Rues et Cies : un doux charivari

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Chaque année le spectacle recommence. Les rues d’Épinal se remplissent de promeneurs. Les compagnies se succèdent. Les 10, 11 et 12 juin prochains, Rues et Cies revient pour la 33e fois. Et on en redemande !

Se promener au cœur de la Cité de l’Image au moment du festival Rues et Cies revient parfois à s’arrêter sous le tilleul du « Café du Canal » chanté par Pierre Perret : « ici on peut apporter ses baisers ». Mais au lieu de les conserver pour une amourette, le public les gardent en son cœur, les fait pétiller dans ses yeux pour ensuite les offrir aux comédiens ou acrobates qui les ont fait sourire ou pleurer. Pour la 33e fois, il en sera de nouveau ainsi. Les palpitants vont faire des bonds. Les zygomatiques, une séance de gymnastique intensive. Et Épinal va chavirer.

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Pépites en série

Héritier du festival de Colportage, estampillé Rues et Cies depuis 1995, ce festival des arts de rue fait désormais référence dans l’est de la France et nombre de troupes cherchent à mettre leur grain de sel dans une de ses éditions. Cette année encore, de belles pépites attendent les spectateurs parmi les 37 compagnies présentes, in ou off. Dès 18h sur la place des Vosges, les Lorialets déboulent avec « Les Crieuses Publiques », une représentation menée à bout de voix par Victoria Delarozière et Frédérique Voruz, qui, quand elles ne chantent pas, lisent les messages anonymes de spectateurs. Fred Tousch et Laurent Mollat revêtiront pour leur part la robe, d’avocat spécialisé dans les affaires iconoclastes pour l’un et de greffier musicien pour l’autre. De maître tout court à maître du monde il n’y a qu’un pas. Les ambitieux pourront toujours aller se former auprès de Marc-André Urbain, un coach très spécial issu des « Décatalogués ». Grâce à cinq stratégies de sa composition et seulement en une heure, ils sauront ainsi régner sur la planète. Le chorégraphe Willi Dorner mettra l’accent sur un art collaboratif et se pliant à l’espace urbain avec l’aide de sportifs et danseurs amateurs de la région. Un ballet coloré viendra animer la ville.

Cie Les Lorialets (2)

Lâchés dans la nature

Dans « Autorisation de sortie », quatre énergumènes délivrent leur perception fofolle d’un tour de chant tout en « pouët pouët » et « tagada tsouin tsouin ». La musique adoucie les mœurs et dans cette optique les passants en auront pour leur compte. En sus de la fanfare funk et dépoussiérante les « Traînes savates », ils se laisseront envoûter par une réadaptation du joueur de flûte d’Hamelin. Une nuance tout de même : les rats ont pris des OGM, bien nourris par la compagnie espagnole « Campi Qui Pugui ». Sur le parking de la Louvière, une scène de famille fait vibrer les oreilles, chacun s’invective, se dit ses vérités… Sauf que les huit membres de cette assemblée un peu folle sont joués par une seule et même personne : la talentueuse et énergique Marie-Magdeleine. Le spectacle « la Famille vient en mangeant » de la Cie Mmm est à déguster froid, comme la vengeance, mais relevé. Enfin ceux qui avaient aimé les No Tunes International, avec « T’as d’la chance d’être mon frère », les retrouveront avec joie dans « Rendez-vous », un parcours déambulatoire tendre et drôle en hommage à un ami disparu. Rues et Cies nous fait toujours vibrer. Une avalanche de baisers à distribuer.

Pour tous renseignements, rendez-vous sur le site epinal.fr ou contactez Isabelle Sartori : 03 29 68 50 23 (03 29 64 21 84 pendant le festival) [email protected]

Publi-reportage • Photos © DR