À l’Opéra, une traversée entre deux mondes

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Costume I Did'nt... Curlew River © Camille Assaf

Mêlant création contemporaine et chef-d’œuvre de Benjamin Britten, I Didn’t Know Where To Put All My Tears/Curlew River est à voir, dès le 29 mars, à l’Opéra national de Nancy-Lorraine.

L’expérience s’annonce singulière, et relève de la traversée musicale et intérieure. Sous la direction scénique de Silvia Costa, I Didn’t Know Where to Put All My Tears/Curlew River, programme coproduit avec l’Opéra de Rennes, réunit une création mondiale du compositeur Marko Nikodijević et l’opéra de chambre composé par Benjamin Britten en 1964. Les deux œuvres se répondent et prolongent une même histoire, celle du deuil et du chemin vers l’apaisement. 

La première partie, I Didn’t Know Where To Put All My Tears est portée par un chœur de femmes – alors que, dans l’œuvre de Britten, tous les rôles sont interprétés par des hommes. Elle fait naître une rivière symbolique, creusée par les larmes et la mémoire collective. Un paysage presque irréel, entre brume et silence, où la douleur trouve enfin un espace pour se dire.

Avec Curlew River, œuvre de Britten inspirée du théâtre Nô japonais, le récit prend corps. Une mère, rendue folle par la disparition de son enfant, entreprend une traversée guidée par un passeur. Peu à peu, le voyage devient intérieur, entre reconnaissance, acceptation, apaisement. Dans une scénographie épurée, la musique et les voix suffisent à faire surgir l’émotion.

Dirigé par Alphonse Cemin, le diptyque fait dialoguer création contemporaine et répertoire dans un mouvement profondément humain, où le rituel du théâtre rejoint celui de la consolation.

© Vincent Zobler
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