
Le critique gastronomique Gilles Pudlowski vient de l’auréolé dans son célèbre guide du titre de « vigneron Grand Est 2026 ». Rencontre avec un jeune meusien installé depuis 2022, passionné et déterminé à faire rayonner son domaine et le savoir-faire lorrain.
La viticulture, et plus particulièrement les Côtes de Meuse, coule dans les veines de sa famille depuis des générations et ce, déjà au temps… de la Révolution française ! Beaucoup de choses ont changé depuis mais la passion se s’est jamais asséchée. Fils de viticulteurs, au contact du secteur depuis ses premiers pas, Léo-Paul Liénard s’est installé en 2022 à Vigneulles-lès-Hattonchâtel. Avec l’envie, la détermination et déjà, les premiers succès pour ses vins blancs, rouges, gris et effervescents.

Depuis votre installation, vous enchaînez les récompenses dont la dernière, il y a quelques jours, « vigneron Grand Est de l’année » par le Pudlo. C’est un encouragement ?
C’est certain ! Je ne m’attendais pas forcément à tout ça dès le début de l’aventure. Mais c’est toujours bien, ça met la barre haute pour la suite donc c’est un bon challenge et une motivation. Mais attention, je ne fais pas tout cela pour les récompenses. Je le fais avant tout parce que j’aime ça, parce que c’est un métier de passion, c’est une évidence. Mais quand on a une récompense, c’est toujours glorifiant et cela m’a fait plaisir. C’est un excellent moteur pour se dire qu’il faut faire aussi bien voire mieux, les années suivantes.
Quels ont été les principaux obstacles lors de votre installation en 2022 ?
Mes parents ont un autre domaine à une quinzaine de minutes du mien et j’ai eu la chance de pouvoir m’appuyer sur eux. J’avais donc une connaissance générale mais avec cette reprise, beaucoup de choses étaient différentes. Beaucoup de mécanisation, un vignoble un peu fatigué donc du travail ! Nous avons remis des choses en place petit à petit.
Soyons clair, quand on s’installe en Meuse, le gros souci, ce sont les services viticoles et œnologiques : nous n’en avons aucun. On est obligé de faire des kilomètres, soit en Alsace, en Champagne ou en Bourgogne pour trouver du matériel ou un œnologue. C’est pareil pour tout ce qui est mécanique, avec les tracteurs, l’entretien, etc. Il faut donc apprendre à se débrouiller tout seul, de faire un peu touche-à-tout, c’est une bonne école ! Avec l’expérience de mes parents, j’ai pu aller plus vite.
Aujourd’hui, vous êtes en conversion bio. C’était une évidence ?
Les vignes sont converties depuis fin 2025, le prochain millésime 2026 sera donc certifié bio. Quand je me suis installé en 2022, l’ancien propriétaire désherbait chimiquement, c’était du conventionnel. Moi j’ai tout changé, je suis passé en bio. J’ai retravaillé les sols, remis en avant le terroir, redonné de la vie dans les sols. Parce que quand on utilise des herbicides et insecticides, la biodiversité disparaît. Là, la vie revient dans les vignes. Ensuite pourquoi pas penser à la biodynamie, d’ici quelques années. À court terme, ce n’est pas encore l’objectif. Il faut déjà voir comment la vigne réagit au bio. Et puis j’ai encore à apprendre les terroirs de chaque parcelle, les spécificités de chaque vigne avec autant de possibilités de continuer à s’améliorer.
Le réchauffement climatique joue quel rôle chez vous ?
C’est à double tranchant. Sur certains millésimes comme 2022 ou 2025, on s’en sort bien. On arrive à avoir des maturités intéressantes, des bons taux de sucre, on peut jouer avec les acidités. Mais à l’inverse, au printemps, la vigne démarre de plus en plus tôt. En mars dernier, le gel n’est pas passé loin. Les sols sont gorgés d’eau, l’hiver a été pluvieux donc les racines sont dans l’eau, et dès qu’il fait chaud, la tête au soleil, la végétation repart très vite.
Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Déjà, être connu un peu plus loin qu’en Lorraine et Grand Est. Que les bouteilles du Domaine Léo-Paul Liénard se fassent une place sur les tables de beaux restaurants parce que c’est une belle vitrine. Mais je vais rester dans la philosophie du domaine, travailler à m’améliorer. Baptiste Zamaron


→ Domaine Léo-Paul Liénard, 2A rue de Verdun à Vigneulles-lès-Hattonchâtel. Prise de rdv recommandée. domaine-lpl.fr
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