Taxidermie, dans les coulisses du muséum

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Jusqu’au 29 septembre, le Musée-Aquarium vous présente au travers de vingt photographies le passionnant domaine des taxidermistes. Un métier souvent méconnu qui est pourtant au cœur des collections d’un muséum.

Taxidermie. C’est vrai que c’est un mot curieux : taxi et dermie. Taxi comme les voitures ? Bien sûr que non vous dirait-on au premier abord. Et pourtant, il y a une parenté évidente puisque l’étymologie de taxi[mètre] et de taxidermie est la même : du grec taxis qui signifie arrangement. Dès lors, vous avez tout compris : taxidermie signifie arrangement de la peau, ou plutôt d’une dépouille à qui l’on redonne l’apparence d’un animal vivant. C’est un métier délicat qui évolue en permanence en fonction des nouvelles technologies. Il réclame à la fois des vrais compétences techniques mais aussi une âme d’artiste pour donner le meilleur rendu.

« Empaillés »

Pour être juste, il faut être précis. Et dans ce domaine, on ne peut pas désigner les animaux présentés au Muséum de Nancy comme uniquement des animaux empaillés. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils ne sont pas tous empaillés. Les méthodes évoluent. On est loin maintenant du fameux rhinocéros de Louis XV enduit de goudron.
Alors, c’est vrai, durant des décennies, on a empaillé les animaux. C’est-à-dire qu’une fois la peau tannée, ce qui lui permettait d’éviter de se décomposer, on la posait sur une structure en bois et fer recouverte de paille. C’est cette paille qui, modelée, donnait la forme de l’animal. Les parties qui ne pouvaient être tannées ou séchées (les muqueuses comme les gencives, les yeux, la langue…) étaient dupliquées en verre ou en plâtre peint. De nos jours, si les taxidermistes continuent de reproduire des gestes issus d’une longue tradition, les matériaux ont bien changé : les gabarits sont sculptés dans de la mousse, les langues sont en silicone teinté dans la masse, la résine a autorisé de nouvelles libertés. Vous comprendrez qu’on ne peut plus vraiment parler d’animaux empaillés ! Il faut mieux employer le terme de naturalisé.

Un univers passionnant

Etre taxidermiste, c’est bien sûr maîtriser des techniques précises pour préserver au mieux certaines parties organiques comme la peau. Il faut bien la tanner sinon, gare aux poils qui tombent et aux invasions d’insectes ! C’est aussi être artiste pour donner un aspect « vivant » à l’animal. Cela passe par une bonne connaissance de l’animal, de ses habitudes, de son cadre de vie, de sa manière de se déplacer…
Grâce à la taxidermie, des individus d’espèces aujourd’hui quasi éteintes ont pu ainsi être préservés comme le thylacine (le fameux « loup de Tasmanie »).
Et puis, l’exposition permet aussi de se rendre compte que tout ne peut pas être naturalisé par le biais de la taxidermie.

L’hommage de Jacques Vekemens

L’exposition présente dans la galerie de l’Astrolabe vingt photographies de Jacques Vekemens. Ce dernier a suivi pendant plusieurs mois un taxidermiste du Muséum national d’histoire naturelle à Paris et a capté les unes après les autres les différentes étapes permettant à une peau tannée de reprendre vie.
Ses images aux allures souvent évanescentes sont un bel hommage au monde caché de la taxidermie qui reste le partenaire indispensable des expositions d’histoire naturelle.

N’oubliez pas en sortant de l’exposition d’aller faire un tour à l’aquarium voisin. Bassins et signalétiques ont été refaits. Cela mérite amplement la visite.Du 15 juin au 29 septembre 2013, dès 5 ans Muséum-Aquarium de Nancy34 rue Sainte-Catherine 54000 Nancywww.museumaquariumdenancy.euTous les jours : 10h-12h, 14h-18h