Les Zinzolines ou la vie en mauve

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Depuis juin, la Boutique Atelier de la place de la Carrière a changé d’identité. Propulsé Grande Rue, le magasin, désormais baptisé « Les Zinzolines », continue de conjuguer l’artisanat au féminin. Aux commandes, six créatrices nous embarquent dans leurs univers colorés, poétiques ou féériques.

«La plupart des gens qui embrassent cette carrière n’ont pas de boutique. Ils consacrent la semaine à leur production et le week-end à la vente de leurs pièces sur des marchés ou pendant des expositions », souligne Émilie Michelet, modiste pour enfants exposant aux « Zinzolines ». Les six créatrices installées depuis juin dernier Grande Rue à Nancy ont mis en pratique le vieux proverbe « l’union fait la force ». Autrefois place de la Carrière dans la Boutique Atelier, le collectif n’a pas seulement déménagé, il s’est ouvert à un autre talent : celui de Chantal Galiana. « Elle nous a proposé cette collaboration car il était devenu difficile pour elle de gérer à la fois la production de ses œuvres et la gestion d’un commerce. Elle aimait notre fonctionnement et la rencontre entre nos univers s’est réalisée naturellement », raconte Linda Lepage, autre personnalité de cette troupe.

Au baptême des Zinzolines

Pour ces artistes, le plus dur a été de trouver un nom qui symbolise l’esprit de chacune et les réunisse toutes. La piste des « Zinzolines » est venue d’Émilie Michelet. Après une recherche de « beaux mots » sur internet, elle se trouve nez à écran avec « zinzolin ». Issu de l’italien « giuggiolino » et de l’arabe « djudjulan », l’adjectif colore de son violet pâle la vitrine de la boutique. « En plus ça ressemble à ‘zinzin’ et ça colle bien à notre collectif », ajoute Émilie Michelet. Du mardi au dimanche, Linda Lepage, Chantal Galiana, Anne-Laure Charlier, Carine Mougin, Émilie Michelet et Corinne Corsat se relaient au chevet de leur caverne d’Ali Baba pleine de couleurs et d’idées cadeaux. « L’intérêt est de pouvoir garder un pied dans notre atelier tout en s’ouvrant le plus possible au public. On se connaît toutes très bien et du coup on peut parler des productions de chacune sans problème. On est même plus enthousiastes qu’une vendeuse : on met en valeur notre travail », avance Linda Lepage. Dans ce joyeux bric-à-brac, du sol au plafond, les surprises s’amoncèlent, parfois se dissimulent et attendent les clients. Comme les instruments d’un orchestre, chacune des artisanes apporte sa patte pour enrichir la partition.

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La caverne d’Ali Baba

Les sculptures et accessoires de mode de Linda Lepage introduisent une dose ethnique. Ses statuettes d’inspiration africaine, modelées avec du papier, jouent les trompe-l’œil et se prennent pour du bois. « Pour le socle, j’utilise des morceaux de vieilles poutres ; ça renforce l’illusion », précise la plasticienne.  Avec ses objets en céramique agrémentés de graphismes, Anne-Laure Charlier nous emmène au pays de l’enfance : oiseaux, lutins et autres personnages de contes peuplent ses pièces et offrent une note poétique à ses collections. « Pour moi, la porcelaine est une page blanche sur laquelle je peux exprimer mes envies de décor. Je travaille les pièces en racontant une histoire et même les anses peuvent la prolonger », commente-t-elle. Émilie Michelet, elle, s’est rendue célèbre avec ses gilets en fausse fourrure agréables pour l’hiver. En maille, jersey, laine bouillie ou coton enduit, elle s’évertue à proposer des vêtements pour enfants atemporels et qui les accompagnent dans leur croissance le plus longtemps possible. Chantal Galiana, ses peintures pleine de douceur et ses luminaires très baroques, font écho aux mondes colorés, naïfs ou enfantins, de la créatrice verrière Corinne Corsat et de la peintre Carine Mougin. Ensembles, elles viennent mettre un peu plus de fantaisie dans les vitrines de la Grande Rue.

www.leszinzolines.com