Monologue d’après-guerre

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Du 3 au 15 octobre, la Cie Fabbrica et l’Ensemble Stanislas présentent la pièce « Quoi de neuf sur la guerre ? » adaptée du texte de Robert Bober.

Le comédien François Clavier, seul en scène, est entouré du Quatuor symphonique Stanislas apportant une puissante résonnance à l’adaptation scénique des écrits de Robert Bobert. Une véritable rencontre entre Histoire et musique moderne se produit au travers de ce monologue théâtral. « Il ne s’agira pas de « reconstituer » ces tragiques histoires qui parcourent le livre. Il s’agira de raconter avec simplicité ce qui est arrivé à une génération d’humains violemment embarqués dans ce naufrage de l’humanité » explique Charles Tordjman, le metteur en scène de la pièce. « Les jeunes générations ont besoin d’entendre ces histoires, elles ont besoin de savoir, elles ont besoin de découvrir le courage, la lucidité qu’il faut pour se reconstruire. Même si les sanglots ne sont jamais bien loin nous essaierons de rendre hommage à ces générations déchirées qui ont bâti le monde dans lequel nous vivons. »

Rien de neuf sur la guerre

Pour situer l’histoire, nous sommes en 1945-1946, dans un atelier de confection pour dames de la rue de Turenne, à Paris. Il y a là M. Albert, le patron, et sa femme, Léa. Leurs enfants, Raphaël et Betty. Léon, le presseur. Les mécaniciens, Maurice, rescapé d’Auschwitz et Charles dont la femme et les enfants ne sont pas revenus. Et les finisseuses, Mme Paulette, Mme Andrée, Jacqueline. Et il y a l’histoire de leurs relations et de leur prétention au bonheur. Dans l’atelier de M. Albert, on ne parle pas vraiment de la guerre. On tourne seulement autour même si parfois, sans prévenir, elle fait irruption. Alors les rires et les larmes se heurtent sans que l’on ne sache jamais qui l’emporte. Alors, « ceux qui ont une idée juste de la vie » proposent simplement un café ou un verre de thé avec, au fond, un peu de confiture de fraises.

1981-1982. Le journal intime de Raphaël, alors qu’en France progressent les activités antisémites. Trente-cinq ans après, quoi de neuf sur la guerre ? Rien de neuf sur la guerre. Parce que, comme le disait M. Albert en 1945 : « Les larmes c’est le seul stock qui ne s’épuise jamais. »

Maintenir la pérennité de la culture juive

Jouée au cœur de l’Association Juive de Nancy, cette pièce aura une résonnance toute particulière. L’association s’est donnée pour mission de maintenir la pérennité de la culture juive sous toutes ses formes, de perpétuer la mémoire de la Shoah, de lutter contre le racisme, l’antisémitisme et toute forme d’exclusion. Elle se veut ouverte sur le monde et la cité, et travaille volontiers en partenariat avec d’autres associations sur des projets définis.

Paru en 1993, le livre de Robert Bober a reçu le prix du Livre Inter l’année suivante. Il est aujourd’hui à découvrir sur les planches dans une mise en scène contemporaine pour entretenir le devoir de mémoire et surtout, ne jamais oublier.

Du 3 au 15 octobre • Tarifs : de 10 à 20 € • Réservations : 06 84 56 79 68 ou [email protected] ou billetweb.fr

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