« Je rêvais d’un autre monde… »

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Washing Line ©Ryan McGuire

MANIFESTATION ANNULÉE

Du 1er au 10 avril, le festival FACTO  investit plusieurs lieux de Lunéville et se penche sur l’état de notre planète avec, comme thématique, « un monde à refaire ». 

Après avoir abordé les rapports entre l’homme et la machine. Après avoir mis en lumière les spectacles à caractère documentaire. Après avoir fait un point sur l’urbanisme…
La 9e édition du festival FACTO (Festival pour des Arts Croisés et un Théâtre Original) use de sensibilité, de générosité et principalement d’humour pour rappeler les dérèglements de notre monde globalisé. En tout, une dizaine de spectacles seront au programme mêlant théâtre, danse, bande dessinée, création sonore et visuelle. Le festival s’installera au Théâtre de Lunéville mais aussi au Réservoir, à l’Orangerie, à la MJC Jacques Prévert, dans les établissements scolaires… Et cherchera avec espoir et positivité les traces d’un avenir meilleur. Car si cette 9e édition s’inquiète de l’état de notre monde, il s’agira bien évidemment du dérèglement climatique mais aussi des disparités nord-sud, des migrations humaines, de la puissance de la géopolitique et de la rencontre des cultures. 

Rapport entre l’humain et lui-même

Facto s’ouvrira cette année le 1er avril avec une création de Pauline Ringeade et de sa compagnie L’iMaGiNaRiuM. « N’avons-nous pas autant besoin d’abeilles et de tritons crêtés que de liberté et de confiance ? » est le titre de ce spectacle dans lequel les artistes explorent le rapport qu’entretient l’humain avec lui-même, les autres et le monde. Sur scène, une maison, quelques meubles, quelques plantes, quelques humains… Peu de mots. Les intérieurs se transforment sans cesse. La pièce se raconte principalement au travers des corps en mouvement, de l’espace en lumière, des sons et de la musique joués en direct. Pauline Ringeade, qui a toujours pratiqué la danse contemporaine, souhaite aujourd’hui mettre cette sensibilité au service de la poétique du plateau théâtral. 

Avant ce spectacle d’ouverture, le festival FACTO invite le public à une soirée d’ouverture au Théâtre de Lunéville avec un concours de slogans poétiques et une rencontre avec plusieurs artistes programmés : Antoine Arlot, Guillaume Cabrera et Morgane Deman. 

“De la morue”, cartographie de Frédéric Ferrer” ©Mathilde-Delahaye

Surpêche et humanité 

Le 3 avril, les spectateurs auront l’occasion de retrouver Frédéric Ferrer de la Cie Vertical Détour. « De la morue » est une conférence-spectacle remplie d’humour, tirée de son Atlas de l’anthropocène (un cycle artistique de six cartographies dont « De la morue » est la 6e). Comme vous l’aurez compris, il retracera l’histoire de la morue, armé de cartes, photos et autres graphiques. Car aujourd’hui, la morue est menacée par la pollution et la surpêche et fait partie des espèces en voie d’extinction. Avec son humour à toute épreuve, Frédéric Ferrer mènera son enquête : la morue n’est plus là. Mais peut-elle revenir ? Auteur, acteur, metteur en scène et géographe, Frédéric Ferrer avait présenté sa première cartographie – sur la disparation des canards en plastique lâchés au Groenland par la NASA – au Journées Théâtre et Sciences #5 en janvier 2020. Autre temps fort du festival : « Humains, la Roya est un fleuve » par la Cie Les Patrie Imaginaires le 7 avril à la MJC Jacques Prévert. Il s’agit là d’une adaptation pour la scène de la bande dessinée éponyme d’Edmond Baudouin et Troubs. Les auteurs dressent le portrait de centaines de bénévoles qui accueillent sans relâche les personnes en exil arrivant en France par la vallée de la Roya, à la frontière italienne. Des bénévoles pour qui « ouvrir les bras » est une force de vie.

Mêlant la délicatesse du travail musical d’Aude Romary – au violoncelle -, le souffle de Léo Grange pour les textes et les dessins projetés en vidéo, cette performance se met à l’écoute de la poésie fine, simple et profonde de la bande dessinée. Une rencontre avec les auteurs Edmond Baudoin et Troubs est prévue à l’issue de la représentation.

La planète ©Luc Jennepin

Des idées pour refaire le monde 

De son côté, Antoine Arlot de la Cie Zéro G s’est promené avec son micro dans les rues de Lunéville en février et mars pour récolter les propositions des citoyens pour refaire le monde. A ces mots récoltés s’ajoutent la musique de son saxophone et des sons éparpillés : une création à découvrir sous forme d’une sieste sonore dans le hall du Théâtre de Lunéville, pendant toute la durée du festival. Et en prolongement de cette installation, Antoine Arlot invite deux comédiens, le 4 avril, à partager la scène du Réservoir pour une performance embarquant le public entre émotion, paysage sonore, voyage intérieur et surprises. Il y aura de la poésie, des réflexions en l’air, du souffle… et surtout du temps pour se laisser aller à des émotions. Ses émotions. Et vous, vous feriez quoi pour refaire le monde ? Pauline Overney

Du 1er au 10 avril 
Programme complet : lameridienne-luneville.fr
Tarifs : 8 €, 5,50 € (réduit) • plusieurs spectacles gratuits 
Renseignements et réservations : 03 83 76 48 60 ou [email protected]

publireportage - Photos © Ryan McGuire, Luc Jennepin, Mathilde-Delahaye, dr