La Manufacture : une rentrée à rebrousse-poil

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La Manufacture n’est pas prête de s’assagir, pour le bonheur de son public. Le programme 2015-2016 illustre encore ce vent de fraîcheur scénique qu’apporte chaque année le théâtre national Nancy-Lorraine. En inauguration de cette nouvelle saison, deux spectacles revisitent des classiques et les brosse à rebrousse-poil.

Micmacs musicaux à tire-larigot

Du 1er au 3 octobre révisez vos classiques avec « Siffler n’est pas gagné ! », un micmac musical plein d’humour coproduit par la Manufacture et l’Ensemble Stanislas. Le spectacle donne le « la » à cette saison théâtrale.

« Siffler n’est pas joué ! » est comme un conte tranquille qui vire au joyeux chaos. Il y a d’abord la situation initiale : la répétition du Quatuor Stanislas autour de deux morceaux de Beethoven et Fauré. Puis vient l’élément perturbateur qu’investit avec délice Bertrand Causse, altiste, chanteur, mime et siffleur de génie. De là naissent les rebondissements, délires musicaux jouissifs nés de cette rencontre entre deux mondes. À la rigueur des classiques se substituent la fantaisie et la poésie d’un mélange des genres, entre Ennio Moricone, Dubillard et Mozart. Dans ce processus, le Quatuor Stanislas s’empare aussi de chansons écrites par Bertrand Causse, connu entre autre pour sa collaboration avec le violoniste Nemanja Radulovic dans l’ensemble « Les Trilles du Diable ». Au final, une heure et quart de petits plaisirs dont les notes restent longtemps en tête.

MACBETH (THE NOTES) (Dan Jemmett 2014)

Shakespeare tiré par les « Notes »

Il y a quelque chose de chamboulé au royaume de Shakespeare. Du 6 au 11 octobre, Dan Jemmett passe un de ses chefs-d’œuvre à la moulinette pour une relecture pleine de folie et de fraîcheur portée par le géant David Ayala.

« Macbeth – The Notes » n’est pas une énième adaptation de la pièce de William Shakespeare. Comme les Sœurs Fatales, célèbres sorcières shakespeariennes, le metteur en scène Dan Jemmett et le comédien David Ayala ont su créer l’illusion de la pièce. Ils l’a font apparaître ici et là tout au long du spectacle, ainsi qu’une flamme fragile mais tenace. Tout commence justement après une répétition de la tragédie. Ici, les spectateurs tiennent lieu de comédiens et David Ayala, lui-même dans la peau d’un metteur en scène, vient réajuster leur jeu. Pour se faire il se base sur ses « Notes », sa vision de chaque personnage, du fantôme de Banquo à Lady Macbeth. Au final, l’acteur prend à bras le corps chacun des rôles en les invoquant à tour de rôle. Au fur et à mesure, le fou et sanguinaire roi écossais voir son histoire prendre une tournure intense, décalée et inattendue. Avec cette création, « ce qui commence dans la folie s’affermit dans le rire »1.

Informations : theatre-manufacture.fr Réservations au 03 83 37 42 42. 1 Référence à un extrait de Macbeth : « Ce qui commence dans le mal s’affermit par le mal ».