Vent des Forêts, l’art enraciné

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Delphine Dénéréaz, Vent des Forêts 2024 © VdF

En Meuse, Vent des Forêts poursuit une aventure artistique unique où création contemporaine, paysages forestiers et rencontres humaines ne font qu’un.

Au cœur de la Meuse, loin des circuits culturels traditionnels, Vent des Forêts invente depuis plus de vingt ans une autre manière de rencontrer l’art : les œuvres se découvrent en marchant. Sur près de 5 000 hectares de forêt et le long de 45 kilomètres de sentiers balisés, plus de 150 créations contemporaines dialoguent librement avec le paysage et le vivant.

Né de l’initiative de six villages ruraux, le projet repose sur une conviction simple : la création artistique peut devenir moteur de territoire. Ainsi, chaque année, des artistes français et internationaux sont invités en résidence. Ils vivent sur place et travaillent avec les habitants, les artisans, les forestiers ou encore les bénévoles de l’association. Cette immersion façonne des œuvres pensées pour leur environnement, souvent réalisées à partir de matériaux locaux ou en lien direct avec les ressources naturelles.

Une création ancrée dans le territoire

La saison 2026 poursuit cette dynamique collective avec de nouvelles installations signées notamment Chiara Crepaldi, Fabrice Cazenave, Marion Flament, Germain Marguillard, Judicaël Eymard ou encore Paul Millet. Tous développent des démarches où la matière, le paysage et le temps occupent une place centrale.

Certains prélèvent directement leur inspiration dans la forêt : graminées transformées en sculptures métalliques, céramiques issues de collectes locales, dispositifs captant l’eau de pluie ou structures semblant animées par le vent. D’autres explorent la dimension humaine du projet, à l’image de Marion Flament qui associe des détenus du centre de détention de Saint-Mihiel à la réalisation d’éléments sculptés destinés à être installés en forêt.

À Vent des Forêts, l’œuvre n’est jamais seulement un objet : elle devient expérience partagée. La création s’inscrit dans un processus long, nourri d’échanges et de savoir-faire, où artistes et habitants participent ensemble à la transformation sensible du paysage rural.

Déambulation libre

Les visiteurs – familles, randonneurs, amateurs d’art ou simples curieux – composent eux-mêmes leurs parcours parmi sept circuits accessibles librement toute l’année. Car ici l’art surgit sans prévenir, l’avancée d’installation en installation composant une relation presque intime avec les œuvres. Cette liberté du déplacement et de la découverte constitue l’essence même du projet, qui replace la découverte artistique dans une expérience physique et contemplative. En se saisissant de cette invitation à ralentir, le visiteur réapprend à observer le paysage.

Parallèlement, Vent des Forêts développe une importante action culturelle auprès des scolaires, des jeunes publics ou de publics spécifiques. Ateliers, résidences et projets participatifs prolongent la présence des artistes bien au-delà des sentiers, affirmant le rôle social et éducatif du centre d’art à ciel ouvert.

Plus qu’un site d’exposition, Vent des Forêts s’affirme comme un véritable laboratoire de création à ciel ouvert. Son patrimoine artistique évolue avec le temps, les saisons, les rencontres, et l’art devient une manière d’habiter le territoire. Une dynamique d’accueil et de partage qui se trouvera renforcée par l’ouverture prochaine du Café associatif de Lahaymeix, ancien café emblématique de Madame Simon.

Les hôtes de ces lieux

Rénovée avec soin par Laurent et Marie-Aude, la Ferme Jean des Houx reste avant tout… une ferme. Les animaux y occupent donc une place centrale et participent pleinement à la vie du site. Alpagas, ânes, moutons Nez Noir du Valais, chèvres alpines, poneys Shetland, poules et canards – ainsi que deux chat et huit Border Collie pratiquant le canicross, cani-VTT, ski de randonnée, trekking, et jeux divers – accompagnent le quotidien des habitants. Les rencontres se font naturellement, au détour d’un chemin ou d’un moment passé dehors.

Figures-stars parmi cette faune familière : les quatre alpagas, devenus l’une des signatures de la Ferme Jean des Houx. Ils sont au centre de l’« AlpaGoûter », activité originale associant la rencontre – avec nourrissage, câlins et photos – entre participants et animaux, la dégustation de produits faits maison et une séance de loisirs créatifs. Un moment apprécié pour sa simplicité et sa convivialité, qui séduit autant les familles que les visiteurs de passage. Selon la saison, d’autres rendez-vous gourmands viennent ponctuer la vie de la ferme, dans le même esprit d’accueil et de partage.

Ateliers ouverts 
Les 25 et 26 avril, les ATELIERS de Lahaymeix s’ouvriront au public, lequel découvrira les œuvres en cours de réalisation en présence des artistes Chiara Crepaldi (it), Fabrice Cazenave (fr), Marion Flament (fr), Geoffroy Garcin (fr), Nefeli Papadimoili (gr), Germain Marguillard (fr), Judicaël Eymard (fr), Paul F. Millet (fr). Ces nouvelles œuvres seront inaugurées samedi 11 juillet.

Les Maisons sylvestres, dormir dans une œuvre

Prolonger l’expérience jusqu’à la (ou les) nuit(s) : c’est la promesse des Maisons sylvestres, conçues par la designer Matali Crasset comme des œuvres d’art à habiter, et dissimulées au cœur des bois.

Le Nichoir est installé dans un vallon traversé par un ruisseau, accessible par un pont creusé dans un tronc ; La Noisette s’ouvre largement sur la forêt grâce à de grandes baies vitrées permettant d’observer la faune et les variations de lumière. Construits en bois issus de forêts locales, ces refuges font le pari de la simplicité, de l’immersion sobre et heureuse. 

L’expérience inclut des paniers composés de produits locaux déposés avant l’arrivée des hôtes.