et, à l’intérieur de ce circuit, 4 spéciales chronométrées, soit quatre petits parcours (entre 1,6 et 7 km) dont les temps enregistrés au cumulé définiront le classement final. Pas question, pour autant, de relâcher son effort sur les parties non compétitives du parcours ! Car il s’agira bien, pour espérer gagner, de boucler la course tout en respectant le créneau horaire imposé… Pimenté, ludique, ce nouveau format ne va pas sans ses difficultés. « Il faudra réussir à garder de l’influx pour chaque spéciale à venir », prévient Bertrand Harter. Pour résumer : accélérer d’accord, flamber non !

Au départ de cette course l’on retrouvera, invariablement, des personnes « aimant courir dans la nature » et, comme à chaque fois, de vrais compétiteurs à l’œil rivé sur le chrono. Mais la majorité des coureurs présents seront venus courir avec ou contre eux-mêmes. « Nos courses sont de vraies courses avec classement mais il y a toujours, derrière, l’idée de se faire plaisir en courant dans des endroits nouveaux. L’aspect convivial est très important et courir n’est même, pour certains, que le prétexte à se retrouver ». Par deux fois, le protocole régissant l’accès aux dossards a changé. Des mesures un temps en vigueur ne subsistent, à l’heure où l’on écrit cet article, que la nécessité d’un pass sanitaire valide et l’absence de douches, de consigne et de vestiaires. L’association se chargera, en cas de nouvelles annonces de la Préfecture, de les communiquer aux participants.

A ces trails rituels s’ajoutent les escapades conduites à l’autre bout de la planète et dont le tracé nécessite, de la part de Bertrand Harter, plusieurs déplacements en amont. Prochain événement de ce type, retardé pour cause de pandémie : une course au sein d’un site archéologique grec situé en Albanie, à la découverte, comme imposé par la charte de l’association, des cultures et légendes locales… Un retour au Mexique est également dans tous les esprits.

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3 questions à Bertrand harter

Président de Courir sur des légendes

Comment choisissez-vous vos destinations ?

L’Albanie, je l’ai découverte dans le cadre de mes fonctions à l’ICN business school. C’est un pays très sympathique, très peu touristique, regorgeant de pépites archéologiques. Plus généralement, j’aime raccrocher chaque course à une histoire. Notre charte m’impose d’ailleurs de « courir sur des légendes »…

Êtes-vous généralement bien accueilli par les autorités locales ?

Que ce soit au Mexique, au Guatemala, à Tahiti, en Thaïlande, il a suffi que je présente mon projet pour que toutes les portes s’ouvrent ! Les pays visités sont généralement ravis de l’image que nous donnons à voir, une image authentique, loin de la carte postale. A Cuba, le Ministre des sports s’est même invité pour remettre les prix à l’arrivée de la course ! Mais ces activités m’ont également déjà valu de passer pour un espion à Cuba, de me retrouver sans papiers en pleine URSS… aventures dont je garde la trace écrite pour mes enfants.

Quand on court dans de si beaux lieux prend-on le temps de regarder autour de soi ?

L’objectif est, pour moi comme pour beaucoup d’autres coureurs, de simplement finir le parcours. Nous sommes là pour profiter de l’instant. Nous discutons en avançant, nous nous arrêtons pour souffler, pour prendre des photos… Participer à la grandiose Diagonale des fous à La Réunion sans en garder un souvenir visuel aurait été… fou !

Plus d’infos : www.courirsurdeslegendes.fr
Photos © L'Impala photographie, Photossports, DR