Katia Astafieff défriche et déchiffre le monde

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Katia Astafieff

Tout juste revenue d’Inde, l’écrivaine, biologiste et baroudeuse Katia Astafieff a posé son sac à dos le temps d’une rencontre.

Avec la poupée russe, Katia Astafieff a des choses en commun. Biologiste de formation et spécialisée en communication scientifique, elle est un des visages connus du Jardin botanique Jean-Marie Pelt. Scientifique dans l’âme n’aimant rien plus que vulgariser, elle fait œuvre de pédagogie à travers des livres, des conférences. Écrivaine passionnée, elle publie les récits de ses aventures et des livres pour enfants, anime des ateliers d’écriture. Voyageuse baroudeuse, elle quitte régulièrement ses quartiers nancéiens pour courir le monde. Bref, chez Katia la matriochka, une passion en cache une autre, qui en cache une autre, qui en cache une autre, qui…

Première étape : Montréal

On imagine assez aisément l’enfant intrépide, aventureuse, qu’elle a été. Et l’on se trompe aussi lourdement. « J’étais une enfant calme, sage. Je lisais, et me contentais de rêver d’aventure. J’étais comme en attente ». Les catalogues de voyages dont elle feuillette les pages éveillent, à force, des envies de départ. Mais quand ? Et comment ? Élève, puis étudiante studieuse, elle saisit l’opportunité que représente son premier stage post-études pour décoller direction Montréal. 

Elle enquille avec une traversée du Canada, qu’elle effectue seule ; c’est que, déjà, l’urgence de voyager prend le pas sur les éventuelles disponibilités des uns, des autres. « Une fois lancée, j’ai réalisé que voyager solo ouvre à la rencontre, et annule toute possibilité d’ennui ». Dès lors, Katia s’organise pour partir dès qu’elle le peut, et pratique l’art, absolument légal, de cumuler les congés pour rallonger ses séjours. Durant une année sabbatique, elle prendra le transsibérien et s’en ira voir la Mongolie, la Chine, l’Asie du Sud Est, le Vietnam…

Elle est « La fille qui (a vu) l’ours »

Spontanément, on penserait peut-être que partir seule exige plus de préparation et moins de spontanéité. Peut-être, mais pas pour cette habituée des trips en solitaire. « Je voyage le plus spontanément possible, en me concentrant sur l’important : faut-il un vaccin ? Un visa ? Je prends mon billet d’avion et une ou deux nuits en arrivant, mais c’est tout ».

Un voyage a fait exception à la règle : la grande randonnée en pleine forêt québécoise effectuée il y a deux ans, et dont elle a tiré un livre : « La fille qui voulait voir l’ours » (Éditions Arthaud). « Consciente que j’allais marcher durant des jours en étant complètement immergée en pleine nature, et donc sans certitude de pouvoir me ravitailler, je me suis fait envoyer des colis de nourriture à différents points de mon parcours. Je me suis également beaucoup préparée physiquement ». Le parcours, qui lui apparaissait « accessible », s’est révélé raide, accidenté… et fructueux. Car « l’ours », « la fille » l’a vu !

Poupée russe ou agent double, l’hésitation, concernant Katia Astafieff, est de mise. Réussissant comme personne à mêler ses trois passions (du vivant, du voyage et de l’écriture), elle est, Face A, la dynamique directrice adjointe du Jardin Botanique de Nancy. Face B, elle voyage et écrit, court les salons du livre et les conférences. « Naturellement, progressivement, je me suis construit une double vie. Cela demande de l’organisation ». Son intérêt pour les sciences, sa passion du voyage et du partage nourrissent, emplissent son écriture. Sa passion de l’écriture, du vivant, l’enjoint à voyager encore et toujours, plus loin et plus fort. En prosélyte assumée, elle a fait paraître, en 2016, « Comment voyager seule quand on est petite, blonde et aventureuse » (Éditions du Trésor), livre à succès ressorti au format de poche (Pocket). « J’ai voulu encourager ceux, et surtout celles, qui n’oseraient pas partir seul.e.s, à se lancer, à surmonter leurs peurs ».

Lorsqu’elle anime un atelier d’écriture en MJC ou médiathèque, c’est pour faire de cet exercice solitaire qu’est l’écriture un temps de partage, d’enrichissement réciproque. Lorsqu’elle écrit sur les plantes, comme dans « L’Aventure extraordinaire des plantes voyageuses » (Dunod), c’est pour dispenser son savoir de manière accessible. L’écriture, le voyage, la science ne seraient-ils finalement, pour Katia Astafieff, que de nobles prétextes à rencontrer les êtres vivants (ours et végétaux compris) dans toute leur diversité ? La question est on ne peut plus rhétorique.

Un ouvrage paru, un autre à paraître
Katia Astafieff est rentrée d’Inde à temps pour assister à la parution de son deuxième livre pour enfants : « Les plantes carnivores font mouche » (Éditions Lucca). Dans sa volonté d’expliquer la science de manière accessible et avec humour, elle a inventé un genre : l’enquête botanique. Roman policier à double lecture intelligemment illustré par Gilles Macagno, l’ouvrage plaira aussi bien aux enfants qu’aux parents (et grands-parents) !
Dans un autre style, l’autrice fera paraître, le 12 avril, « Les plantes font leur cinéma » (Dunod). « J’ai décortiqué des films et des thèmes de films à travers lesquels je parle des plantes, de celles qui séduisent à celles qui tuent ».

Retrouvez toute l’actualité de Katia Astafieff sur sa page Facebook : Katia Astafieff et sur son site internet : katia-astafieff.fr • Pour la rencontrer, rendez-vous au festival Le Livre à Metz samedi 15 et dimanche 16 avril !
Photos © Katia Astafieff, DR