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Y a quoi, l’IA ?

L’intelligence artificielle générative effraie autant qu’elle intéresse, interroge autant qu’elle fascine. On (précisons que c’est un « on » générique) l’utilise pour s’informer, résumer, comparer, planifier, s’organiser, automatiser, analyser. On lui délègue ce qu’on peut pour gagner du temps sur l’important.

En trois ans de ChatGPT dans nos foyers, l’IA s’est immiscée dans tous les interstices de nos vies, comme un assistant toujours happy même sans CDI. Un collaborateur dispo quand on le sollicite, qui ne s’invite pas sans y être invité, qui est poli (obséquieux), conciliant (complaisant), d’humeur égale, performant (mais faillible), exhaustif (trop). Un partenaire idéal, rassurant, réconfortant, dont certain·e·s se servent comme d’un psy.

Ce qui lui manque, à ce psy 3.0 ? Une âme, de la sensibilité, de l’empathie, du cœur. Bref, l’essentiel.

Qui n’en manque pas, d’âme, de sensibilité, d’empathie, de cœur ? Les êtres de chair, de sang et d’os qui peuplent les pages de ce numéro – comme celles du précédent, et celles du suivant. Il n’y a pas plus humain que Terra Loreina II, nouvelle création de Damien Fontaine aux 400 participants bénévoles. Ou que le Marché de potiers et ses faiseurs de merveilles (et autant de pièces uniques).

L’IA ne vous sera par ailleurs d’aucune utilité pour profiter comme il se doit de la Fête médiévale de Liverdun, des Francofolies d’Esch sur Alzette, d’une escapade en Meuse entre nature et culture ou du Bon Moment de L’Autre Canal-L’Ostra.

L’IA sera persona non grata à Rando Moselle, aux Journées de l’Art nouveau ou chez Bol d’Air.

Fait pas si bon être une IA.

Cécile Mouton