RING tire la sonnette… de création !

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Christophe Raynaud de Lage Qui a peur du loup

MANIFESTATION ANNULÉE

Temps fort consacré à la création théâtrale, le festival RING revient pour une 7e édition, du 1er au 12 avril, en compagnie d’artistes singuliers. En écho au précédent opus, lumière sera faite sur les nouvelles technologies, omniprésentes dans nos vies… et dans les spectacles programmés ! 

« Molière s’inspirait de tout ce qu’il y avait de plus innovant pour ses mises en scène. Les Grecques ont aussi utilisé les nouvelles technologies de leur époque avec les portes voix par exemple. » Michel Didym, directeur du théâtre de La Manufacture, dévoile les contours de cette 7e édition de RING : « Le numérique sera de nouveau au cœur de la programmation. Une programmation que nous voulons multidisciplinaire avec du théâtre, de la danse, du cirque, du théâtre d’objets, de la magie numérique… Des installations-performances et surtout des expériences collectives ! »
RING, c’est le festival des découvertes. Le festival qui nous pousse en dehors de notre zone de confort. Qui nous amène à la réflexion. RING, c’est un panel d’artistes qui partagent un kaléidoscope de regards et d’émotions sur le monde. RING, c’est « le festival de tous les publics. Car il est important pour nous de donner la chance à tout un chacun de s’élevé par l’art. C’est pourquoi nous programmons plusieurs événements gratuits. »

Sur le fil

En ouverture, le 1er avril, le public pourra découvrir « Résiste », une performance artistique Place Stanislas. « La compagnie Les filles du renard pâle est une troupe magnifique, composée de jeunes filles rousses, d’où leur nom. Elles apportent ici l’art du fil de fer » s’enthousiasme Michel Didym. Johanne Humblet, funambule et fil de fériste, a inventé un procédé : « Son fil est relié à deux mâts qui sont en mouvement permanent. A chaque instant, elle se met en danger, jusqu’à se mettre quasiment à la verticale par moment, résistant à l’apesanteur, à la chute… » explique Emmanuelle Duchesne, secrétaire générale de La Manufacture. Accompagnée par un musicien en live, Johanne Humblet livre une performance poétique, symbole d’une métaphore sur notre vie : lorsque l’on est sur le fil, face à l’inconnu, presque prêt à risquer sa vie… pour vivre ! 

©Nicola Milatovic

Propagation d’un virus… complot mondial ?

Il est fou de voir comment la fiction peut rattraper la réalité. Ou comment la réalité peut rattraper la fiction ? Du 3 au 5 avril, le collectif berlinois Prinzip Gonzo – dont les comédiens sont francophones – présentera « G.O.U.L.E », une création spécialement conçue pour RING… faisant étrangement écho à notre actualité. Sur la Place Stan’, cinq membres de la secte G.O.U.L.E répandent leur théorie de « fin-des-temps » : « Toutes les plus grandes puissances du monde auraient envoyé un virus pour transformer le monde en zombies » s’amuse Michel Didym. « Les artistes inviteront les passants dans leur laboratoire. Ils feront des tests pour savoir s’ils ne sont pas contaminés puis ils s’organiseront pour définir les rôles qu’ils auraient pour résister à ce virus ! » Adepte des projets participatifs, ce collectif avait déjà présenté « Game Over » au festival Neue Stücke en demandant aux spectateurs leurs choix de vie après leur mort. Spoiler alert : les gens choisissaient exactement la même vie qu’ils avaient !

Toujours plus de rendez-vous gratuits !

RING, c’est aussi un festival qui donne sa place à la musique. En témoigne l’installation interactive et immersive « Volumes », créé par Aurore Gruel de la Cie Ormone. A découvrir du 4 au 8 avril au CCAM de Vandoeuvre, il s’agit en fait d’une sculpture sonore virtuelle, constituée d’objets sonores interactifs qui réagissent aux déplacements et aux gestes des visiteurs. 

Pour les spectateurs qui ne peuvent se passer de musique, le collectif Off Kultur a élaboré une programmation d’afters musicaux, gratuits, à découvrir à l’issue de certains spectacles au théâtre de La Manufacture. Au menu : une virée dans un décor de film avec Ippon le 2 avril, un DJ set house organisé proposé par Ben Unzip le 3 avril, le blues européen de Russo Amorale le 6 avril, l’électrapp de Bobine de Cuivre le 8 avril, les mix groovy et sexy de Quinze Nonante Sept le 9 avril et enfin le DJ set électro groove d’Incredible Polo le 10 avril. Avant la soirée de clôture balkanique « Ringe Ringe Raja » (à prononcer « ringueu ringueu raya ») à la MJC Lillebonne, le 11 avril dès 19h30. Concerts, DJ set, ambiance électrique et débridée, à boire et à manger… De quoi fêter cette 7e édition de RING en beauté… Enfin, si Prinzip Gonzo réussit à éradiquer ce mystérieux virus avant !

Du 1er au 12 avril • Programme complet, billetterie et kit RING en ligne :
theatre-manufacture.fr/festivalring • Renseignements et réservations :
03 83 37 42 42 ou [email protected]

91 minutes et 30 secondes

Artiste associé à La Manufacture depuis son passage à RING #6, Raphaël Gouisset présentera sa dernière création les 2 et 3 avril prochains. 

Raphaël est notre lien, notre fil rouge entre le dernier opus du festival RING et cette nouvelle édition. » Au sein de la Cie Les Particules, Raphaël Gouisset explore les possibilités et les manières d’intégrer le numérique et particulièrement le web à ses créations théâtrales.
Dans « WORLDWIDEWESTERN », un spectacle présenté à RING #6, Raphaël Gouisset se glisse dans la peau d’un cowboy et surfe déjà sur internet. En direct, sur le plateau. Il projette son écran au mur et fait vivre son parcours numérique au public. Depuis cette 6e édition de RING en 2018, Raphaël Gouisset est artiste associé à La Manufacture et travaille sur sa nouvelle création baptisée « Je ne suis pas un astronaute ». 

Particules Astro

La « solastalgie » ou l’éco-anxiété

91 minutes et 30 secondes. C’est la durée exacte de ce spectacle. Pourquoi ? Car c’est le temps que met l’ISS (la Station Spatiale Internationale) pour faire le tour de la terre. Echafaudage en guise de rampe de lancement, casque de coiffeur sur la tête, Raphaël Goussiet se transforme en Apollo. « C’est vraiment l’univers de Raphaël. Il aborde des sujets sérieux mais en gardant cette touche enfantine et surtout beaucoup d’humour » souligne Emmanuelle Duchesne, secrétaire générale de La Manufacture. Sur terre, Damien Brégère sera son Houston et jouera la musique en live. En décor, le streaming d’une webcam diffusant en direct de l’ISS sera projeté, rattachant en permanence le spectacle au réel. « L’idée de cette création est venue lors de ma résidence hors les murs à l’Observatoire de l’Espace du Centre National d’Études Spatiales à Paris. J’ai toujours été fasciné l’Espace, l’infini… Sur Youtube je regarde en boucle SpaceX ! Et puis, enfant, j’ai sûrement rêvé d’être astronaute. Je le deviens le temps de ma performance » explique Raphaël. 

Depuis un an maintenant, l’artiste échafaude cette nouvelle création qu’il a fait évoluer grâce différents ateliers animés pour des lycéens et étudiants. Raphaël Gouisset y explore le thème de la « solastalgie » : « Aussi appelée l’éco-anxiété, c’est une forme de souffrance psychique ou existentielle causée par les changements environnementaux, actuels et attendus. » Dans son costume d’Apollo, Raphaël se pose alors une question : Rester ou fuir ? Se réfugier dans un monde imaginaire ou affronter ces problèmes inévitables ? 

Particules Astro

« Je suis démuni mais je l’assume »

« Je ne suis pas un astronaute » abordera bien sûr les problématiques environnementales mais fera part aussi de tentatives d’identification de problématiques sociales à venir : les populations de la région PACA devront se réfugier vers les montagnes, faute d’un accès à l’eau imminent ? « Dans ce spectacle, mon objectif est de montrer mon ressenti face à tous ces problèmes : je suis démuni mais je l’assume et je le transcris via cette création artistique. » Même si Raphaël essayera de ne pas être trop « no futur », l’artiste n’édulcore pas la réalité et tente d’éveiller les consciences. 

Il présentera donc ce nouveau spectacle, les 2 et 3 avril prochains, à La Manufacture. Fruit de l’aboutissement de sa résidence commencée il y a deux ans. « Grâce au CDN, j’ai pu jouir d’un véritable confort de travail, avoir accès à des moyens pour mettre sur pied ce spectacle. J’ai testé mes différentes étapes de travail dans des conditions optimales. C’est une équipe qui m’a fait confiance. Dans mes doutes, mes échecs et mes réussites, aussi. Mon objectif est de partir en tournée avec ce spectacle après RING, de retourner dans ma région natale, à Lyon. Sans perdre le contact avec le Grand Est qui m’a beaucoup appris. » 91 minutes et 30 secondes. C’est le temps qu’aura Raphaël pour prendre une décision : fuira… fuira pas ? Un dossier de Pauline Overney

Les 2 et 3 avril à La Manufacture • Tarifs : 22 €, 17 €, 8 € (sauf pass et kits)
Renseignements et réservations : 03 83 37 42 42 ou theatre-manufacture.fr
lesparticules.org

Photos © NicolaMilatovic, dr