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Utilité relative

« Bullshit jobs ». L’expression, popularisée en 2021 par David Graeber, anthropologue américain, me revient régulièrement en tête. Pour rappel, elle désigne ces « boulots à la con », ces métiers affichés comme radicalement inutiles par des sociétés assez riches pour ce payer ce luxe : celui de l’inutile. Ces métiers de l’absurde qui conduisent à l’ennui, voire au bore-out (syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui) et, par incidence, au désintérêt de soi.
« S’ennuyer à mourir »… L’expression a donc une triste réalité.
Ce sujet, passionnant autant que brûlant, questionnera tous ceux qui oseront le regarder dans les yeux. Mon travail, pour lequel j’ai étudié et me suis formé.e des années, avec détermination et implication, a-t-il un sens ?
En répondant « non », certains décident de remettre leur vie professionnelle en cause, d’autres de se raccrocher à leur passion, d’autres encore, de s’engager pour une cause.
Dans ce numéro de Lorraine Mag, nous avons fait place à des acteurs objectivement indispensables : le JDM, dont les équipes nous électrisent par leur sens de la fête et du collectif ; les bénévoles de Nancy voix du monde, les artisans du Marché des potiers.
Quant à la ville de Sélestat et au festival Embranchements, ils accueilleront bien volontiers votre envie de respirer.
Et si après tout ça, l’envie de démontrer votre valeur perdure, pourquoi ne pas rejoindre TIQUoJARDIN, projet collectif à l’utilité scientifiquement prouvée ?
Aux indécis, aux insatiables, précisons que frôler le burn-out récréatif est autorisé (et même encouragé).

Cécile Mouton