Montier-en-Der zoome sur la biodiversité

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De ses grands yeux jaunes et noirs le hibou des marais scrute les alentours. © Louis-Marie Preau

Si les dimensions ont changé, il reste, du salon créé en 1996 à l’initiative de copains passionnés, l’esprit de découverte et la volonté de rencontre… A Montier-en-Der en Haute-Marne, le Festival international de la photo animalière et de nature accueillera, du 18 au 21 novembre, plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. Dites « cheese » !

Unis par une même passion de la photo et de la nature, une bande de copains organise, il y a vingt-cinq ans, un salon de deux jours autour de la prestigieuse exposition du concours « Wildlife Photographer of the Year », compétition la plus importante au monde dans le domaine de la photo de nature… 4 000 visiteurs s’y pressent. L’année d’après, le salon devient festival et l’organisation se structure en Association pour le festival de la photo animalière et de nature, AFPAN « l’Or Vert ». Ladite « bande de copains » peuvent-ils alors envisager que ce festival, tout en demeurant grand public, ferait un jour référence dans le monde de la photo animalière et de nature au point d’accueillir plus de 40 000 visiteurs ?

De grands noms associés

Pourtant les indices étaient là et l’essor, fulgurant. En quelques années seulement d’existence, la manifestation devient incontournable tant pour les photographes amateurs et photographes professionnels que pour les contemplateurs de nature et le grand public. Il accumule donc, année après année, les parrains et marraines de choix : Allain Bougrain-Dubourg, Yann Arthus Bertrand, Yves Coppens, Hubert Reeves, Nicolas Vanier, Matthieu Ricard, Isabelle Autissier, Jacques Perrin, Tim Laman… et accueille la crème de la crème des photographes français et photographes étrangers : Vincent Munier, Jim Brandenburg, Frans Lanting, Steve Winter, James Balog, Dr Bindeshwar Pathak, Gilles Boeuf, Louis Espinassous, Kyriakos Kaziras, Reza…

©Kyriakos-KAZIRAS

Progressivement, le Festival international de la photo animalière et de nature s’impose comme le lieu de rencontres privilégiées entre photographes, naturalistes, associations, professionnels et grand public.

Ode à la biodiversité

Et en cette année de renouveau, après une édition 2020 annulée pour raisons sanitaires, le Festival a la ferme intention de mettre à l’honneur la biodiversité ! Au premier plan de cette 24e édition, les steppes, prairies, déserts, montagnes, rivières, lacs, mers, océans, forêts… sans oublier la relation homme-animal, si belle et si complexe.

© Joël Brunet

A la fois pointu et accessible, le Festival met à disposition des visiteurs des conférences et tables rondes, ainsi que 100 forums sur la connaissance naturaliste et la technique photo. Et parce qu’il se veut l’espace de discussions sur les grandes questions environnementales, il ouvrira 7 espaces dédiés à l’échange et au débat… tout en faisant, cette année encore, une grande place à l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable ; 3000 scolaires seront accueillis !
Professionnels de la photo et photographes amateurs retrouveront quant à eux l’incontournable Village des marques et ses 1000 m2 dédiés aux ventes, prêts et démonstrations de matériel photo et optique spécifiques à la photo de nature.

© Dean Gill

Le choc d’une photo
Puissant, percutant, le cliché qui a été retenu pour devenir l’affiche officielle du Festival est signé Dean Gill, photographe, et météorologue depuis trente ans. Voici ce qu’il en dit : « Il s’agit d’un puissant impact de foudre positif venant du haut du cumulobimbus, le nuage d’orage. Souvent, les coups de foudre positifs sont dépourvus de ramifications, mais celui-ci en était bien pourvu. Le tonnerre produit par ce genre d’impact est très caractéristique, comme une grosse canonnade qui fait trembler les vitres. La photos a été prise depuis le Plan du Salève en Haute-Savoie. Les habitations en bas se trouvent quelque-part entre Vovray-en-Bornes et Menthonnex-en-Bornes ». Dean Gill, « chasseur d’orages », sera présent lors de cette 24e édition.

Des invités et des expositions

Fidèle à son habitude, le Festival s’est adjoint la participation de parrains prestigieux : le franco-grec Kyriakos Kaziras, et le danois Morten Jorgensen, qui offriront à voir deux regards sur l’ours polaire, le premier privilégiant une approche artistique et le second, une approche scientifique… C’est Gilles Bœuf, biologiste français, qui endossera le rôle de parrain scientifique de la manifestation.

© AFPAN l’Or Vert

Une quinzaine de photographes seront par ailleurs présents en tant qu’invités. Parmi eux Laurent Ballesta, spécialiste de la vie sauvage sous-marine, Bertrand Bordin, grand connaisseur des loup Bertrand, des abeilles… mais aussi Michel Denis-Huot et sa série dédiée au Kenya, Rémi Flament et ses clichés souterrains, Gilles Martin et sa faune des abysses, Tanguy Stoeckle et ses chauve-souris…
Les visiteurs seront conviés à deux expositions-phares, l’une dédiée à Jean-Jacques Aubudon, artiste, savant, ornithologue et naturaliste français né en 1785, et qui a passé trente ans de sa vie à repérer, observer, peindre tous les oiseaux du continent nord-américain… l’autre mettant en lumière le travail collectif d’artistes locaux au cœur du territoire de la zone Ramsar des étangs de Champagne humide…
Signalons, enfin, qu’un espace dévoilera les clichés lauréats du concours photo organisé chaque année par l’AFPAN « l’or vert »… En 2021, 2879 candidats de 83 nationalités ont tenté leur chance !

Le festival en quelques chiffres 
• an de préparation
15 • sites d’exposition
40 • heures de conférences
100 • mini forums
250 • exposants
400 • bénévoles
2000 • photos
44 000 • visiteurs

Cécile Mouton

La panthère des neiges en avant première le 21 novembre

Film documentaire réalisé par Marie Amiguet et Vincent Munier 

Au cœur des hauts plateaux tibétains, le photographe Vincent MUNIER entraîne l’écrivain Sylvain TESSON dans sa quête de la panthère des neiges. Il l’initie à l’art délicat de l’affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes. En parcourant les sommets habités par des présences invisibles, les deux hommes tissent un dialogue sur notre place parmi les êtres vivants et célèbrent la beauté du monde. Projection du film  suivie d’un échange avec les auteurs en visio-conférence. Projection parrainée par la Région Grand Est. 

Biologiste de formation puis diplômée d’un Master de cinéma animalier (IFFCAM), la réalisatrice franco-suisse Marie AMIGUET tourne avec Jean-Michel BERTRAND La Vallée des loups et réalise Avec les loups, un portrait du cinéaste. En 2017, elle rencontre Vincent MUNIER avec qui elle signe Le Silence des bêtes, coup de gueule contre le braconnage des lynx. Puis elle s’embarque dans l’aventure au Tibet pour filmer la rencontre de l’écrivain et du photographe.

Vincent MUNIER est un photographe, cinéaste et éditeur, amoureux des grands espaces et sensible à la poésie du monde sauvage. Des Vosges à l’Arctique en passant par le Tibet, il tente, via ses photographies, livres et films, de partager sa passion et surtout d’alerter sur le besoin vital d’être en harmonie avec les autres êtres vivants. Il a fondé KOBALANN Éditions & Productions en 2010 et est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages, dont Solitudes, Arctique et Tibet, minéral animal.

Projection Panthère des Neiges : dimanche 21 novembre – 10h30 & 13h00 au Cinéquai de Saint-Dizier • Réservations obligatoires sur www.cinequai.fr/film/374624 • Tarif : 6€50 – Pass sanitaire obligatoire
Du 18 au 21 novembre à Montier-en-Der • Tél. 03 25 55 72 84 • Photo-montier.org • Réseaux sociaux : @Festivalmontier 
Photos © Kyriakos Kaziras, Joël Brunet, AFPAN L'Or Vert, Dean Gill