Carnet rose pour lionceaux blancs

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Le Zoo d’Amnéville accueille depuis fin mars trois nouveaux petits pensionnaires : des lionceaux blancs. Les petits boules de poils font déjà le bonheur des visiteurs et la fierté de l’équipe animalière du zoo.

Comme à chaque naissance, l’événement ajoute un peu de joie dans les allées du parc. Certains visiteurs du zoo d’Amnéville sont déjà au courant, d’autres les découvriront par hasard dans leur abri. Derrière la grande vitre impeccable, ils sont là. Blottis contre leur mère, les yeux mi-clos. Sur le dos, le flanc, les trois lionceaux blancs laissent apparaître leurs petites pattes, déjà grosse comme quatre fois celle d’un chaton.

Pendant les quelques jours qui ont suivi leur naissance, sans aucune intervention de soigneurs, les trois petits fauves sont restés près de la mère en toute autonomie. Car même dans les enclos du zoo, la nature et l’instinct sont encore là pour accompagner ces premiers moments délicats.

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Une particularité génétique

Seuls intrus dans cette ambiance de pouponnière, les déclics des appareils photos, les mouvements des caméras, le passage qui se veut discret, des journalistes venus immortaliser la scène de ce carnet rose sauvage.

Ces lions blancs ne « sont pas une espèce à proprement parler, mais une particularité génétique », explique Marion Cabrol, responsable pédagogique du zoo.

A quelques mètres de l’enclos vitré réservé à la maman, Malindi, se trouve la vaste zone où évolue le papa des lionceaux, Bouba. Impassible, il ne fait pas grand cas de la naissance de sa progéniture, comme tous les mâles de son espèce. Le zoo d’Amnéville héberge ce couple depuis 2013, qui avait déjà donné naissance à des lionceaux en avril 2015.

Quelques jours après la naissance, une autre étape vient occuper les équipes du zoo : il faut séparer temporairement les petits de leur mère, pour que les vétérinaires vérifient leur état de santé, les pèsent et procèdent à leur identification sexuelle. Car rien à l’œil nu et à distance de permet de distinguer les mâles de femelles, à cet âge-là. Finalement, ce sont bien trois mâles qui sont nés fin mars. Ils pèsent chacun 4kg et ont été prénommés Bongo, Komga et Gandor. Des sonorités africaines pour des réprésentants d’une espèce originaire d’Afrique du Sud.

Une quinzaine de lions blancs vit encore dans le milieu naturel aujourd’hui dans le monde, dans une réserve en Afrique du Sud. Ils sont à peine une cinquantaine à vivre en captivité. Le lion blanc est propre à la réserve de Timbavati qui jouxte le Parc national de Kruger. C’est une mutation génétique naturelle du lion sud-africain. Avec ses yeux bleu acier, le lion blanc est une merveille de la nature ; il y est malheureusement devenu rarissime, car sa beauté attire la convoitise des chasseurs de trophées. Deux scientifiques sud-africains, Linda Tucker et Jason Turner, ont créé un programme de conservation pour réintroduire à Timbavati des lions blancs nés dans les zoos.

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Petit lion deviendra grand

Pendant quelques semaines, les lionceaux resteront encore auprès de leur mère. Impossible pour eux d’approcher le père qui pèse 240 kg, et dont le moindre mouvement malencontreux serait fatal aux petits. Dans un an et demi, le temps de la maturité sera là, le monde extérieur leur sera déjà plus familier mais ce sera aussi le moment de la rivalité entre mâle. Une compétition rude qui pourrait déboucher sur la mort d’un des jeunes lions. «Nous avions un espoir secret d’avoir au moins une femelle dans cette portée, confesse Marion Cabrol, car nous sans rivalité avec leur père, elle peuvent rester un peu plus longtemps au zoo. » Pour les jeunes lionceaux, le sort est déjà scellé : comme les précédentes portées de Madiba, en 2013 et 2015, Bongo, Komga et Gandor seront répartis dans d’autres zoos européens.