L’escalier poursuit sa marche en avant

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Entre les formes les plus classiques, découlant en droite ligne de son origine étymologique (scala, « échelle » en latin), et les dernières évolutions de cet ouvrage pouvant devenir œuvre d’art, grimpez une à une les marches de l’escalier.
Construction à part et pourtant colonne vertébrale d’une habitation, l’escalier adopte une multitude de styles, matériaux ou finitions. Si le choix est large, l’adoption d’un modèle dépend néanmoins de plusieurs critères, architecturaux ou esthétiques, l’ensemble restant soumis, bien sûr au budget dédié.

Quel escalier ?

Pas facile de se décider pour un escalier. Doit-on jeter son dévolu sur un modèle droit, tournant, en colimaçon, suspendu, à plusieurs volées ? Il existe heureusement quelques questions à se poser pour déterminer ce choix. Un des premiers éléments à prendre en considération est la trémie, soit le débouché supérieur des marches. Sa conformation est déterminante. Ainsi, les escaliers hélicoïdaux (en colimaçon) seront privilégiés en cas d’espace restreint. Autre question : l’usage. Qui va l’emprunter, et surtout à quel rythme ? On n’installera pas le même type d’escalier s’il s’agit d’accéder à des combles ou de rejoindre une chambre. Le genre hélicoïdal, satisfaisant en termes d’occupation de superficie, s’avère alors moins convaincant pour ce qui relève de la praticité et du confort. A contrario, un escalier droit, tournant ou à plusieurs volées (qui combine les deux) sera nettement plus facile à gravir. Le problème : ceux-ci occupent davantage de place. En somme, choisir un escalier revient à concilier le rapport superficie/commodité.

Quelle finition ?

Dans l’absolu, un très large choix de matériaux peut être employé pour réaliser un escalier : bois, métal, verre, pierre… Il en va de même pour les rampes, nécessaire complément. Dans la réalité, tout dépend essentiellement du budget. Généralement, les premiers prix ouvrent aux escaliers droits ou un quart tournant, en finition sapin. La plupart des grandes enseignes de bricolage commercialisent ces produits basiques, généralement d’une hauteur de 275 cm et de 13 marches, entre 300 et 400 €. Bien entendu, plus le bois est précieux, plus le tarif est élevé. Pareillement, le coût suit toute élévation, qu’il s’agisse de hauteur, de reculement ou du nombre de marches. En outre, le bois restant le matériau le plus économe, les autres finitions seront fatalement plus onéreuses. Le sur-mesure est quant à lui chèrement tarifé. Bref, niveau escalier, le prix de l’originalité grimpe par paliers.

Quel effet ?

Tous les escaliers ont un effet différent, l’ambiance variant grandement d’un modèle à l’autre. Cet aspect doit être pris en compte dans l’agencement de la pièce où il va s’élever, et plus généralement dans l’habitation elle-même. Les escaliers traditionnels en bois sont visuellement les plus lourds. Ils le sont encore davantage s’ils sont équipés de contremarches (espace séparant deux marches), aménagement certes pratique et sécurisant, mais qui coupe totalement la diffusion de la lumière. Les escaliers hélicoïdaux sont plus esthétiques, surtout quand ils sont dépourvus de contremarches, mais leur étroitesse et l’inconfort que la plupart promettent contrecarrent cette impression de fluidité. Classiques, les escaliers à un quart ou deux quarts tournants dégagent pour leur part un raffinement aussi solennel que traditionnel. La règle, pour l’ensemble de ces modèles, est que plus ils seront développés, spacieux et travaillés, mieux sera leur rendu. Évidemment, une telle sophistication joue directement sur les tarifs.

Les tendances

Plusieurs se dégagent, toutes allant vers l’épurement. Ainsi, les escaliers suspendus, solution qui a fait ses preuves depuis longtemps, distillent toujours une élégance et un raffinement doublés d’un puissant effet design. Il en va de même pour les escaliers en métal, inspirés du milieu industriel et popularisés via les lofts. Ce matériau se combine de surcroît parfaitement au verre, produisant alors un mariage de solidité et de clarté. Les escaliers en béton, coloré ou non, sont également en vogue. En règle générale, tous ceux misant sur la finesse, la transparence ou l’aspect brut magnifié sont tendance. Un engouement qui bien entendu se paie, ces solutions, souvent réalisées sur mesure, n’ayant aucun rapport avec les tarifs de la grande distribution.

Frédéric Ferrand