Symphonic Orchestra : partager la musique simplement

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© Symphonic Orchestra

Double-concert de début d’année, collaboration prometteuse avec Charlélie Couture… Après une mise au pas forcée du fait du contexte sanitaire, le Symphonic Orchestra fourmille de projets.

La diversité de son répertoire dit tout de son ouverture d’esprit… Le Symphonic Orchestra de Neuves-Maisons, orchestre symphonique de cinquante musiciens professionnels, mêle, depuis 2013, musique classique, musique de films et créations. Objectif commun de son président, François Brand, et de son chef d’orchestre et directeur artistique, Emmanuel Fritsch « partager avec le public la musique simplement ». Une ambition qui se réalise concert après concert et dont Audrey Bardot, conseillère départementale du canton de Neuves-Maisons, et spectatrice fidèle, témoigne volontiers. « Le Symphonic Orchestra est la preuve que l’on peut proposer de la musique symphonique accessible, adaptée à notre temps tout en étant original sur la forme et sans rien concéder à la qualité ». 

Pascal Schneider, maire de Neuves-Maisons réaffirme quant à lui sa joie d’avoir accueilli en résidence au centre culturel Jean L’Hôte, cette formation née à Saint-Dié. « Notre philosophie municipale plaçant la culture et la musique au cœur de notre action, je suis ravi que le Symphonic Orchestra, par ses déplacements  dans le Grand Est, fasse connaître notre commune par son dynamisme et sa créativité plutôt que par son passé industriel ».

© Symphonic Orchestra

Nouvel An et Ode à L’Est

Première perspective joyeuse : le duo de concerts qui sera donné, le 2 janvier, au centre culturel Jean L’Hôte de Neuves-Maisons (à 15h00), puis salle Bernie Bonvoisin à Vandœuvre-lès-Nancy (à 17h30). « Au vu du succès de notre orchestre d’harmonie auprès des Vandopériens, je n’ai aucun doute quant à l’accueil que réserveront ces derniers au Symphonic Orchestra, venu en voisin », note Jean-Pierre Becker, adjoint à la culture de la Ville de Vandoeuvre. D’autant que, conformément à la politique de la ville en matière d’accessibilité à la culture, l’entrée sera gratuite !

Mais qu’entendra-t-on au juste lors de ces premiers concerts donnés en formation complète depuis deux ans ? « Concerts de Nouvel An accessible et populaire », ils comprendront une partie de musique classique viennoise, une partie Musiques de film et une surprise de la Chanson française (avec devinez qui ?). Un éclectisme assumé, promesse d’une ambiance festive et conviviale !

© Symphonic Orchestra

Autre grand chantier annoncé : Ode à L’Est, projet ambitieux imaginé en plein confinement par François Brand pour « sortir d’une apathie culturelle intellectuellement affligeante ». Il contacte alors Charlélie Couture, pour lui proposer de réarranger, pour orchestre symphonique, une quinzaine de ses titres. L’artiste manifeste son intérêt, et les allers-retours à Paris commencent… Rapidement, Sylvain Dedenon, arrangeur de grands orchestres de jazz, est mis à contribution. Sa mission consistera à « distribuer chaque titre pour tout un orchestre symphonique et ce, en respectant au maximum l’ambiance initiale du morceau ». Entre les trois hommes, le courant passe immédiatement, et ce travail en harmonie donnera lieu à plusieurs concerts, au premier trimestre 2023 !

3 questions à Charlélie Couture

© Gavard Eagle

Comment Ode à L’Est est-il né ?

François Brand m’a appelé en me demandant si cela m’intéresserait d’envisager une collaboration, dans l’idée d’enrichir le répertoire du Symphonic Orchestra. Toutes les villes n’ont pas le courage de monter un orchestre symphonique ! C’est ainsi qu’est né Ode à L’Est, projet autour de mes chansons en lien avec la nature ou l’Est, réarrangées pour orchestre symphonique. Je m’étais prêté à l’exercice à l’occasion d’une émission de télé… Mais tout un concert avec orchestre, ce sera la première fois !

Sur quels critères les titres ont-ils été choisis ?

Il fallait que les chansons aient l’envergure pour profiter de ce qu’apporte le souffle d’un orchestre. Il y a « Ode à l’Est », qui, une fois orchestrée, a une espèce de grandiloquence qui rappelle Pink Floyd et ses orchestrations généreuses. Il y a aussi « Quoi faire », qui évoque le temps perdu à attendre le dimanche après-midi, « Les Ours Blancs », chanson écologique dans l’âme, et « La Chanson de la petite rivière », celle qui coule en bas de ma vallée et que je vois s’assécher d’année en année.

A quoi ce projet aboutira-t-il ? 

A deux concert ! Après, combien y en aura-t-il ? Jusqu’où tout cela ira ? Ce serait formidable d’enchaîner dix dates, mais cela dépendra de l’enthousiasme avec lequel le projet sera reçu. Quoi qu’il en soit, je me réjouis de pouvoir vivre cette expérience particulière et très différente de ce dont j’ai l’habitude. C’est un projet enthousiasmant et un effort titanesque. Un orchestre symphonique, c’est comme un 747 au décollage !

Propos recueillis par Cécile Mouton

Photos : Symphonic Orchestra,DR