Martine Cornevaux, les passions d’une vie

952

Incontournable attachée de presse en Lorraine, Martine Cornevaux relève des challenges audacieux. Rencontre avec cette passionnée de sports mécaniques et de patrimoine.

« Je suis une femme d’intuition, on va dire authentique ! », dit Martine Cornevaux. Elle naît à Pompey, au cœur des Trente Glorieuses. Dans la cité ouvrière où elle grandit, fille d’un père travaillant aux Aciéries, elle est empreinte très jeune de ces valeurs d’effort et d’abnégation qui jamais ne la quitteront, comme cet attachement indéfectible à la métallurgie : « J’aurais voulu être prof de gym, mais je me suis dirigée vers des études de publicité. Je tiens à citer Louis-Philippe Laprévote, visionnaire à Nancy de la communication moderne. J’ai toujours travaillé, en premier lieu quand il a fallu acheter ma première moto, à 16 ans. » C’est sa grande passion : les sports mécaniques. Cela tombe bien. En 1973, elle épouse François. Un prof de maths qui se lance dans les raids africains, terminant 20e de son premier Dakar et enchaînant, dans l’esprit des premiers aventuriers du désert, Maroc, Algérie, Tunisie.  Sa première assistante est Martine : « Je devins la première femme à faire la transsaharienne ! »

Le sport comme moteur de carrière

Au milieu des années 70, Fiat Auto France cherche un responsable de la publicité. A 22 ans, de sa province lorraine, elle bondit à Paris. Sa personnalité, ses connaissances en mécanique italienne séduisent les recruteurs. Elle devient la première femme en France à occuper un tel poste. Elle fait par ailleurs une  incursion en politique tissant un réseau qui comptera : Gérard Léonard, André Rossinot, François Guillaume, Christian Poncelet… L’aventure Fiat dure 13 ans. De Charleville à Ajaccio, son carnet d’adresses s’épaissit, ses responsabilités grandissent : elle a sous contrat Eddy Merckx, Jean-Pierre Rives, Michel Platini. Femme de défis, « Ne dites surtout pas féministe, ce que je ne suis pas », elle rejoint FR3 comme directrice de communication puis passe  à RTL TV : « J’ai organisé des portes ouvertes pour la chaîne. 21 000 personnes sont venues. Invité, Carlo Molinari a retrouvé sa moto fétiche de compétition, la larme à l’œil. » En 1997, Martine Cornevaux crée son agence de communication, avec, depuis, de nombreuses références clients : institutionnels, économiques, touristiques, politiques, sportifs.

La Manufacture royale de Bains-les-Bains

Elle partage aussi avec François l’amour des vieilles pierres au point de se lancer dans la restauration de bâtisses historiques débutée par une demeure à Saint-Max puis par le château Saint-Léopold à Lunéville. Peu leur importe l’inconfort, le froid, les amas de gravats. Martine s’occupe de la peinture, du décapage des bois, du papier peint, de la déco, du nettoyage des pierres : « On adore camper dans des lieux à l’abandon et les faire revivre ! » Le couple devient propriétaire en 2004 de la Manufacture royale de Bains-les-Bains, 20 hectares et 17 000 m2 carrés. Martine Cornevaux, Chevalier de la Légion d’honneur, Médaille du Mérite et du Dévouement français, Premier Prix de Patrimoine, aime  transmettre des mémoires humaines, historiques et industrielles : « Je pense à cet instant à François Moulin – journaliste récemment décédé – avec lequel j’ai travaillé à la réalisation du livre L’épopée du fer, retraçant un siècle de métallurgie en Meurthe-et-Moselle. » Comme un clin d’œil à des racines jamais oubliées. Femme enthousiaste : « J’incite les jeunes auprès desquels j’interviens à l’ICN et au Centre Universitaire de Nancy, à croire en leurs passions. » Femme de cœur également, investie au sein de l’association Les Amis de Charles contre la maladie de Charcot. Les 15 et 16 septembre, rendez-vous à la Manufacture royale. Les Petits Chanteurs de Saint-Marc, voix du film Les Choristes, ajouteront de la magie à l’endroit et les vitraux de la chapelle seront inaugurés. Beauté de l’histoire de France, le lieu est le plus remarquable site industriel de Lorraine, abritant un exceptionnel patrimoine bâti, un parc composé d’essences florales et arboricoles rares. Julie Victoire Daubié, première bachelière de France y naquit. Le film « Indigènes » y fut tourné. Tout cela, parmi mille anecdotes, Martine saura, mieux que quiconque, vous le conter.

www.bainsmanufactureroyale.eu