Les Sentiers de la Photo prennent « Du poil de la bête » !

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Lynx © Neil Villard

Allier la balade à la contemplation, la nature à l’art : la cinquième édition des Sentiers de la Photo au Haut-du-Tôt (Vosges) s’expose jusqu’au 1er novembre. 

C’est désormais une tradition. Dès le mois de juin, des dizaines de bénévoles s’affairent dans la forêt vosgienne pour mettre en place l’une des plus belles expositions de photographies à ciel ouvert. De 10 000 visiteurs en 2016, les Sentiers de la Photo en ont attiré plus de 50 000 l’an dernier. Une fierté pour les organisateurs qui ne tarissent pas d’efforts chaque année pour exposer les plus grands photographes naturalistes. En privilégiant le regard de ces hommes et ces femmes tournés vers « le vivant » et la beauté sauvage de notre planète, les Sentiers de la Photo s’affirment comme un événement grand public porteur de passions et de convictions.
Cette édition 2020 intitulée « Du poil de la bête » propose  « un regard recentré sur le monde animal, sur des animaux géographiquement plus proches de notre massif vosgien. Renard, blaireau, belette, hermine, lynx, loup et ours vivent depuis toujours à nos côtés et cela leur est souvent fatal. Leurs habitats sont aussi les nôtres : campagnes, prairies, rivières, montagnes, forêts ; cette cohabitation est parfois brutale car notre espèce dominatrice accepte difficilement la concurrence » explique les organisateurs. 

Regard sensible et admiratif 

Pour mettre en image cette thématique, les Sentiers de la Photo accueillent cette année les photographes Neil Villard, Jacques Ioset et Corentin Esmieu. Tous ont un point commun : leurs clichés portent un regard sensible et admiratif sur les bêtes de nos contrées. 

Dans la déambulation de trois kilomètres à travers la forêt et les prairies vosgiennes (chaussures de marche recommandées), les visiteurs pourront donc rencontrer l’œuvre de Neil Villard autour du lynx : « Pour moi, il est l’âme des forêts qui m’ont vu grandir, irradiant l’atmosphère de son aura mystique. Le lynx, gardien du sauvage, vestige fragile d’un monde qui change. » À ses côtés, le photographe Jacques Ioset s’intéresse, lui, aux ours. C’est en 1993 qu’il observe son premier ours en Slovénie. Depuis, il construit ses propres affûts et, grâce à une technique d’éclairage infra-rouge qu’il a lui-même inventée, il photographie ces géants de la forêt au clair de lune. Enfin, Corentin Esmieu, jeune photographe des Hautes-Alpes, a relevé un défi unique : celui de pouvoir photographier des loups sauvages en France. Il dévoile ses images rares en exclusivité au Haut-du-Tôt, fruits de quatre années passées dans l’intimité d’une meute de loups sauvages.

Accessibles depuis les Jardins de Bernadette, en entrée libre de l’aube au crépuscule, les Sentiers de la Photo accueillent également une exposition collective, rassemblant une quarantaine de photos faisant la part belles aux animaux libres et sauvages de nos campagnes : chats forestiers, hermines, fouines, martres et autres blaireaux. Une jolie façon de rendre hommage à tous ces animaux, parfois mal-aimés, parfois admirés. Mais surtout indispensable à notre nature. Pauline Overney

Les Sentiers de la Photo > Accès par les Jardins de Bernadette • Village du Haut-du-Tôt 88120 Sapois • Renseignements : Page [email protected] ou sentiersdelaphoto.fr

 Photos © HERVé JACQMIN, Neil VILLARD, Corentin ESMIEU, Patricia Huguenin, dr