Les designers nous sortent le grand jeu

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Quand les frontières générationnelles s’estompent, la décoration de la maison prend un coup de jeune.
« Dis, papa, tu n’aurais pas vu mon poster d’Albator ? »

Comment différencie-t-on la chambre d’un adulte de celle d’un enfant ? La deuxième serait plus riche en couleurs et contiendrait plus de jouets disséminés sur le plancher. Du moins en théorie. En effet, les adultes d’aujourd’hui ont appris à ne plus renier leurs jeunes années et même les moins « adulescents » d’entre eux seront souvent heureux d’exhiber fièrement une relique de leur passé. La décoration régressive opte même pour de nouvelles règles du jeu, puisqu’il s’agit de mettre en avant des objets récents qui imitent ceux d’antan. Entrez dans la cour des grands…

Vintage toujours

Les jouets de notre enfance ont toujours autant de succès. Soit nous les rachetons pour que nos chères têtes blondes puissent à leur tour en profiter, soit nous trouvons de bonnes raisons de les garder à portée de main, en les transformant un peu. C’est ainsi que de vieux livres de la Bibliothèque rose deviennent des patères ou que les briques des jeux de construction se transforment en poignées. Les collectionneurs s’en donnent évidemment à cœur joie et de petites vitrines permettent d’exhiber fièrement des rangées entières de petits personnages ou de jouets surprises nés dans des œufs en chocolat ! Récupérer ces reliques de notre passé est une manière de nous remémorer cette époque dorée où les soucis semblaient encore bien lointains. C’est surtout une bonne façon de remettre un peu de gaieté dans un quotidien parfois trop morose, sans se prendre trop au sérieux.

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Comme un sou neuf

Les fabricants ont bien compris cet engouement et l’on ne compte plus aujourd’hui les objets décoratifs représentant les personnages qui ont accompagné nos jeunes années. Ils sont d’ailleurs souvent réédités sous leur forme la plus ancienne, même quand ils ont depuis été revus et corrigés par les dessins animés en 3D. Les coussins à l’effigie des tout premiers Mickey côtoient ainsi des assiettes aux motifs faussement désuets et des boîtes de rangement métalliques ornées de vieilles réclames… Des statuettes en résine, aux couleurs vives, apportent également une touche de dynamisme dans les salons ou même les bureaux. Souvent vendues en séries limitées, elles ne sont pas pour autant disponibles à un tarif excessif : chacun peut se créer sa propre galerie d’art, aux pièces presque rares.

Le plein de super

La véritable originalité de ces dernières années, pourtant, réside dans la fulgurante envolée des super-héros issus des comics américains. Ils tissent leur toile d’araignée sur des tableaux collés au mur, exposent leurs costumes brillants sur des mugs ou des tapis de souris et laissent des messages sous forme d’onomatopées explosives.  Plus murs, ils paraissent plus sérieux que les personnages plus tendres que nous plébiscitions enfants. Il est très tentant de leur offrir une place dans la décoration, même s’il s’agit d’une zone limitée, par exemple à un seul pan de mur. Pour éviter la cacophonie visuelle, il est cependant conseillé de se restreindre à un univers ou à un code couleur. Hello Kitty aurait par exemple beaucoup de mal à s’imposer face à Hulk et cette confrontation pourrait heurter les âmes sensibles. La bonne nouvelle, par contre, c’est que la décoration régressive n’est pas obligée de se cantonner à la chambre : quand on grandit, c’est toute la maison qui devient notre univers !

Mélanie De Coster