2 sites à (re)découvrir dans les Vosges

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Dans le cadre spectaculaire du Massif des Vosges, Allemands et Français, de 1914 à 1918, se sont affrontés dans une guerre de montagne, bien différente de celle menée dans les autres régions du front occidental.

La grande proximité des lignes ennemies, les tranchées, les sapes, les abris, tout ici a été conditionné par les contraintes du climat et du relief. Aujourd’hui, leurs nombreux vestiges se découvrent en randonnées, le long de l’impressionnante barrière bétonnée qui s’étend sur une centaine de kilomètres de sentiers balisés, du Col de la Chapelotte jusqu’au Sundgau.

Eclipsées par les grandes batailles de la Meuse, les Vosges sont pourtant une importante terre de mémoire du premier conflit mondial. Dans les forêts, sur les crêtes, l’histoire est inscrite dans le paysage. Bunkers, abris bétonnés, pitons fortifiés, galeries, tranchées… particulièrement bien conservés se dévoilent au fil des sentiers. Plusieurs musées ont ouvert leurs portes au cœur du massif, dont celui du Linge et du Vieil Armand.

Mémorial du Linge

Inauguré en 1981 à Orbey, le Musée Mémorial du Linge, retrace l’histoire d’une bataille particulièrement meurtrière. 17 000 morts parmi les régiments français de chasseurs alpins et allemands de la Landwer bavaroise entre le 20 juillet et le 15 octobre 1915.Ensuite, Français et Allemand restèrent face à face jusqu’au 11 novembre 1918. En 1968, ce champ de bataille, classé site historique en 1921, sort de l’oubli avec la création de l’Association du mémorial du Linge, dont les bénévoles déblaient les tranchées et les blockhaus sommitaux, restés intacts, en exhumant de nombreux objets et corps de soldats disparus. Le site du Linge est dans un état de conservation exceptionnel, il permet aux visiteurs de comprendre comment les sommets vosgiens se sont transformés en forteresses quasi-imprenables entre 1914 et 1918. Le musée montre les objets français et allemands trouvés sur place : armes, munitions, objets personnels et reliques. Mannequins de chasseurs français et allemands, maquettes du champ de bataille, photos, textes, cartes géographiques…

LM21-015

Hartmannswillerkopf, site national de mémoire

Le Hartmannswillerkopf (HWK), aussi nommé Vieil-Armand par les poilus français dès 1915 ou encore « montagne de la mort », culmine à une altitude de 956 mètres et surplombe la partie sud de la plaine d’Alsace. Sa position est donc éminemment stratégique. Français et Allemands se disputaient durement ce poste d’observation sur la plaine d’Alsace. Rien qu’en 1915, le sommet changea 4 fois de camp. Les combats continueront pendant toute la guerre sur ce champ de bataille dévasté par les obus, les gaz et les lance-flammes. Sa conquête devait assurer le succès d’une offensive française sur la région mulhousienne. Le nombre exact de morts ne sera jamais connu mais au moins 30 000 soldats y périrent. Un mémorial composé d’une crypte avec d es ossements de 12 000 soldats inconnus leur rend aujourd’hui hommage. L’ ossuaire est gardé par deux cariatides conçues par le célèbre sculpteur Antoine Bourdelle.2 circuits de visites sont proposés : une ascension de 30min du Vieil-Armand jusqu’à sa grande croix ou un parcours de 2h30 parmi les tranchées et les anciens abris.

Plus d’infos sur www.linge1915.com et sur www.ahwk.fr