Eaux divines

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Aquagym Bains-les-Bains - Crédits Corentin Mossière
Aquagym Bains-les-Bains © Corentin Mossière

En 2013, les stations thermales lorraines ont attiré à elles 27 249 touristes, venus de France et d’ailleurs pour profiter des vertus thérapeutiques de leurs eaux. Autant dire que la région, pour faire rouler son tourisme, peut compter sur le moteur hydraulique. Lorraine Magazine vous propose donc un tour d’horizon du thermalisme en Lorraine.

La faute aux Romains

Avant la construction des grands édifices thermaux au XIXe siècle, de nombreuses sources étaient déjà appréciées dans l’Antiquité pour leurs bienfaits. Les thermes actuels en sont les héritiers.

Dans la bande dessinée de Goscinny et Uderzo, les Gaulois intrépides Astérix et Obélix ont de nombreuses raisons de se battre contre l’envahisseur romain à coup de baffes et de potion magique. Une seule aurait pu les inciter à fraterniser : le développement des thermes. Car les Romains ont brillé par leur maîtrise de l’eau.  Aqueducs, fontaines, puits, égouts, l’eau est un bien précieux qu’il faut à tout prix canaliser et assainir. Dans l’antique cité lorraine de Divodorum (actuelle ville de Metz), à partir du IIe siècle après J.C, ils mettent en place des bains publics alimentés en eau par l’aqueduc de Gorze. Les thermes romains se basent sur un même système dans lequel les « baigneurs » alternent bains chauds (caldarium), tièdes (tepidarium) et froids (frigidarium), sans oublier le « sudatorium », ancêtre des saunas et hammams. Mais qu’ont fait Caius Bonus et ses concitoyens des eaux de Vittel, Contrexéville et de toutes ces stations thermales lorraines connues aujourd’hui ?

Entrée du centre © Vittel les Thermes

Les thermes, un système antique

De façon générale, la construction de thermes s’est systématisée dans toutes les villes de l’Empire romain. Mais parfois la découverte de sources chaudes entraîne la construction d’infrastructures thermales, puis urbaines, comme à Plombières-les-Bains. Il y a 2000 ans,  les Romains y créent une première station dont il reste encore des traces. Malgré tout, en France, la mode des thermes n’est relancée que sous Napoléon III, très friand de cures. En 1858, l’empereur des Français ravive la station de Plombières-les-Bains en y faisant bâtir ses propres installations. Bains-les-Bains, Contrexéville, Vittel suivent aussi ce mouvement de renaissance. Depuis les domaines thermaux ne cessent de se moderniser, alliant cures thérapeutique et soins de bien-être. Mais au-dessus des bains bouillonnants et des douches à jet, un esprit flotte toujours et encore : celui d’un envahisseur romain, finalement pas aussi bête et méchant que le Jules César d’ « Astérix et Obélix ».

Vittel, Amnéville, Bains-les-Bains, Contrexéville et Plombières-les-Bains, les curistes ont l’embarras du choix en Lorraine. Et bien que dans chaque station le peignoir blanc soit de rigueur, chacune vus fait vivre une expérience différente. Lorraine Magazine vous aide à faire votre choix avec une carte d’identité des thermes de notre région.

Villa Pompei 1 © Victoire Saint Vincent

Amnéville

Début de la saison thermale : 23 février 2015.

Orientations thérapeutiques des cures proposées : problèmes rhumatologiques, séquelles ostéo-articulaires et troubles des voies respiratoires.

Petite sœur des stations thermales lorraines, Amnéville tient son succès d’une idée folle de son ancien maire, le Dr Jean Kiffer : transformer les friches industrielles de la région en véritable pôle d’attractivité touristique. En 1986, l’eau de la ville acquiert la qualification thermale et prend vite son envol, au point de concurrencer les plus grands thermes français. Avec 15 500 curistes en 2014, la cité mosellane court loin devant ses aînées vosgiennes, y compris Vittel et Contrexéville. Le pôle thermal est scindé en trois et sépare la station Saint Eloy, dédiée aux curistes, Thermapolis, centre de bien-être familial, et la Villa Pompéi, centre spa haut-de-gamme.

polethermal.com

Esthétique Bains-les-Bains © Corentin Mossière

Bains-Les-Bains

Début de la saison thermale : 16 mars 2015.

Orientations thérapeutiques des cures proposées : problèmes rhumatologiques (fibromyalgie, coxarthrose) et maladies cardio-artérielles (hypertension).

Actuellement quatre des onze sources thermales de Bains-les-Bains (entre 33° et 53°)  sont utilisées pour leurs actions hypotensive, vaso-dilatatrice et sédative. Elles ont été découvertes par les Romains aux alentours de 90 après Jésus-Christ, qui créent les premiers bains. Plus tard, les ducs de Lorraine Léopold puis Stanislas donneront à la station un nouvel éclat. Implantée au cœur de la Vôge, celle-ci est entourée par la forêt et propose à ses visiteurs des belles perspectives de randonnées comme le Chemin de Saint Loup ou les Fontaines Chaudes. Dans la ville, la Manufacture Royale, ancienne ferblanterie, vaut aussi le détour.

chainethermale.fr/bains-les-bains.html

Bains © Contrexéville les Thermes

Contrexéville

Début de la saison thermale : ouvert toute l’année.

Orientations thérapeutiques des cures proposées : surpoids et obésité, diabète ou cholestérol, problèmes urinaires.

Au XVIIIe siècle, à l’heure où l’on se penche sur les vertus curatives de certaines eaux, le docteur Charles Bagard, médecin du duc Stanislas, s’intéresse lui à celles de ce village vosgien. Ce n’est pourtant qu’en 1864 que la station thermale commence à prendre son essor. Connue également pour son eau minérale diurétique et chargée en calcium, Contrexéville s’est spécialisée dans les cures minceur et reçoit moins d’un millier de curistes par an. Cette année, les thermes inaugurent un nouveau soin jambes légères et prend soin de vos gambettes, autant que de votre ligne.

contrex-minceur.com

Plombières © DR

Plombière-les-Bains

Début de la saison thermale : 4 mars 2015.

Orientations thérapeutiques des cures proposées : affections digestives (en particulier la maladie de Crohn), troubles rhumatologiques et séquelles de traumatismes ostéo-articulaires.

Une des plus anciennes stations thermales lorraine, la «  ville aux mille balcons » a attiré pendant des siècles la crème de la crème grâce à ses sources chaudes : Montaigne, Napoléon III, Berlioz ou Alfred Musset. En 2014, un peu plus de 4000 curistes ont suivi leur chemin. Hôtels, immeubles, villas et installations thermales, Plombières-les-Bains a vu seize de ses bâtiments inscrits ou classés au titre des Monuments Historiques. Les gradins d’un amphithéâtre des premiers bains sont toujours debout au centre de balnéothérapie romain. Quant à Napoléon III, il a laissé une magnifique empreinte de sa présence avec les thermes portant son nom.

plombieres-les-bains.com

Bain bouillonnant © Vittel les Thermes

Vittel

Début de la saison thermale : 30 mars 2015.

Orientations thérapeutiques des cures proposées : affections rhumatologiques, urinaires, digestives et surcharge pondérale.

Avec ses quatre sources d’eau, dont une à usage thermal, Vittel s’occupe, comme Contrexéville, de soigner le corps de ses curistes dans sa totalité. Avec un parc de 150 hectares et des salles de sport, la station se lance pour la première fois cette année dans un programme complet d’activités physiques, qui viennent agrémenter les cures déjà proposées. Contrairement à une majorité de stations thermales, Vittel a opté pour une offre spa séparée, avec des bâtiments dédiés. La démarche est payante puisqu’en 2014, 24 000 visiteurs ont bénéficié des bienfaits d’une pause bien-être en parallèle des plus de 4000 curistes annuels.

thermes-vittel.com

Thermapolis 2 - © Victoire Saint Vincent

L’atout spa

Les stations thermales de Lorraine l’ont bien compris : cures spécialisées et soins spa font bon ménage. Elles ont donc toutes misé sur ce petit plus qui amène une clientèle différente et accroît la prise en charge des curistes. Selon les espaces de bien-être, des forfaits sont mis en place et permettent d’accéder à la fois aux installations (sauna, hammam, bain bouillonnant…) et à des soins divers (modelage, gommage, enveloppement, soin du visage, …).