Le béton ciré, un esprit indus et chic

377

Résistant, facile d’entretien, le béton ciré se prête à toutes nos fantaisies et son côté brut s’accorde à tous les intérieurs. Il a même donné naissance à une gamme de produits qui lui sont apparentés.

Jadis réservé aux bâtiments industriels, le béton ciré a su imposer son esthétique dans nos maisons. C’est dans les années 80, avec l’avènement du style industriel inspiré des usines et entrepôts, que quelques architectes ont eu l’idée d’utiliser ce matériau pour les sols de lofts. Esthétique et fonctionnel, le béton ciré s’est ainsi doté de nouveaux qualificatifs : branché et contemporain ! Mais surtout, résistant, durable, facile à entretenir, il offre un sol unifié, en évitant l’inconvénient des joints qui finissent par se salir, et crée ainsi un effet de continuité qui donne une impression d’espace. Pour les inconditionnels de l’originalité, il autorise toutes les fantaisies et garantit un résultat unique et ultra-personnel. On le trouve poli, patiné, moiré ou flammé, avec des incrustations de céramique, de bois, de fragments de miroir, de baguettes d’aluminium, d’empreinte de pas ou bien de fleurs… Son aspect minéral et sa fluidité en ont fait la nouvelle vedette de la décoration intérieure. Même si on aime marcher dessus pieds nus – il fait partie des revêtements chauds–, le béton ciré ne se contente plus de recouvrir nos sols : il a investi nos murs, nos plans de travail et nos bacs à douches…

Une opération en plusieurs étapes

Ce matériau, qui nécessite des travaux importants, est privilégié dans les constructions neuves mais peut s’appliquer sur tout support. À la base, on pose une dalle de béton traditionnel de 7 ou 8 cm (en mortier très fin). Une fois le coulage effectué, on incorpore par saupoudrage un durcisseur minéral quartzé. On travaille ensuite le béton avec des taloches mécaniques afin d’incorporer le durcisseur en plusieurs passages. Le quartz peut être coloré afin d’obtenir un béton teinté dans la masse. L’utilisation de couleurs différentes permet de jouer des nuances pour accentuer le rendu patiné ou moiré. Les amoureux du béton brut, désireux de garder la teinte de ce matériau, utiliseront un quartz neutre. Ils pourront se lâcher sur les effets de matière et de texture lors du lissage qui rend perceptible les mouvements manuels. Au bout d’une dizaine de jours, lorsque la dalle est sèche et après l’avoir brossée et nettoyée pour ôter quelques poussières résiduelles, l’application d’une cire s’effectue avec un chiffon doux, en deux passages suivis d’un lustrage. Cette touche finale permet d’obtenir l’effet souhaité, qu’il soit brillant ou mouillé…

Des alternatives à étudier

Rançon du succès, de nombreux produits, peintures, résines et glacis ont adopté l’appellation « béton ciré ». Les enduits ou autres mortiers fins constituent l’une de ces variantes. Leurs avantages ? Ils s’appliquent en couche mince (quelques millimètres) ce qui limite les travaux et ne provoque pas de changement de niveaux entre les pièces.  À base de ciment blanc, ils offrent une gamme plus importante de coloris, teintes naturelles à base d’ocre ou couleurs artificielles à base d’oxydes. Les inconvénients ? Leur durabilité dépend de plusieurs facteurs : qualité de la réalisation, entretien… Et pour les puristes, ils n’offrent ni l’aspect, ni la matière du vrai sol en béton ciré. Mais attention, comme le bois, le béton est un matériau vivant qui évolue et peut donc se fissurer. Vrai béton ou enduit, leur mise en œuvre ne tolère pas d’approximation. Pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut confier leur réalisation à des professionnels !