Vincent Munier, photographe de la vie sauvage

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Photographe animalier vosgien de renommée internationale, Vincent Munier arpente les grands espaces sauvages. Ses clichés, pris aux confins du monde, saisissent les moments rares de la vie des animaux.

Par – 40 °C, vêtu comme un cosmonaute, emmitouflé pour résister au froid cuisant, il tire derrière lui un traîneau de 80 kilos. Sa tente, sa nourriture lyophilisée et son précieux matériel photo. Vincent Munier le reconnaît lui-même : il est un peu fou. Ce qu’il aime, c’est la tempête. Quand le blizzard hurle et blanchit le ciel magnifiant les animaux et l’atmosphère minimaliste du blanc de l’hiver. Quand le vent se lève, il sort, attend que les bois d’un renne émergent de la bourrasque, ou qu’un bœuf musqué se couche, tel un roc face aux rafales.
Né en 1976, il vit dans les Vosges, sa terre d’origine d’où lui vient son amour de la neige. Aussi, « dans les Vosges, on a des vieilles forêts primaires magnifiques. Il y pousse de très vieux arbres, des mousses, des lichens… Elles abritent de nombreuses espèces de végétaux intéressants, mais aussi d’animaux, comme le grand Tétras. Elles constituent de petits oasis sauvages près de chez moi. Des endroits où la nature n’est pas abîmée par l’homme, des terres encore préservées, telles qu’on en trouve à une échelle bien plus grande en Europe de l’Est, comme en Slovénie ou Roumanie, où j’ai rencontré mes premiers ours. Il y a aussi des hautes chaumes qui ressemblent à des toundras, des tourbières qui rappellent les taïgas. Je m’y rends régulièrement pour me ressourcer et observer. Ces forêts sont une véritable source d’inspiration ! », témoigne-t-il.

Vincent Munier 1

Vivre de sa passion

Photographe professionnel, trois fois lauréat du prestigieux concours BBC Wildlife Photographer of the Year, ses images lui permettent d’exprimer ses rêves, ses émotions et ses rencontres. Aujourd’hui il réalise ses rêves d’enfant : approcher les hordes de bœufs musqués dans le blizzard de la toundra norvégienne, observer les loups d’Abyssinie, ou l’harfang des neiges, cette chouette aux yeux très jaunes qui vit dans ce désert immaculé… Son métier est sa passion. Celle « d’observer, de vivre des moments forts dans les grands espaces parmi les animaux. Avec la photo naturaliste, on est dans le domaine de l’inattendu, rien n’est écrit à l’avance ». Vincent Munier aime le calme, n’a pas peur de la solitude. Une nécessité pour approcher la faune sauvage. Se camoufler, se faire oublier, s’intégrer au paysage, et patienter de longues heures à l’affût.

Vincent Munier 2

Solitudes

Solitudes I et II, c’est justement le titre de ses deux beaux livres qui viennent d’être publiés, chez Kobalann, société d’édition qu’il a fondé. Ombres animales et portraits tout en finesse, silhouettes mouvantes dans la brume et bêtes camouflées donnent vie à ces deux rêveries sur le papier. Ces deux ouvrages bilingues (français-anglais) présentent son travail dans un format original : un tome vertical, l’autre horizontal. Complémentaires, ils composent un éclatant tableau des vastes solitudes, que subliment des pensées poétiques choisies par le célèbre moine bouddhiste Matthieu Ricard. 124 photographies qui font rêver…

En savoir plus et contact : www.vincentmunier.com / [email protected] / www.kobalann.com