L’Electrapp by Bobine de Cuivre

86
© Yvonne Corbière

Après la sortie de son album « Trapp my world » en septembre 2019, Victor Trapp aka Bobine de Cuivre continue d’électriser la scène électro-rap avec un nouveau morceau « Trappcore ».

« Salutation, Bobine de Cuivre. Ami des uns et copain des autres, sèche tes larmes et te fais sourire. Ne fait pas ça pour la réputation, il aime le rythme, ça c’est clair, il débite vite, incroyable ! » C’est comme ça qu’il se présente, Bobine de Cuivre, dans son morceau « Super bobine ». Derrière ce pseudo, pour le moins énigmatique, se cache un jeune nancéien aux cheveux roux et bouclés. Ceci explique cela… « C’est vrai que mon nom de scène fait référence à mes cheveux… il y a une autre histoire derrière mais on va se cantonner aux cheveux ! » rigole-t-il. Mystère… En tout cas, ce que l’on sait, c’est que Victor Trapp crée son personnage en 2017 pour participer à un tournoi de rap, organisé à La Machine à Vapeur à Nancy. « Tout ça est parti d’une bonne blague mais finalement ces expériences m’ont donné la vocation de la musique et de la scène : j’ai eu un vrai retour de la part du public et j’ai eu envie d’en voir plus ! » 

« La liberté qu’apporte le rap »

Son truc à lui, c’est de mêler la musique électro avec le rap. Un style qu’il baptise « Electrapp », en référence à son nom. Il s’inspire surtout du grime anglais avec des rappeurs aux « flows rapides » comme Wiley, Skepta, Dizzee Rascal. « J’aime aussi l’univers déjanté des Russes de Little Big, le personnage assumé de Lorenzo. Et bien sûr VALD et Salut C’est Cool ! » Dans son premier album « Trapp my World », Bobine de Cuivre nous emmène dans un voyage. Enfin, dans son voyage un peu délirant aux sonorités techno, afro, house et trans. « Ce que j’aime dans le rap, c’est la liberté que ce style apporte. Il est à la fois accessible car tout le monde peut raconter quelque chose. Mais en même temps, il peut être complexe car il y a plein de façons d’exposer une histoire ! Et c’est pareil pour l’électro qui comporte beaucoup de styles différents et qui apporte cette touche festive, électrique à mes sons. » 

Sur scène, Bobine de Cuivre livre un véritable show, entouré de ses deux backeurs, Bogdan et Kija, et de DJ Ferrari : « Je conçois mes concerts comme des spectacles avec la mise en scène, la danse, les éclairages… J’ai eu de la chance de pouvoir me produire en 2020 notamment au Nancy Jazz Pulsations et au festival l’Eté Indien organisé par L’Autre Canal. On a participé à des captations vidéo aussi… mais c’est sûr que la scène nous manque ! »

Berger des teufeurs

Sérieux mais en gardant son humour et son second degré, Victor écrit tous ses textes en accordant un intérêt particulier aux rimes riches multi syllabiques et à un flow particulièrement rapide et découpé. « J’aime ce paradoxe entre la rigueur que demande l’écriture et cette touche d’humour qui donne de la souplesse à tout ça ! » La musique électro, Victor la confie la plupart du temps à Jabba et Négroïde, deux artistes qu’il connait depuis une quinzaine d’années et avec qui il parle « la même langue » !

© Mael Joanas

Épaulé par L’Autre Canal dans le cadre du dispositif d’accompagnement Grand Large, Bobine de Cuivre continue sa progression et planche sur plusieurs projets. Il a d’ailleurs sorti un nouveau clip « Trappcore » ( disponible sur YouTube ), en décembre dernier. Un hymne à la fête, à la liberté et à l’acid rap. « C’est un remix du conte Le Joueur de Flûte d’Hamelin qui chasse des rats d’une ville… Moi, dans ce morceau, je suis un peu le berger des teufeurs en manque de soirées » plaisante-t-il. Une production regroupant 30 figurants faisant la part belle à des lieux incontournables de Nancy : le bistrot Héré, L’Autre Canal, le Palais du Gouverneur, le Musée des Beaux-Arts… Mais ce morceau n’est pas un teasing d’un futur album. « Je le vois plus comme un marque page entre le passé et l’avenir. Un morceau à apprécier seul, pour ce qu’il est ! Mais je serai présent en 2021 avec un projet, c’est sûr ! Sous quelle forme et quand… Ça, je ne peux pas encore vous le dire ! » 

Pauline Overney

En savoir plus : page Facebook @Bobinedecuivre et [email protected]

Photos © yvonne corbière, mael joanas