« Le zoo d’amnéville doit être une expérience à vivre »

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Cession de droit ok

La nouvelle tant attendue est tombée : le zoo d’Amnéville pourra rouvrir ses portes le 19 mai prochain. Albane Pillaire, sa nouvelle présidente, présente ses projets et détaille les conditions de réouverture, non sans une certaine hâte !

Trente-cinq ans d’histoire. Le rêve d’enfant lié à la passion du monde animal de Michel Louis, son fondateur. Le 28 juin 1986 : le zoo d’Amnéville accueillait ses premiers visiteurs et présentait 200 animaux.  En 1990, l’arrivée de nouvelles espèces telles que les tigres de Sibérie, les lycaons ou les flamants du Chili boostent sa fréquentation et le hisse dans le top 10 des zoos français. Aujourd’hui, le parc zoologique s’étend sur 18 hectares, regroupe plus de 2 000 animaux de 360 espèces différentes des cinq continents et représente l’une des plus grandes biodiversités de France. 

Le parc animalier s’articule autour de trois piliers : la conservation des espèces menacées, qu’elles soient exotiques ou de notre continent, l’approche pédagogique et les travaux de recherche. Il emploie entre 100 et 160 salariés, selon les saisons, regroupant tous les corps de métiers : soigneurs, vétérinaires, paysagistes, cuisiniers, commerciaux, décorateurs… 

La billetterie d’ores et déjà ouverte

Gorilles, ourangs-outans, rhinocéros blancs, tamarins empereurs, pandas roux, guépards, éléphants d’Afrique, caracals… Tous ces animaux et bien d’autres pourront retrouver la compagnie des visiteurs dès le 19 mai prochain : « Nous sommes ravis d’avoir une date de réouverture », s’enthousiasme Albane Pillaire, la nouvelle présidente du zoo. « Nous allons suivre les directives gouvernementales : distanciation sociale, port du masque obligatoire, jauge maximale de 5 000 personnes. Tout sera mis en place pour accueillir nos visiteurs dans les meilleures conditions. » Et puisqu’une bonne nouvelle n’arrive jamais seule : tous les espaces du zoo, y compris le vivarium pourront être visibles dès le 19 mai. « Nous réfléchissons aussi à une offre de restauration en plein air. Les visiteurs pourront par ailleurs venir avec leur pique-nique grâce à nos zones réservées. » La billetterie est d’ores et déjà ouverte et Albane Pillaire promet des tarifs attractifs, inférieurs à ceux pratiqués en 2019 pour attirer un large public. 

En attendant, le zoo se prépare à sa réouverture en bichonnant ses animaux et ses 18 hectares de flore mais aussi en recrutant du personnel : « Nous avons encore une quinzaine de postes disponibles pour cet été dans les domaines de la restauration, de l’entretien des espaces verts et de la sécurité » détaille la présidente. Alors, prêts à retrouver nos amies les bêtes ?

Le zoo d’Amnéville en chiffres

1986, création du zoo par Michel Louis 
2000 animaux 
360 espèces 
100 à 160 salariés, selon les saisons
600 000 visiteurs en 2015, année record
12 millions d’euros d’investissement pour le parc aux gorilles

Pauline Overney

Plus d’infos et réservations : 03 87 70 25 60 ou zoo-amneville.com

Entretien avec Albane Pillaire

présidente du zoo d’Amnéville

Vous avez été nommée présidente du zoo d’Amnéville le 19 avril dernier. Est-ce un défi pour vous, en pleine crise sanitaire ? 

Oui, mais j’aime les défis et les nouvelles aventures ! Bien sûr, la période est difficile mais je suis convaincue que nous avons une belle histoire à écrire pour le zoo. 

Pourquoi avoir accepté ce poste ? 

Je pense que c’est une proposition que je n’aurais qu’une fois dans ma vie ! Le zoo d’Amnéville est une très belle marque. Mon parcours professionnel est porté vers le tourisme et les loisirs, en lien avec les collectivités (Albane Pillaire est l’ancienne directrice générale de Strasbourg Événements, NDLR). Ce nouveau challenge s’inscrit dans la continuité de mon expérience : le zoo est une locomotive du tourisme dans la région, permet de créer des emplois et de faire rayonner le territoire. 

Ces dernières années, le zoo était en mauvaise posture. Malgré tout, le repreneur, le fonds Prudentia Capital, n’a pas hésité à investir dans la structure. 

Prudentia Capital a été le sauveur du zoo et son principal soutien, c’est incontestable. Malgré la crise du COVID-19, ils n’ont jamais fait machine arrière et ont toujours continué d’y croire. Aujourd’hui, nous avons de grands projets et de grandes ambitions pour le zoo : nous avons à cœur de développer la structure, de proposer des nouveautés à nos visiteurs et d’accroitre en visibilité. Il était de toute façon impossible de mettre fin à 35 ans d’histoire…

Quels sont vos objectifs en tant que nouvelles présidente ? 

Je m’inscris dans la logique initiée par Anne Yannic (ancienne présidente du zoo d’Amnéville, NDLR). Au-delà de la réouverture, qui est une grande partie du travail, mon objectif est de « faire connaître ce que l’on fait ». Aujourd’hui, nous devons, avant tout, montrer que notre zoo répond à une mission pédagogique quant à la conservation, la gestion du patrimoine génétique des espèces et la recherche. C’est pourquoi nous allons développer notre offre pédagogique à destination de tous les publics pour faire passer des messages : l’importance de la préservation de notre faune et de notre flore, les enjeux environnementaux et climatiques, aussi.

Justement, les visiteurs doivent s’attendre à des nouveautés pour 2021 ?

Je peux d’ores et déjà vous dire que nous prévoyons une belle surprise dès cet été, dans notre grande salle de spectacle. Ça sera une première mondiale qui sera à la hauteur de la renommée de notre zoo ! En parallèle, nous allons étoffer nos activités pédagogiques : les visiteurs pourront approcher les animaux avec les soigneurs, participer à leur nourrissage. Notre passerelle à girafes permet par exemple de leur donner à manger, à leur hauteur, et de profiter d’un point de vue que l’on a rarement ! (rires) Il y a aussi notre nouvelle volière des perruches cornues : les soigneurs expliqueront aux visiteurs comment prendre soin de ces animaux-là. Aujourd’hui, le zoo doit être une expérience à vivre et non simplement un spectacle.

Que répondez-vous aux défenseurs des animaux qui jugent qu’ils n’ont pas leur place dans un zoo ?

Il faut bien comprendre que ce n’est pas la faute des zoos si la faune et la flore sont en grand danger en Asie ou en Afrique, par exemple. Notre mission principale est la conservation : nous avons une quinzaine de naissances l’an dernier, dont certaines extrêmement rares comme celle de nos jumeaux tamarins pinchés, une espèce menacée d’extinction. Nous avons aussi fait naître une petite tortue avec une technique très complexe. La moitié de nos effectifs est dédiée au bien-être animalier, c’est-à-dire une cinquantaine de personnes. Notre programme de recherche nous permet aussi de comprendre l’évolution des espèces, de se prémunir de certains virus. Et surtout, nous expliquons à nos visiteurs pourquoi les animaux n’arrivent plus à survivre dans leur environnement naturel. 

Vous avez confiance en l’avenir du parc ? 

Oui. Le zoo a un énorme potentiel. Il est une valeur sûre du territoire. Nous avons aujourd’hui assez d’atouts pour écrire le prochain chapitre de notre histoiwre et séduire un large public. Nous avons hâte de retrouver nos visiteurs. Espérons que la météo soit au rendez-vous. J’insiste : pensez à venir au zoo pendant les périodes de canicule. Nous avons des ilots de fraîcheur, des cascades… un véritable poumon vert !

Photos © Zoo d'Amnéville