Un Jardin éphémère sous le signe de l’air

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© P.P

Il fête ses 20 ans cette année ! Aventure collaborative devenue le lieu de vie et de déambulation de nombreux Nancéiens, le Jardin éphémère célèbre l’air… et plusieurs anniversaires.

Sur la Place Stanislas, dont on célèbre le 40e anniversaire de l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’est installé le Jardin éphémère, aux 20 ans cette année. À ce double anniversaire s’ajoute celui des 50 ans du jumelage entre Nancy et Kanasawa et celui des 60 ans du traité d’amitié franco-allemand. Ces festivités ont inspiré, chacune à leur manière, la conception de ce jardin célébrant la fraternité, l’humanité.

Après la terre, l’eau et le feu, c’est l’air, quatrième élément utilisé depuis l’Antiquité pour décrire la matière composant l’univers, qui a été choisi pour thématique. Cette dernière imprime les 12 scènes végétales conçues comme autant de vitrines de l’écologie urbaine et du savoir-faire des jardiniers de la ville.

Quadruple anniversaire

Différents moments clés ont été intégrés dans l’élaboration du Jardin 2023. En 1983, les places Stanislas, de la Carrière et de l’Alliance se voyaient inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO pour « leur représentation du génie créateur humain et l’exemple qu’elles offrent d’un ensemble architectural illustrant une période de l’Histoire humaine ». En souvenir, le Jardin prend la forme du logo de l’UNESCO.

Le 22 janvier 1963, le chancelier allemand, Konrad Adenauer, et le président français, Charles de Gaulle, signaient le traité de l’Élysée, prémices d’une solide amitié franco-allemande. Soixante ans après ce moment clé de la réconciliation, le Jardin éphémère rappelle le tracé caractéristique (en éventail) de sa ville jumelle allemande, Karlsruhe, ici représenté par des diagonales fleuries.

En 1973, Nancy était jumelée avec Kanasawa. En clin d’œil à cette relation privilégiée, le Jardin éphémère présente une technique de haubanage utilisée, dans le célèbre jardin japonais Kenrokuen, pour protéger les branches d’arbres en hiver. Confectionné par l’équipe de jardiniers du parc Sainte-Marie, l’ingénieux dispositif yuki-zuri se déploie à différents endroits du jardin.

© P.P

Nouveautés 2023

Autre dispositif dont l’ambition marquera les esprits : un escalier réalisé par le Centre technique de municipal invite les visiteurs à changer de point de vue sur leur chère place Stanislas, et à prendre de la hauteur… tout en leur offrant une proximité nouvelle avec le roi Stanislas.

Deux expositions photographiques sont visibles au sein du Jardin, parmi lesquelles une rétrospective portant sur l’œuvre de Jacques Lartigue. Présenté comme le photographe de l’instantanéité par le MoMA de New York (à l’occasion d’une exposition dédiée en 1963), et qualifié de « Peintre des fleurs et des femmes » par la presse des années 50, Lartigue trouve naturellement sa place au sein du Jardin. La seconde exposition est extraite de l’immense production de Luc Schuiten, architecte belge et scénariste de BD, dont la réflexion vise à intégrer « l’urbanisme, l’écologie, la science et la science-fiction ». Dans le cadre du Jardin éphémère, ses dessins grands formats interrogent les possibilités de dialogue entre l’univers urbain et le végétal.

Collectif et réemploi

Œuvre collective et collaborative, aventure humaine et sociale, ce 20e Jardin a mobilisé les équipes de jardiniers de la Ville – ils se relaieront, sur place, pour répondre aux questions des visiteurs et maintenir le jardin en l’état –, mais également les agents des chantiers d’insertion, les décorateurs, les électriciens, les menuisiers, les serruriers du Centre Technique Municipal et l’entreprise Citéos. Ont également participé au montage : les étudiants de l’École d’Horticulture et de Paysage de Roville-aux-Chênes, de l’Établissement Public d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricole de Courcelles-Chaussy, des jeunes de l’Institut des Sourds de la Malgrange. Quant aux formateurs et apprentis de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM Lorraine), ils ont aidé à la création et à l’installation de plusieurs structures.

Donnant la priorité au réemploi, la Direction des Espaces verts réutilise, d’année en année, les matériaux et végétaux issus du jardin éphémère et du Livre sur la Place. Ceux visibles dans le cadre du Jardin 2023 seront à leur tour réexploités de trois manières possibles : réutilisation dans les massifs fleuris ou dans les parcs de la ville, conservation aux serres municipales en vue d’une réutilisation à venir, valorisation en engrais verts. Dans cette logique, 17 étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure d’architecture de Nancy ont travaillé sur l’un des pavillons d’accueil du jardin éphémère 2023. Pour ce faire, ils ont récupéré le bois de sapin Douglas français de la construction « Points de bâti » exposée dans le cadre d’« Embranchements » 2022.

 En marge des visites…
Des animations, conférences et ateliers en lien avec le thème du jardin sont programmés à l’issue des visites guidées organisées les mardi 3 octobre, vendredi 6 octobre, dimanche 15 octobre, mercredi 18 octobre, dimanche 22 octobre et dimanche 29 octobre à 15h.
En parallèle, les visiteurs sont invités à découvrir le jardin depuis le balcon de l’Hôtel de Ville chaque dimanche d’octobre de 14h à 18h.

Le Jardin éphémère 2023 est à découvrir tous les jours de 8h à 22h jusqu’au mercredi 1er novembre 2023, Place Stanislas à Nancy.
Photos © P.P, DR