Les vieux métiers d’Azannes

571

Les beaux jours sont revenus. Alors, allez faire un tour à Azannes et, le temps d’un dimanche, changez d’époque. Retrouvez les gestes et les saveurs d’antan au détour d’une grange, émerveillez-vous d’un savoir-faire… goûtez à la passion qui anime ce « vieux  village ».

Le pari était osé. On était alors en pleine crise sidérurgique. On les prenait pour des fous. Mais toutes les conditions favorables étaient là : un beau site de Lorraine, un patrimoine immatériel et … des passionnés ! Azannes offre un voyage dans le temps inoubliable.
Ce village est l’éclatante démonstration que la Meuse du nord (Azannes se situe à 25 km au nord de Verdun) n’est d’ailleurs pas que liée au souvenir de la Grande Guerre.

Vieux métiers ?

Dans ce monde qui va si vite, à une époque où les gestes du quotidien, du fait des innovations technologiques, sont rapidement oubliés, l’association des Vieux Métiers a souhaité mettre en valeur des savoirs-faires anciens. Plus qu’une simple démonstration, les bénévoles ont à cœur la transmission de leurs savoirs et de leurs expériences de vie. Chacun joue ainsi le rôle d’un véritable relais des valeurs mais aussi d’un des nombreux maillons responsables de l’excellente convivialité qui règne dans le village. Ici, tous les bénévoles-animateurs (et ils sont plus de 400 !) se connaissent. Ils aiment ce qu’ils font et ça se voit. Ils se connaissent aussi parce qu’ils viennent tous « du coin ». Azannes seul n’est rien. Quand on dit Azannes, il faut penser aux 96 villages des alentours d’où viennent ces bénévoles. Cette unité se ressent. Ils sont les témoins d’une histoire commune, d’un passé vécu fort et qu’ils veulent transmettre notamment aux plus jeunes.

Un agrandissement constant

En 1991, l’association s’installe définitivement à Azannes sur 17 hectares de terrain. Les constructions commencent. Le rythme est très soutenu : la chapelle est bâtie en 1991, la forge en 1992, la tuilerie en 1993, la maison du vannier et l’huilerie en 1994, la maison du pêcheur en 1995. Le moulin à eau est achevé en 1997. L’année suivante marque l’amélioration du « confort » pour les visiteurs (toilettes). Les travaux se poursuivent à une cadence effrénée. Ainsi, de 2000 à 2010, le four banal, le lavoir, le moteur de Dienville, le moulin à vent et la ferme du laboureur voient le jour. Les visiteurs ne sont pas oubliés pour autant.  Le restaurant et le bâtiment grand accueil sont inaugurés dans le même temps. Cette année, c’est l’abri du berger qui a été finalisé, en écho avec le thème retenu : « La route de la laine ». Ce sont plus de 80 activités qui, au total, s’offrent aux visiteurs : barbier (émotion garantie lorsqu’il vous rase au coupe-choux), scieurs en long (pour la fabrication de planches), meuniers, sculpteurs sur bois, batteurs de blé au fléau (et c’est toute la peinture de Millet qui vient à l’esprit), forgerons, imprimeurs, chaumiers, perceurs de tuyau de bois, boulangers et pâtissiers (pour les gourmands !), charbonniers, fabricants de balais, apiculteurs, lavandières, distillateurs, dentellières, papetiers, relieurs… la liste est longue. Chacun à son univers, son atelier, ses gestes, sa technique. Chaque pas vous mène vers une nouvelle découverte. Les expériences se succèdent. L’émerveillement est à chaque coin de bâtiment.

La route de la laine

C’est le thème de l’année 2012. Les visiteurs auront l’occasion unique de suivre le parcours de la laine, du mouton au vêtement ! Les premiers contacts sont avec le berger, son troupeau et son indispensable chien. C’est une cohue joyeuse ! S’ensuit, tous les dimanches de mai, une transhumance qui a lieu vers 11h. Elle se déroule de la ferme du laboureur jusqu’au parcage situé près de l’abri du berger au pied du moulin à vent. Vous assisterez ensuite à la tonte des moutons (toujours impressionnante et « sportive ») et à la fabrication des fromages. Les visiteurs pourront ensuite s’essayer au cardage, à la teinture, au feutrage et au filage de la laine, histoire de retrouver les gestes de nos arrières-grands-parents… et de se rappeler tout le travail que demande une écharpe en laine ! Cette expérience permet d’appréhender la valeur humaine d’une matière, parfois bien éloignée de sa valeur financière. Un retour au vrai et à l’authentique qui fait du bien.

Une exposition de plus de 200 documents étayera cette route 2012.

Une démarche patrimoniale

L’entrée du Village est payante, mais c’est pour une bonne cause. En effet, les droits d’entrée servent à sauvegarder des maisons traditionnelles lorraines qui reprennent vie une fois réimplantées sur le site d’Azannes. Les bénévoles comme les visiteurs deviennent de véritables acteurs du patrimoine. Une démarche rare à encourager ! Les visiteurs deviennent des acteurs locaux de ce beau projet et participent ainsi à l’« esprit de famille » qui règne sur les lieux.

Depuis Nancy, vous êtes en moins de deux heures à Azannes. Un trajet finalement assez court pour remonter plus de 100 ans en arrière. Une expérience riche et pour toute la famille qui permet de prendre conscience du quotidien et du confort qui est le nôtre aujourd’hui. Azannes permet aussi de réfléchir à une démarche responsable (qui passe par la transmission des savoirs et valeurs) que nous pouvons tous adopter. Finalement, plus qu’une « expérience temporelle », c’est une leçon de vie !

Le Village des Vieux Métiers
Domaine des Roises
55150 Azannes
www.vieuxmetiers.com
 

Ouverture

En mai, les 5, 9, 12, 19 et 26 mai.
400 bénévoles font revivre 80 métiers.
En été, les 20 et 27 juillet, et les 3 et 10 août. Le temps d’une après-midi, 40 artisans bénévoles travaillent dans les divers ateliers du village. Visites guidées du camp de repos allemand.
En septembre, le 15 de 14h à 18h, pour les Journées du patrimoine.