Tristan et Isolde, au paroxysme de la passion

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Tristan et Isolde, photo de répétition © Jean Louis Fernandez

Opéra en trois actes signé Richard Wagner, Tristan et Isolde est la nouvelle production de l’Opéra national de Lorraine, associé à l’Opéra de Lille et au Théâtre de Caen. Au programme, dès le 29 janvier : de l’inédit et de la passion !

Le 10 juin 1865 était présenté, au Théâtre royal de la Cour de Bavière à Munich, Tristan et Isolde, aux musique et livret signés du grand Richard Wagner. Inspirée en partie par l’amour de ce dernier pour la poétesse Mathilde Wesendonck, l’œuvre venait mettre en musique un poème écrit par Wagner d’après la légende médiévale celtique de Tristan et Iseut. Devenue l’un des monuments de l’art occidental, elle a connu de multiples interprétations à travers les siècles.

Un pari inédit et poétique

Dans cette version nouvelle faisant intervenir l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra national de Lorraine, la direction musicale a été confiée à Leo Hussain, et c’est Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon, qui signe la mise en scène. L’homme fort du théâtre, à la fois poète et metteur en scène fait, avec Tristan et Isolde, ses débuts à l’Opéra. Il frappe fort, et prend le parti de donner corps à un projet utopique et inédit consistant à remplacer le traditionnel dispositif de surtitrage par un texte qu’il a écrit pour l’occasion. Ainsi, sur scène, ses complices de création, les danseurs et chorégraphes Sofia Dias et Vitor Roríz, brandissent des cartons en temps réel. Les mots, qui se posent sur l’action à mesure que celle-ci se déroule, ont pour effet de modifier le rapport habituel des spectateurs au spectacle, tout en intensifiant l’énergie de la musique. Notre perception de l’ouvrage et du mythe en est modifiée, ces écriteaux à tréteaux humains étant comme un trait d’union entre le présent de la scène et nous, spectateurs. Un geste créatif logique venant de Tiago Rodrigues, connu pour sa faculté à « faire descendre les œuvres de leur piédestal pour les partager avec le public », et « passeur de légende » invétéré.

La passion et le politique

Pendant les quatre heures que dure la représentation, Isolde et Tristan vont se haïr, s’aimer, se séparer, mourir, se retrouver. Dans le contexte – l’union du roi de Cornouaille avec Isolde, princesse irlandaise, laisse entrevoir une paix possible -, l’intime et le public se mêlent, et chaque choix commandé par le cœur a des résonnances, des incidences politiques. La passion entre les deux amants, jouets d’enjeux qui les dépassent, est telle que le drame est inévitable, et que la fin tragique sonne comme une délivrance. Tout, ici, relève du projet wagnérien de transformer l’opéra en drame musical.

Tristan et Isolde, photo de répétition © Jean Louis Fernandez

Une histoire en 3 actes

Acte I – Tristan et son fidèle écuyer Kurwenal ramènent d’Irlande la princesse Isolde, promise à Marke, le roi de Cornouailles, pour mettre fin à la guerre entre les deux royaumes. Isolde est furieuse : Tristan a autrefois tué le Morholt, qui était son fiancé. Comme si cela ne suffisait pas, il se fait mutique, par loyauté envers son oncle Marke. Elle confie alors à sa suivante et amie Brangäne son projet de partager avec Tristan une coupe en signe de réconciliation, coupe préalablement empoisonnée. Refusant de tuer sa maîtresse, Brangäne remplace en secret le philtre de mort par un philtre d’amour. Au moment où les futurs amants boivent, leur amour s’enflamme.

Acte II – Profitant d’une chasse royale, Tristan rejoint Isolde, désormais l’épouse de Marke. Au cours de ce rendez-vous fiévreux, les amants, s’abandonnant à leur passion, en appellent à la mort, qui signerait leur délivrance. Piège orchestré par le traitre Melot, la partie de chasse guide le roi jusqu’au repère des amants. En découvrant cet amour interdit, Marke exprime sa douleur face à la trahison de Tristan. En proie à d’intenses remords, Tristan défie Melot en duel, mais se jette sur son épée.

Acte III – Reclus dans son château, Tristan agonise, veillé par Kurwenal. Il espère une visite d’Isolde, qu’il perçoit comme sa planche de salut. Hélas, cette dernière arrive trop tard, le dernier souffle de Tristan venu. Pour venger son maître, Kurwenal se jette sur Melot dans un duel qui les tue tous les deux. Fou de douleur, Marke pardonne à son neveu et reconnaît l’amour de Tristan et Isolde. Seule dans la nuit, Isolde s’embrase une dernière fois au souvenir de Tristan et rejoint son amant dans la mort.

Calendrier 
Dimanche 29 janvier à 15h*
Mercredi 1er février à 19h
Samedi 4 février à 19h
Mardi 7 février à 19h
Vendredi 10 février à 19h
* cette représentation propose un atelier du dimanche.

Tarifs de 5 à 75€. Enfant -12 ans : 5€
Tarif dernière minute réservé aux jeunes (-30 ans), étudiants, demandeurs d’emploi, bénéficiaires de la CMU et porteurs de la carte d’invalidité : 8€ (une heure avant le début de chaque représentation, sous réserve de places disponibles).

Le quart d’heure pour comprendre 45 minutes avant le début du spectacle (gratuit, sur présentation du billet)

Durée 4h40 avec 2 entractes
Spectacle en allemand surtitré
Tout public dès 11 ans

Infos et réservations : www.opera-national-lorraine.fr 
publireportage - photos © Jean Louis Fernandez , DR