Le boom des matériaux d’origine agricole

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Béton de lin, mur de paille, isolation en chanvre… Les matériaux bio-sourcés ont la cote. Leurs impacts limités sur l’environnement, leurs effets positifs sur la santé et leurs excellentes performances techniques expliquent telle popularité, en dépit de coûts encore élevés.

Pourquoi employer des matériaux bio-sourcés quand leurs équivalents industriels sont commercialisés environ 20 % moins cher ? Voilà une question que beaucoup de particuliers, mais également de plus en plus d’entreprises ou d’administrations, se posent avant de débuter une construction ou d’entreprendre une rénovation. Rien à redire en ce qui concerne leurs caractéristiques techniques. Leurs performances, excellentes sur les domaines de l’isolation, de l’étanchéité ou de la structure porteuse, ont été établies après de rigoureuses expertises. Leur résistance à long terme est un autre avantage concret, à l’instar de leur praticité. Déclinées en une multitude de formes, répondant à toutes les exigences, ces solutions ne demandent guère d’ingénierie particulière. Reste l’aspect économique. Le confort salubre qu’elles apportent ou l’effet de mode sur lequel elles surfent ne gomment pas la dépense supplémentaire que ces matériaux exigent.

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Classicisme et nouveauté

Tout domaine a ses stars. Ici, ce sont incontestablement les laines végétales (laine de bois, de chanvre, de lin…) qui occupent le haut du podium. Proposé en rouleau ou en panneau, le chanvre assure ainsi une très bonne isolation. Les associations étant également monnaie courante, on peut retrouver ses fibres naturelles mélangées à de la ouate de cellulose (papier recyclé), afin de parfaire une isolation thermo-acoustique. L’une des applications réservées au chanvre et au lin est la transformation de leurs particules en granulés isolants, permettant l’égalisation des sols. Globalement, tous ces dérivés de végétaux offrent une très forte étanchéité à l’air, suppriment les ponts thermiques et s’avèrent faciles à poser. De surcroît, ils garantissent une isolation performante sur la durée quand les laines minérales tendent à perdre de leur efficacité au fil des années. Le liège expansé est, pour sa part, un isolant aux caractéristiques spécifiques, qui le destinent en priorité aux lieux particulièrement humides. Son imputrescibilité doublée de son inaltérabilité font alors oublier son prix, assez élevé. Outre les leaders du segment, d’autres matériaux bio-sourcés ont également atteint le stade de la maturité. C’est par exemple le cas du béton de lin, qui s’utilise notamment en parpaings. Affichant d’excellentes propriétés thermiques comme mécaniques, ce matériau obtenu à partir du broyage de la tige centrale de ce végétal est désormais très utilisé. Autre éco-matériau populaire, le béton de chanvre. Son faible poids, son caractère isolant et sa forte densité font de lui une option de choix pour l’isolation des combles, des murs, des dalles et des planchers. Côté nouveautés, les pistes sont multiples. La paille est en voie d’intégrer les matériaux utilisés dans l’éco-construction, tant au niveau de l’édification (blocs) que de l’isolation (panneaux). Une société a réussi à produire des profilés de fenêtres en lin aussi isolants que le PVC, rigides comme l’aluminium mais deux fois plus légers que ce métal. Autre exemple, le recyclage de noyaux de pêches et d’abricots en gravier ornemental. Une idée simple pour des finitions ultra-modernes à partir d’une ressource végétale renouvelable.

Frédéric Ferrand