La conception du jardin éphémère, un travail d’équipe !

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Chaque année depuis neuf ans, en octobre, le jardin éphémère enchante les Nancéiens. On pourrait croire qu’il s’agit là de la réalisation d’un seul architecte ou paysagiste, il n’en est rien. Cette magie végétale est le fruit d’un travail d’équipe de qualité. Rencontre.

On aurait pu titrer l’article « une belle aventure », mais cela n’aurait pas été complètement juste, car c’est une aventure qui se renouvelle chaque année. En fait, c’est surtout une belle équipe, une équipe soudée et passionnée par son métier : celle des Parcs et Jardins de Nancy.

Un long travail en amont

Créer les jardins éphémères ne se fait pas en quelques mois. Comme le rappelle Pierre Didierjean, directeur du Service des Parcs et Jardins, « les thèmes sont fixés plus d’un an à l’avance. L’année prochaine, nous travaillerons d’ailleurs sur la Renaissance à partir de la carte de La Ruelle de 1611. Ce sera aussi les 30 ans de l’UNESCO. Cette année, nous voulions honorer à notre manière la mémoire de Jean Prouvé, en prolongement des autres manifestations-expositions ».
« Au départ, poursuit le directeur, nous sommes quatre-cinq [Jean-Paul Cornevaux, architecte, Valérie Walck, Stéphane Harter, Michel Christophe] du Service et nous traçons les grandes lignes directrices. Ce travail dure trois mois, de novembre à mi-janvier ». Les échanges avec le cabinet du maire sont nombreux. L’idée s’affine ; on se conseille mutuellement. A partir de janvier, une vingtaine de personnes (les Parcs et Jardins en comptent une centaine en tout) se réunissent régulièrement et mettent en place les données techniques des compositions : quelles plantes, quelles couleurs retenir, etc. Les différents secteurs du Service propose des idées qui sont validées ou retravaillées.

Les différents secteurs

Il faut revenir un instant sur la composition même du Service des Parcs et Jardins. Celui-ci se compose de quatre secteurs d’intervention et de deux unités de production (florale et hors-sol) situées aux Serres municipales boulevard Lobau. Ces quatre secteurs sont le Plateau de Haye, la Pépinière et ses abords (« étendus », car ils incluent par exemple les jardins de la Citadelle ou du Joli-Cœur), le parc Olry et ses abords (jardin d’eau, square Dorget, parc Charles III…), le Parc Sainte-Marie et ses abords. Chacun a ses spécialités : le bois pour le plateau de Haye, la mosaïculture et l’espace animalier pour la Pépinière, les bassins et jets d’eau pour Olry, etc. Ces spécialités se retrouvent dans le jardin éphémère qui est vraiment l’œuvre commune de tout le Service. A cela s’ajoute l’aide toujours précieuse du chantier d’insertion.

Du concept à la pratique

Le plan est arrêté au plus tard en mai, car la mise en production (autrement dit les plantations et la croissance des plantes) demande un minimum de temps. L’idée du recyclage est également très importante : les bancs-bûches de cette année ont été fabriqués avec le bois coupé durant l’année, les rouleaux de gazon achetés seront réutilisés cours Léopold, les plaques de structures de la prairie fleurie partiront au jardin de la médiathèque. De manière générale, tout est stocké pour être réutilisé par la suite, comme les demi-sphères, supports de mirabelles en 2010 et qui trouvent une nouvelle destination cette année sous les traits des œuvres de Jean Prouvé.

Les jardiniers de Nancy savent faire, en plus du quotidien, de l’exceptionnel, que ce soit de la conception à la réalisation. On est loin des aprioris déplacés sur les jardiniers. Que de travail et d’énergie déployée ! Leur récompense ? Le plaisir des visiteurs. C’est à cela que l’on mesure la passion du travail bien fait.