Pleins feux sur Le Jardin du Michel !

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Poupie © Nicolas Lorieux

Les 3, 4 et 5 juin, Le Jardin du Michel reviendra dans une version « ordinaire », pour peu qu’ « ordinaire » signifie tout à la fois la fête et l’émotion, le partage et le mélange, le tout debout et en jauge pleine… Bref, le JDM revient !

On les avait laissés en septembre dernier sur une « Limited Edition » de circonstance… À peine 9 mois plus tard, le Michel’s Crew revient ! Un calendrier serré qui nous ferait presque changer de regard sur la crise sanitaire… Presque.

9 mois, c’est exactement ce dont l’équipe du JDM avait besoin pour préparer une édition mémorable. Au programme, trois soirées, trois ambiances, des groupes internationaux, émergents et locaux !

En tête d’affiche du vendredi, Roméo Elvis, étoile montante devenue figure emblématique de la scène hip-hop francophone et l’un des artistes belges les plus streamés ! Révélation de la série Validé, Laeti sortira quant à elle de l’écran pour faire ce qu’elle sait faire : envoyer un rap magnétique. Quant à Michel, au deep house glacial percé de rap français, il sera, dans Le Jardin du Michel, comme chez lui.

Samedi 4 juin, Ska-P prouvera qu’il n’a rien perdu de la force scénique qui a fait de lui une référence mondiale du ska punk… quand Bakermat sonnera, à coup de set ensoleillé, le début de l’été ! Dubioza Kolektiv avaient laissé un souvenir inoubliable aux spectateurs présents en 2016… Ils sont de retour ! Avec une formule qui gagne : un savant mélange de hip hop, de punk, de ska, de reggae, de rock et d’électro.

Dimanche 5 juin, Gaël Faye démontrera que l’on (en tout cas lui !) peut être, tout à la fois, écrivain et musicien, français et rwandais, poète sensible et bête de scène. Deluxe, incarnation vivante de l’électro à la française, accordera show (vitaminé) et outfit (pailleté) ! Côté reggae, Ryon, Missah&Weedo et le duo de Jahneration se partageront l’affiche. Enfin, ne manquez pas Lass, musicien à la voix puissante et profonde et invitation afropop au voyage…

Plus d’infos et programmation : www.jardin-du-michel.fr

Indépendance et responsabilité

Ils se caractérisent par leur éclectisme artistique, leur niveau de convivialité, de partage, leur caractère citoyen, et environnementalement et sociétalement responsable… Une centaine de festivals en France dont le JDM se sont unis sous une même bannière, celle de « Festivals indépendants ». Leur proposition ? Rester accessibles, proposer un accueil digne au public et aux artistes et travailler avec le tissu local. Ouverts, soucieux de leur impact et appuyés par une vision de l’économie plus humaine, sociale et solidaire, ils sont nombreux à vouloir faire la différence !

Plus d’infos : www.vousnetespaslaparhasard.com

Un dossier de Cécile Mouton

3 questions à Petit k

Tu es chanteur mais aussi moniteur de ski en saison. Devras-tu un jour faire un choix ?

L’un apporte à l’autre. Le sport m’inspire et me permet à la fois d’avoir le recul nécessaire pour composer, écrire. À l’inverse, faire du sport en musique redouble ma motivation ! Tant que je pourrai faire les deux je le ferai, mais si la chance se présentait de vivre de la musique, je n’hésiterai pas !

Tu slammes, tu rappes, chantes, tu joues… Ta liberté de création semble totale ! 

Je fais ce qui me paraît le plus spontané possible selon le texte et la chanson. Et puis surtout, je travaille à construire, au fur et à mesure des scènes et du temps, le personnage que je veux être sur scène, avec une identité propre. Ce personnage, c’est moi en plus travaillé et avec une énergie sans limites !

On t’entend beaucoup en radio, tu sors ton premier album avec Sony et tu seras sur la scène du JDM… La triple consécration ?

Pour moi, qui ai fait mes études à Nancy et qui ai grandi dans les Vosges, c’est un rêve que de jouer au JDM, encore plus aux côtés de groupes que j’adore comme Deluxe et Gaël Faye. Mon premier album, « Une vie à la belle étoile », sort le 3 juin, soit deux jours avant mon concert… Faire sa release party sur la scène du JDM, c’est extrêmement symbolique, et assez fou !

Petit K sera sur la scène du JDM dimanche 5 juin.

Une aventure humaine

Depuis le départ, le JDM est une affaire humaine. Strictement et implacablement humaine. Et chaque année, l’alchimie entre des spectateurs, des artistes, et une équipe organisatrice incluant de très nombreux bénévoles a quelque chose de magique… Début d’explication.

JDM 2021 © Celim Hassani

On est en 2005 quand des copains passionnés de musique organisent « Au fond du Jardin du Michel », nommé ainsi en référence à Michel Legrand, l’habitant de Bulligny ayant prêté son terrain pour accueillir la manifestation. On peut faire simple, pourquoi aller chercher plus loin ? Renommé « Le Jardin du Michel », le festival déménagera à Toul en 2017 sans jamais trahir ses fondamentaux : 1) le mélange des genres 2) l’envie de faire la fête 3) le respect du public, des artistes, et des bénévoles. Au fil des années et jusqu’à maintenant, il sera l’escale intimiste et chaleureuse d’artistes internationaux en tournée mondiale, l’arrêt énergisant d’artistes émergents avides d’intensité, le tremplin de groupes locaux en quête de reconnaissance. Il sera aussi le spot festif de spectateurs en mal de sensations fortes et d’élans collectifs, et le lieu de l’épanouissement des jeunes (et moins jeunes) bénévoles de la Team du Michel.

Indispensables bénévoles

Car l’ampleur et la notoriété de l’événement feraient presque oublier une chose fondamentale : sans ses bénévoles, le festival ne serait rien ! En effet, si la manifestation brille par son professionnalisme et son sens du détail, Turbul’lance, société organisatrice, n’emploie que deux salariées à plein temps, utilement secondées, les jours de concerts, par de nombreux intermittents… et 400 bénévoles, dont une vingtaine engagée à l’année. Philippe Vagnier est de ceux-là. Affecté en 2011 à la cuisson des saucisses – dont il grillera « 800 kg en 3 jours » – il se réengage l’année suivante, en signant également pour le montage et le démontage, et annonce son débarquement avec femme (devenue bénévole) et enfants. Son expérience de restauration lui vaudra, l’année d’après, d’être investi responsable d’une buvette. « Les organisateurs font en sorte de valoriser les compétences et l’envie d’implication de leurs bénévoles ».

En 2017, il se retrouve aux commandes de l’ensemble des buvettes et gère la partie commandes, le lien avec les brasseurs, avec le Comité de Direction, la partie exploitation, régie/logistique. La lubie du père devenue officiellement passion partagée, ses enfants s’engagent à leur tour. Et il y a trois ans, Philippe intégrait le CA, reconnaissance ultime de son implication.

Cette année, comme tous les ans depuis onze ans, il fera des découvertes musicales renversantes, remplira sa mission avec optimisme et sérieux, et portera la plus grande attention aux jeunes recrues, vivier à fidéliser. « En contrepartie de leur engagement, les bénévoles assistent aux concerts, se voient offrir un (très bon) repas et surtout, se créent des souvenirs ». Leur racontera-t-il la fois où M, tout juste sorti de scène, décrocha une vieille guitare et l’accorda pour se lancer dans une demi-heure de bœuf ? Ou quand, pour remercier les bénévoles, les organisateurs les avaient fait monter sur scène durant un concert de Skip The Use ? « C’est ça, l’esprit JDM ».

JDM 2021 La Rue Ketanou et bénévoles © SamAndMaxPhoto

Entretien avec Thierry Berneau, fondateur et programmateur du JDM

Une édition

particulièrement festive

JDM 2021 © Celim Hassani

Un festival, c’est d’abord et avant tout une programmation. Quels enjeux en cette année post-Covid ? Pour quelle méthodologie ? Questions posées à Thierry Berneau, co-programmateur de l’événement avec Johann… de Notice France. 

La crise du Covid a-t-elle changé quelque chose à votre manière de faire ?

Les conséquences sont très importantes. Avec le report des concerts dans les salles classiques, nous nous retrouvons face à un embouteillage monstrueux. L’offre est dense et les cachets augmentent (alors qu’ils avaient diminué l’an dernier). Quant au public, il ne peut pas être partout ! Donc les salles sont à moitié pleines et seuls quelques artistes « mastodontes » réussissent à tirer leur épingle du jeu. Cette situation est inquiétante pour nous et pour le monde du spectacle en général.

Comment construire une programmation dans ce contexte ?

Tout commence à la fin de l’été l’année précédente, quand on sait, officieusement, quel artiste/groupe va tourner. Alors j’établis une short-list des artistes que l’on aimerait bien avoir, je regarde si, en fonction des dates de tournée déjà fixées, du prix demandé, de la couleur musicale de la soirée visée, leur venue est envisageable… Si le plan A ne fonctionne pas, on passe au plan B, et ainsi de suite. Cette année, la programmation s’est faite rapidement, hormis pour le samedi soir, soirée rock dont la programmation a dû être revue pour s’adapter à nos possibilités tarifaires.

A quoi un programmateur mesure-t-il la réussite d’une manifestation ?

Pour un festival tel que le nôtre, festival de moyenne taille autofinancé à 80%, il n’y a que le résultat qui compte. Notre réussite, notre pérennité ne tient qu’à notre rentabilité, ou au moins à l’atteinte de l’équilibre financier. Le concert proposé peut être d’une qualité incroyable, s’il n’y a pas suffisamment de monde pour le voir, c’est un échec ! Notre réussite, c’est aussi de réussir, depuis 17 ans, à créer une alchimie entre le public, les organisateurs et les groupes présents.

Vous avez fondé le festival, et l’avez présidé pendant 12 ans… En quoi a-t-il évolué musicalement ?

Avant, il y avait quatre grandes lignes musicales : le rock, la chanson française, le reggae et l’électro. Depuis 5 ou 6 ans, nous intégrons le rap, style le plus populaire auprès des jeunes et de notre cœur de cible, les 18-25 ans. Mais notre public est également très familial et nous nous adaptons, globalement, à ce que notre public écoute. Cette année, le vendredi sera consacré au hip-hop électro, et les samedi et dimanche, au rock, au reggae, à l’électro et à la chanson française. Cette 17e édition s’annonce particulièrement festive.

Quel est votre plus beau souvenir ?

Décrocher Manu Chao ! C’était en 2016… Lui et son équipe étaient adorables, ils sont arrivés tôt le matin, sont allés à la rencontre des bénévoles, ont fait la fête avec nous jusqu’à 6h du matin… Quelque chose s’est passé ! Recevoir ce genre d’artistes dans ces conditions-là, c’est la récompense absolue.

Propos recueillis par Cécile Mouton

JDM 2021 © SamAndMaxPhoto

Rencontre avec Clément, de Deluxe

DELUXE 2022 © Gwenaëlle Gaudy

Quand on joue dans un festival, regarde-t-on avec qui l’on partagera la scène ?

Souvent oui. En fonction de notre état de fatigue, on adore aller voir les autres shows, c’est toujours inspirant. J’ai vu que Gaël Faye jouait le même soir que nous. Pour avoir partagé la scène avec lui l’été dernier, je sais que c’est un artiste non seulement sympa mais très généreux sur scène.

En janvier, vous sortiez votre 6e album. Vous êtes aussi reconnus comme un vrai groupe de scène… 

Le studio et la scène sont la continuité l’un de l’autre. Après, le plus épanouissant dans ce métier reste les concerts. On aime jouer avec et pour les gens. Le partage avec le public, l’échange… c’est un aboutissement. 

Vous êtes d’ailleurs très faciles d’accès.

Oui, on fonctionne sans community manager et répondons à tous les messages, sans exception, en se répartissant la gestion des réseaux sociaux. Cela nous permet de rester proches de notre public, de ceux qui paient leurs places de concert, écoutent nos albums… Cette proximité, nous leur devons !

Quelle est la part d’impro dans un show ?

Elle varie selon les soirs, autour d’un fil conducteur très carré. Cette ligne directrice forte nous permet de nous faire plaisir. Et comme on joue ensemble depuis quinze ans, on se connaît très bien et on anticipe les moments où l’autre va faire un pas de côté. Au JDM, les spectateurs verront la version condensée de notre spectacle, avec des surprises, des nouveaux morceaux et d’autres pas encore sortis… On va faire les choses bien !  

Deluxe sera sur la scène du JDM dimanche 5 juin.

Un ancrage local fort

A quoi tient la magie du Festival de Froville ? A la pureté, la fragilité, la limpidité de ses voix et des instruments , bien sûr. Mais également, et tout aussi sûrement, à la beauté patrimoniale, architecturale et environnementale d’un site d’exception.

JDM 2021 Seluj Leon Shoka © SamAndMaxPhoto

La MJC de Toul compte parmi les partenaires fidèles de la manifestation. Partie prenante au dispositif national « Un orchestre à l’école », elle pilotera un événement-phare de sa programmation : un concert, samedi à 18h15, donné par une quinzaine de collégiennes et collégiens accompagnés du Denis’Band ! Objectif général du dispositif ? Rendre accessibles la musique et la pratique d’instruments à des jeunes. Précisons que les parents des enfants qui se produiront sur scène seront invités par le festival à les y admirer !

L’équipe du JDM travaille également avec différentes structures et acteurs de la prise en charge des enfants et adolescents en difficulté (MECS de Fougs, ITEP L’Escale, La Maison Clairjoie, réseau éducatif de Meurthe-et-Moselle). Les jeunes sont invités à découvrir l’envers du décor en participant au montage des installations et/ou à des ateliers ciblés (décoration, installation…) et en assistant, gracieusement, à une des trois soirées. Chaque année, dans le cadre d’un partenariat liant le JDM à une école SEGPA de la Croix de Toul, une classe est conviée à participer à des événements off (montage, installation) et se voit ouvrir les portes du festival. Dans ces classes, l’équipe du JDM réalise des présentations de l’événement à différents moments de l’année.

La Médiathèque de Toul accueille, depuis 2017, chaque jour du festival, des showcases, sets acoustiques, rencontres, avec l’un des groupes à l’affiche du JDM. Obtenir le précieux sésame – l’entrée est gratuite, mais limitée aux 100 places disponibles ! – est, pour les habitants du Toulois et festivaliers, la garantie d’un moment exclusif et accessible. L’an dernier, c’est Tryo qui se livrait à cette expérience intimiste ; en 2019 y venait Collectif 13… Ces parenthèses dans l’emploi du temps bien chargé d’artistes programmés sont annoncées en dernière minute sur les réseaux sociaux du JDM… Un conseil ? Restez connectés !

L’implication du Centre socioculturel Michel Dinet prend quant à elle la forme d’ateliers construction/décoration. Ainsi les 6, 13 et 20 mai après-midi, bénévoles du JDM et adhérents du Centre ont rendez-vous pour peindre ! La structure, qui fabrique, tout au long de l’année, des meubles en palettes pour les différents événements de la ville de Toul, mettra également à disposition du JDM ses créations maison.

Suite à un appel aux associations passé via la Ville de Toul, l’équipe du JDM accueillera cette année Espérance Gym Toul, US Toul et KEL Toulois, dont les membres viendront renforcer un des pôles bénévoles du festival, en échange d’un don financier du JDM à ces associations. Enfin, le JDM organise régulièrement des concerts dans la prison de Toul, comme en 2019, avec Maz et Fergessen. S’agissant de l’édition à venir, à l’heure où nous écrivons, l’équipe attendait l’accord des artistes sollicités !

Accessibilité PMR et tarifaire 
Si les coûts logistiques et artistiques ont explosé, le prix du billet d’entrée n’a pas augmenté ! Une politique tarifaire engagée qui vaut au festival d’être l’un des moins chers du Grand Est. Nouveauté 2022 : les demandeurs d’emploi bénéficient désormais d’un tarif avantageux à 30 euros la soirée. Par ailleurs, le JDM prend part aux dispositifs Jeun’Est et Pass Culture, et réserve des tarifs préférentiels aux adhérents de L’Autre Canal, aux adhérents de la MGEL et aux personnes en situation de handicap (avec gratuité pour l’accompagnant).

JDM 2021 – Battle de Breakdance © Celim Hassani
Publireportage - Photos © Vincent Zobler, Celim Hassani, SamAndMaxPhoto, Madeleine, Nicolas Lorieux, Maxence Dedry, Fifou, Matar Mbengue, Goran-Lizdek et Edvin Kalic, DR