Jardin Botanique : 50 ans au cœur du vivant

2
Chapelle Sainte Valérie © JBN

En ce début d’automne, le Jardin botanique Jean-Marie Pelt multiplie les invitations à regarder autrement le monde vivant, alors que débutent les célébrations de ses 50 ans.

Difficile de prétendre avoir fait le tour du Jardin botanique Jean-Marie Pelt, tant le site cultive l’art de surprendre son public. En cette rentrée, plusieurs expositions y cohabitent et émerveillent, d’un même mouvement, petits et grands visiteurs.

Derrière ces images se cache un travail au long cours. Photographe naturaliste professionnel depuis l’âge de 17 ans, Guillaume François a consacré vingt années de terrain et plus de 3 000 jours d’affût au projet dont est issue l’exposition. Son sujet central, le lynx boréal, l’accompagne depuis l’enfance. Cette immersion a donné naissance à un livre publié en 2024 ; elle rappelle aussi qu’au Jardin botanique, la préservation du vivant ne s’arrête pas au monde végétal.

Herbier, banquet et bergamote

Une autre exposition fait dialoguer passé et présent. Avec « Sentiers botaniques de Lorraine : herbier photographique », visible elle aussi jusqu’au 11 octobre, Carole Renard est partie des collections scientifiques conservées au Jardin botanique – des planches d’herbiers des XIXe et XXe siècles, notamment constituées par Dominique-Alexandre Godron, Victor Desnos et Roger Balay – pour mener un véritable travail d’enquête et d’exploration. 

Guidée par les indications laissées sur ces documents, l’artiste photographe est retournée sur les lieux où les plantes avaient autrefois été récoltées, à Nancy et dans son agglomération, pour tenter de retrouver les mêmes espèces. Elle les a ensuite photographiées à l’aide du photogramme et du cyanotype, deux procédés anciens faisant directement intervenir la lumière. Au-delà de leur dimension esthétique, les œuvres, présentées sous forme de diptyques, racontent un territoire qui s’est transformé et questionnent ce qui, dans ses paysages, demeure ou disparaît.

La photographie est également au cœur de « Banquet d’images », à découvrir jusqu’au 7 octobre dans la chapelle Sainte-Valérie, au sein de l’Alpinum. Quatorze étudiantes et étudiants de première année de l’option Art de l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy y interrogent notre rapport à l’alimentation et, plus précisément, à la consommation des plantes. Sous la conduite d’Andrea Keen, professeure de photographie à l’Ensad Nancy, ils envisagent l’acte de manger comme un geste qui dépasse largement la nécessité de se nourrir : nos assiettes parlent aussi de cultures, de valeurs, de rites, d’identités et de convictions.

Enfin impossible, en cette année 2026, de passer à côté d’un autre végétal intimement associé à Nancy : la bergamote de Nancy. À l’occasion des 30 ans de son Indication géographique protégée, le Jardin botanique consacre une exposition à cet agrume à l’histoire singulière. « Mystérieuse bergamote », présentée jusqu’au 30 juin 2027, remonte aux origines du fruit et explore aussi bien sa botanique que ses usages. La découverte se prolonge avec un nouveau parcours pédagogique consacré aux biomolécules et aux agrumes. Destiné aux élèves des cycles 3 et 4, il mêle ateliers pratiques, découverte des molécules issues des plantes, visite de l’exposition et exploration des serres tropicales.

Cinquante ans au Montet  

Mais cet automne marque aussi et surtout le début d’un anniversaire important : les cinquante ans du Jardin botanique au Montet.

En 1976, la Ville de Nancy et l’Université de Nancy I s’associent au sein des Conservatoire et Jardins botaniques de Nancy, qui regroupent alors le jardin historique de la rue Sainte-Catherine, le Jardin d’altitude du Haut Chitelet et le nouveau Jardin botanique du Montet. Devenu Jardin botanique Jean-Marie Pelt en 2016, il est aujourd’hui cogéré par la Métropole du Grand Nancy et l’Université de Lorraine.

Lancées à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, les festivités se prolongeront jusqu’en 2027. Première étape : une exposition photographique retraçant l’évolution du site à partir d’agrandissements de clichés anciens pris lors de sa création. Visible jusqu’à la fin décembre, elle précède d’autres rendez-vous, parmi lesquels un événement festif annoncé courant 2027.