William Laureau : un cœur Nature

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Son nom est indissociable du beau Jardin de la Pichée à Manonville. Rencontre avec un passionné qui, à force de temps, de courage et de passion, a su rendre toute sa beauté au domaine. Pourquoi ? Pour transmettre son amour et son respect de la Nature.

Derrière un homme se cache parfois une œuvre titanesque, un travail considérable. C’est le cas pour William Laureau qui se consacre à plein temps au Jardin de la Pichée à Manonville. C’est à peine si l’on se rend compte, lorsque l’on visite les lieux, du travail accompli. Tout semble à sa place. L’eau coule tranquillement. Et pourtant ! Quand on compulse les albums photos, on se rend compte des efforts déployés. Efforts au moment du rachat en 1998 ; efforts après la terrible tempête de 1999. « Au final, c’était un mal pour un bien, nous confie William Laureau, mais sur le coup, j’en ai pleuré. Tous ces arbres abattus… Et puis finalement, la Nature s’est chargée d’épurer. Elle a repris ses droits ». Belle leçon d’humilité !

Jardin de la Pichée a

Un coup de cœur

William Laureau et son épouse achètent le grand jardin (plus de 15 000 m²) de la Pichée en 1998. L’idée de départ est d’en faire un beau jardin d’agrément privatif pour la famille et les amis. Le jardin n’est pas en très bon état, la faute à un entretien négligé au cours des décennies précédentes. Qu’à cela ne tienne ! William Laureau travaille sans relâche, remet en état le ruisseau, réaménage dans la linéarité une pièce d’eau, creuse un puits, etc. « Je me suis réapproprié petit à petit le jardin. Les valeurs ont été retrouvées » précise-t-il.
La tempête de 1999 éprouve durement les arbres du parc, notamment les résineux. Loin de baisser les bras – et pourtant il y aurait eu de quoi – William Laureau saisit cette chance de remettre à plat tout le jardin. Les bois récupérés servent à la construction d’une cabane africaine.

Jardin de la Pichée b

L’ouverture au public

En parallèle, William Laureau sent bien que son jardin ne sera vraiment complet qu’avec l’ouverture à tous. Pourquoi ? Parce que, dit-il, quand la Nature donne quelque chose, on ne doit pas le garder seul, on doit le partager. Ce partage permet de protéger et de transmettre des savoirs et des connaissances.
Plusieurs saisons sont nécessaires pour remettre en état le jardin et laisser la Nature prendre ses marques. L’ouverture au public a lieu en 2007. L’engouement des visiteurs est fulgurant ! Le Parc Naturel Régional de Lorraine et le Conseil Général s’intéressent aussi à la démarche peu commune de William Laureau. Aujourd’hui, il est un messager du parc auprès des groupes et des scolaires du primaire et du secondaire. Ses connaissances des plantes invasives, médicinales, aromatiques, des oiseaux, etc, sont l’occasion de partages passionnants. Le support de ses (in)formations ? Son jardin et toute la variété de faune et de flore qui s’y trouve ! Néfliers, cognassiers, pommiers, mirabelliers pour ne citer que quelques fruitiers. Plus les ornementaux tels que callicarpas ou spirées. Au total on dénombre plus de 250 variétés de fleurs vivaces, 25 essences de fruitiers, etc.

Jardin de la Pichée c

Pour la Nature en Fête, le Jardin de la Pichée accueille, de 10h à 19h, une trentaine d’artisans lorrains dont les œuvres sont toutes en rapport avec la Nature ! On vous proposera également des confitures des fruits du jardin. L’argent récolté par la vente de ces dernières permettra de payer la nourriture (400 kg de margarine et tournesol) pour les oiseaux l’hiver prochain. Rappelons que le jardin avec ses 56 nichoirs est labellisé Refuge LPO.

Les Jardins de la Pichée, 03 83 31 25 97 / 06 70 72 96 [email protected] • www.manonville.fr.gd • Parking et entrée gratuite.