Les citoyens face aux transformations du monde

324

Depuis 2015, l’Université Populaire et Participative de Vandoeuvre accueille tout un chacun dans un programme de cours, conférences et ateliers pour s’interroger sur les transitions sociétales et environnementales d’aujourd’hui. 

Notre objectif est d’apporter le meilleur du monde universitaire à des populations qui n’ont pas ou n’ont pas eu facilement accès aux études. » Denis Grison est le fondateur et président de l’Université Populaire et Participative de Vandoeuvre (UP2V). Avec un constat : celui de la crise multiforme (environnementale, sociale et politique) que connaît le monde aujourd’hui.
La première fois qu’une université populaire avait fait son apparition dans l’agglomération, c’était en 1876, à Nancy, sur fond de querelles liées à l’affaire Dreyfus. C’est cette même université qui donnera plus-tard naissance à l’école de Nancy. Du côté de Vandœuvre, c’est presque cent quarante ans plus tard qu’est née cette UP2V, en 2015. « Au 19e siècle, la science était synonyme de vérité, de lumière qui éclairait le monde. Aujourd’hui les choses sont plus complexes : la science, plus que jamais nécessaire, n’a pas toutes les clés. Chacun d’entre nous est appelé à s’impliquer. Notre volonté, à l’UP2V, est une volonté citoyenne de ne pas laisser se défaire notre monde, mais d’impulser et d’accompagner les changements nécessaires. » En clair : être acteur d’une « transition ». 

Lieu de partage

Dans la tradition de l’éducation populaire, l’accès à l’UP2V est ouvert à tous, tout au long de l’année, sans condition d’âge ou de diplôme. « Elle est aussi participative, et c’est très important » souligne Denis Grison. « C’est un lieu de partage, d’écoute entre citoyens dans lequel nous cherchons tous ensemble des solutions, en confrontant nos points de vue. » L’UP2V est également « l’université de la transition », inspirée du mouvement de société baptisé « villes en transition. » Ce mouvement a vu le jour en Grande-Bretagne en 2005, à Totnes, sous l’impulsion de Rob Hopkins. Il est constitué de rassemblements de citoyens qui ont la volonté de se retrouver pour tenter de changer nos modes de vie et d’inventer un nouveau modèle de société, moins consumériste et plus coopératif. « Il a aidé à impulser des initiatives comme les AMAP, l’utilisation d’une monnaie locale. Ça se traduit également avec le « Plan B » à Nancy qui œuvre pour l’écologie. » 

Cours participatifs, ateliers « La Fabrique de la Transition » 

Au sein de l’UP2V, la réflexion se concentre donc autour de la transition à mettre en place : celle qui peut conduire à un monde plus harmonieux dans ses rapports à la nature et à un monde plus juste (qui prenne en compte le point de vue de chacun et recherche le bien pour tous). « C’est pourquoi nous faisons appel à des experts, des spécialistes pour des cours, des conférences et des ateliers. L’objectif est toujours de confronter nos opinions et d’amener les participants à s’engager pour construire, collectivement, une action fédérative et innovante. » 

Au programme de l’UP2V, il y a des cours participatifs donnés au Château du Charmois. En 2020, deux thèmes sont proposés : « économie de la transition » et « philosophie de la transition. » Cela représente une dizaine de rencontres par an. « Les gens peuvent s’inscrire en cours d’année et ne pas être perdus dans le programme puisque chaque cours aborde une thématique différente. » À raison d’une fois par mois, les citoyens peuvent aussi participer à un atelier « La Fabrique de la Transition ». Il s’agit-là de travailler ensemble pour étudier et comprendre une question, en faisant appel, si besoin, à des spécialistes, puis de déboucher sur des propositions concrètes et des actions de terrain. « Cet atelier nous a, par exemple, permis de travailler sur un pédi-bus pour les écoliers de la ville de Vandoeuvre, qui vont donc à l’école à pied, mais aussi sur des journées organisées spécialement pour les lycéens. Cet atelier est une concentration d’idées, qui donne la possibilité aux participants de faire une enquête de terrain et de mettre en place des actions concrètes. »

Prochaine conférence le 12 mai 

Des actions concrètes justement, l’UP2V en organise deux majeures par an : la « Fête des lumières » d’une part (prévue fin mars cette année mais reportée à une date ultérieure). Elle est l’aboutissement du « projet Coppens » entrepris par l’UP²V en partenariat avec l’Espace Coppens et de nombreux partenaires. Entre exposition, concert, déambulation… le thème 2020 sera « nature en ville ». D’autre part, la « Fête du vélo » s’adresse, elle, plus aux jeunes. Cette journée est destinée à encourager l’usage du vélo dans les déplacements urbains, réalisée en partenariat avec le Lycée Callot. 

« J’attire l’attention sur le fait que notre université est basée à Vandoeuvre mais nous œuvrons dans toute la métropole car nous avons des citoyens venant des villes alentours. » Toujours dans cet optique d’échange, l’UP2V donne rendez-vous à qui le souhaite à sa prochaine conférence : « Nous sommes tous des enfants de migrants », donnée par Gérard Noiriel, le 12 mai prochain. Pauline Overney

Renseignements : [email protected] • Cotisation pour adhésion annuelle : 5 €
Programme cours, conférences et ateliers : up2v.org


Photos © ville de vandoeuvre, dr